Tout s’en va tout s’éteint…
Il en va de l’amour comme du jour et des vieilles habitudes. La cigarette, délaissée au tout début du siècle revint tirailler les bronches à l’heure où le vide prend place. Les périodes de ruptures seraient le moment idéal pour sombrer, réactiver entre autres le besoin sensuel et meurtrier de fumer.
Tant de gens furent et fument. Combien s’arrêtèrent, combien reprirent. Le long du boulevard Richard Lenoir, j’essaie de me remettre à fumer. Pourquoi. Parce que je sais m’arrêter. En trois jours. Et parce que je veux braver l’interdit, réchauffer ma passion, brûler les phrases que je n’ose pas prononcer et trouver dans le vice fumeux les vertus de l’immortalité.
Au delà de ces faiblesses passagères, de ces vanités bien entêtantes, je vous parlerais volontiers de ce qui, aujourd’hui, dans ma vie, part en fumée. Mais ce serait illusoire. Ce serait vouloir travailler l’absolu, le modeler jusqu’à lui donner la forme choisie. Perdu d’avance. Je respire.
Vous devrais-je aussi des explications concernant cette désertion du blog ? Vous concèderais-je que l’absence quotidienne de PM ne serait que momentanée ? Vous affirmerais-je que ma résidence à Amboise est terminée et que ce fut un très grand moment ? Je ne peux plus rien affirmer.
L’heure est venue de rassembler mes forces et de se préparer à la grande traversée. J’ai envie de vomir mais je fume. J’ai envie de partir mais je fume. J’ai envie de respirer mais je fume. J’ai compris mais je fume. Je ne sais rien mais je fume. Je ne fume pas mais je fume.
Pour ce mois de juin 2009, le mp3 en ligne est une cigarette.
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Il y a des catastrophes médiatisées et des drames passés sous silence. La planète souffre, beaucoup d’êtres vivants souffrent, peu savent être heureux. Quelques uns d’entre nous ont compris l’urgence de se hâter lentement mais surement.
À quoi servirai d’agir en dépit du bon sens, guidé par la peur où par des phénomènes inconscients trop souvent destructeurs?
Nous savons que le nombre d’habitants de la planète augmente et que nous serons presque 10 milliards dans cinquante ans. Nous savons que nous allons manquer de nourriture pour nourrir tous ces enfants à venir. Nous allons continuer de manquer d’eau dans certains endroits. Cependant, nous voulons continuer de fabriquer des autos, nous dépensons beaucoup d’argent pour venir en aide à des banques et à des structures voués à disparaitre après avoir engloutis de précieuses réserves. Guidés par des chefs d’états incapables de régir correctement et de préparer l’avenir pour les générations qui arrivent, nous voulons nous priver de gigantesques surfaces agricoles qui pourraient servir à nourrir les hommes pour cultiver des biocarburants.
Un jour, peut-être, certains comprendront l’urgence de réfléchir aux conséquences de nos mauvais choix. Il y a des chemins qui mènent à une forme de sagesse. Il y a pour chacun d’entre nous la mission d’être les grands frères et les grandes soeurs de l’humanité. Nous avons une réelle responsabilité dans la sauvegarde de la planète.
Pas seulement envers les humains, mais aussi envers les animaux, les végétaux et les minéraux, nous avons un rôle important à jouer.
Se peut-il que nous en prenions pleinement conscience à temps?
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Coup d’envoi : Dimanche 22 mars a eu lieu la première déambulation poétique de l’ERP. Nous étions postés sur le marché d’Amboise, Marina Golovine et moi-même, munis d’un mégaphone et de plusieurs recueils de poésies. Le long des allées où se pressait une foule venue des quatre coins de la région faire provision de poulets, de fleurs, de sacs, de sièges en osier, de CDs de musiques de bal, de vêtements de cuirs, de linges, de couteaux, de vin, d’aliments biologiques, de saucisses, nous récitâmes de précieux poèmes de Prévert et consorts entre lesquelles j’improvisais de sentencieuses invitations à faire partie du grand poème de l’humanité, celui-là même que nous appelons aussi Le Livre dans Le Livre.
Deux heures plus tard, nous gagnons le domaine de la Gabillère pour participer aux Portes Ouvertes du Lycée Viticole d’Amboise. Là , après un repas de réjouissance où nous fûmes invités à goûter à plusieurs excellents vins accompagnés d’huitres, de charcuteries diverses et d’une tarte tatin en musique, nous arpentâmes le long couloir du LPA où s’effectuaient les dégustations des crus venus de toute la France en usant du mieux possible du mégaphone et des poèmes imprimés.
Marina fit crachoter le suprême “Barbara“, inonda les dégustateurs de slogans extraits de TOTV ; “à la l’efficacité nous disons : n’effacez pas la cité!” pendant que j’entremettais avec la fanfare locale un arrangement sur le vif de “Grain de Raison”, titre conçu le surlendemain avec les élèves de mon atelier d’écriture du LPA.
Nous nous vîmes offrir des caisses de vins locaux, nous remerciâmes (non pas rue de Siam) et prirent congés à l’île d’or avec Edwige jusqu’au surlendemain.
Mardi 24 mars, je fus rejoins par mon guitariste Matthieu Imberty pour donner un concert au Foyer des Jeunes Travailleurs d’Amboise au cours duquel nous essayâmes quelques unes des nouvelles chansons du nouveau spectacle du nouveau disque…
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Où est la demoiselle rousse qui était là il y’a un instant? demanda PM sur un ton péremptoire à un attroupement d’admirateurs qui s’était formé autour de Boz, et lui témoignait une déférence inhabituelle. Laisse à ces gens le temps de se le remémorer, coupa Boz, à qui l’irruption venait d’interrompre les faveurs d’une foule abusée toute acquise à sa cause.
Ne leur laissant pas le temps de répondre, PM quitta les contreforts de la première ville qu’ils avaient choisi de passer au crible pour retrouver des traces d’O, objet de leur enquête. Les commerçants chez qui PM faisait intrusion ne répondait jamais clairement au sujet de la personne que PM leur montrait sur une photo noir et blanc. Évidemment ce n’était pas O sur la photo car PM ne possédait pas de photo d’O mais une personne inconnue qui pouvait toujours, d’une façon ou d’une autre, faire avancer l’enquête.
C’est précisemment sur ce point que Boz et PM n’était pas d’accord. Il nous manque un plan, disait Boz. Tu ne peux pas retouver une fille en montrant la photo d’une autre, d’autant que, vu la photo, on ne soit même pas sûr qu’il s’agisse d’une fille.
PM reconnut son manque d’expérience en matière d’investigation, passa la nuit avec une prostituée, partit en randonnée sept mois, s’abonna à toutes sortes de magazines, se foula la cheville dans un faux mouvement, s’engagea dans la légion étrangère et manoeuvra trois semaine au sud liban, avant de retrouver Boz, qui n’avait pas quitté cette petite bourgade dans laquelle, avoua-t-il, ne se tramait pas l’ennui quotidien des grandes capitales.
Il était donc décidé qu’ils se mettraient le lendemain à faire passer à la population une série d’interrogatoires musclés et qu’il ne quitterai pas le site sans y avoir trouvé un indice qui les fit avancer dans l’enquête qui les mènerait tôt ou tard sur la piste de O.
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Après que PM eut croqué le schéma de sa stratégie devant les yeux écarquillés de Boz, ce dernier fut invité à aller se reposer chez lui car une journée chargée les attendait le lendemain aux aurores. Boz habitait un modeste trois pièce dans le Faubourg Saint Gérard qu’il partageait avec sa fiancée Audrey.
Selon les recommandations de PM, Boz avait dit à Audrey qu’un déplacement professionnel justifierait son absence pendant quelques jours. La blonde Audrey n’était pas curieuse et vivait une aventure extra conjugale avec plusieurs sportifs d’une même équipe de Hockey.
Elle approuva le départ de Boz et l’encouragea même à séjourner plus longtemps s’il le jugeait nécessaire et quoique Boz ne fut pas aussi naïf qu’il le parut, il ne suspecta pas que son amie Audrey le trompait. À vrai dire, s’il l’eut appris, cela ne lui aurait peut-être pas paru si désagréable. Lui même n’était pas irréprochable sur ce point et la fidélité ne fut jamais un principe rigide auquel il fallut se soustraire à tout prix, il alla même jusqu’à faire l’amour à plusieurs reprises avec Carole, la meilleure amie d’Audrey, qui avait d’ailleurs mauvais caractère.
Lorsque le réveil sonna à 5 heures précises, Boz se leva sur le son de Gotta Get Up de Harry Nilson et se fit couler un bain. À l’autre bout de la ville, dans un petit hotel miteux dans lequel il avait souhaité passer la nuit, PM avala un litre de jus de goyave à la poudre de noix de muscade et croqua dans un croustillant croque monsieur grec.
Comme cela avait été prévu la vieille, les deux hommes se retrouvèrent sur le terre plein central de la place de Pologne et marchèrent de concert jusqu’à la gare et de là partirent à bord d’un TGV.
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