Puzzle_Man • 02.07.10
Nous ne pouvons passer sous silence la privatisation de PM et l’achat de 80% de ses actifs par un fond domicilié au moyen Orient. Il s’était vendu au plus offrant et, sitôt acquis pour être vendu à nouveau, puis revendu à un taux plus avantageux, ses propriétaires se succédant au point que PM ne sut jamais à qui il appartenait vraiment sinon jamais à lui-même.
Un matin, en lisant la presse économique, il lut la liquidation de son dernier actionnaire et en déduit qu’il ne valait plus un rail de kopeck.
Son premier réflexe fut de sourire et de se dire, au fond, mieux vaut avoir conscience de ne rien valoir que de se surestimer. Mais cet élan d’humble outrecuidance fit long feu et PM senti monter l’angoisse métallique du héros proche de la chute.
Il entra dans la Fabrique Bisous pour envoyer une pichenette à une hôtesse mais on lui fit savoir que ses crédits étant épuisé, il ne pouvait momentanément plus booker de kyrielle de walkyries wow.
Incrédule à l’idée qu’un glas non glamour eut pu sonner en si peu de temps, PM notifia toutefois que le vent avait tourné. Femme qu’il avait tout à la fois cherchée, évitée, aimée, abandonnée, blessée, réconfortée puis perdue, OLGA ne constituait-elle donc plus un but ultime? Les temps avaient changé, proféra PM, trouvant instantanément que cette phrase heurtait l’habituelle fluidité de ses pensées.
Pour abréger tout suspens, il fouilla dans sa poche droite, en sorti une carte de visite sur laquelle était écrit Puzzle_Man, le pouvoir de finir le puzzle de sa vie. PM composa fébrilement le numéro.
Un téléphone sonna. La pièce manquante du Puzzle se glissa dans le tableau, dans un clic feutré, sec qui nolisa l’humanité vers son destin désormais rayonnant.
L’AIR • 01.21.10
Que veux tu faire sans confiance
que veux tu dire sans l’assurance
d’être entendu
aimé
compris
consolé
Que veux tu tenter
que tu ne peux atteindre
dont tu ne saches rêver
que peux tu peindre
sans le paysage
sans l’entourage
Seul,
je me reconstitue une famille
je me reconstruis
une forteresse
contre l’oubli
Qui veux tu aimer
que tu ne saches comprendre
que pourrais-je commencer
que je ne sache finir
Quel bonheur veux tu vivre
que tu ne saches créer
quelle souffrance
voudrais-tu éteindre
que tu n’as su éprouver
ressentir
maîtriser
quel air veux tu chanter
que tu ne saches respirer.
Omniprésente Lady Gaga Alléluia ! • 01.18.10
Il y a des jours où PM se demande vraiment si la bonne étoile qui lui fut attribuée le jour de sa naissance ne serait pas du genre supernova. Lui qui, malgré de nombreux impardonnables défauts n’est pas dépourvu d’une certaine inclination vers tout ce qui touche aux choses de l’intégrité se vit entrainé dans un trafic bancaire et, sous l’effet de la tentation de l’appat du gain facile, extorqua une somme astronomique d’un compte off shore vers son plan d’épargne logement.
Pris de remords, PM se morfondis, fondis comme un bonhomme de neige et pleura les flocons de son manteau jusqu’à devenir flaque trouble sur le carrelage. Mais, se croyant coupable et prêt à se rendre à la justice pour purger sa peine, il se vit recevoir un courrier administratif lui indiquant que le compte qu’il venait de siphonner n’appartenait tout bonnement à personne et qu’il était dans son bon droit d’utiliser des fonds voués à l’oubli.
PM était donc lavé de toute culpabilité et de surcroit très riche.
Dans un registre tout différent mais qui rassemble cependant des faits totalement similaires, PM fit la cour à une jeune lorette prénommée très exotiquement Lorette. Lorsque l’entrée en matière fut sur le point de s’alanguir vers des préliminaires plus avancée, PM réalisa que sa partenaire sexuelle appartenait sans doute au sommelier moustachu qui ne cessait d’abreuver les deux tourtereaux en pleine orgie de volupté.
Il était sur le point de dédommager le promis de la promise en sortant un chéquier de la taille d’une planche de surf quand il reçut d’un pigeon voyageur visiblement engraissé au maïs transgénique un message attestant que la jeune personne dont il venait d’apprécier l’intimité la plus humide était sa propre fiancée.
C’est alors qu’un oiseau sans aile mais pourvu d’une longue queue verte et d’une mâchoire équipée d’une formidable dentition disparu dans les eaux boueuses des abords du Styx.
Oddly Length Gear Anyway • 01.16.10
Quand PM trébucha, il se releva.
Quand PM vieillit, il se soigna.
Quand PM cru la fin proche, il recommença car un héros de blog ne meurt pas. Par contre, il est dit que les héros connaissent tous une fin. Les héros de la mythologie ont deux fins possibles. La première vient des dieux qui, jaloux du héros, le font périr, comme Prométhée. La seconde, plus courante, est la fin que le héros s’inflige à lui même, l’orgueil le fait périr. Qui n’a pas été ivre dans la victoire?
PM a commencé ivre et orgueilleux. Les dieux l’ont vu venir et ne l’ont pas vraiment remarqué. Ils l’ont jugé inapte à leur faire de l’ombre. Ils ne l’ont pas pris au sérieux et s’en sont pris à d’autres auprès desquels ils ont envoyé des chirurgiens capable de mal les opérer.
PM n’est pas jalousé des dieux et pour cause, il les a acheté. En solde. PM a payé les grandes religions une bouchée de pain. L’appel d’offre est passé inaperçu parce que de nos jours, les gens prient moins. Ils sont à la recherche de l’éveil. De l’éveil de leur conscience. Ils vont méditer et portent des petits chapelets de bois et méditent.
Du coup, PM a acheté 8000 euros les dieux et personne n’a rien vu. Maintenant, les dieux sont à sa botte. Jésus lui même nettoie la voiture de PM. Mahomet promène le chien du héros et Vichnou arrose les plantes de l’acienda. Le seul dieu que PM laisse tranquille, c’est Odin. Il est vieux, aveugle et nourrie ses corbeaux en écrivant des poèmes.
PM est très sensible au fait qu’un dieu puisse écrire des poèmes. C’est la raison pour laquelle PM n’est pas vraiment vaniteux.
Par voie de conséquence, c’est ainsi que PM est immortel.
Offrez La Gourde Argentée • 01.15.10
Pieds au planché, la main gauche sur le clavier et la droite posée sur le rebord de la portière, PM fonçait à bord de son nouveau véhicule vers la destination que trois lettres désignent par la conjugaison du verbe être à la troisième personne du singulier.
Sans se soucier du quand dira t-on, sans scier du quid erratum, sans sourciller des dix rats de Caton, PM apprivoisait le grand vide en lui. Ou plutôt l’abîme. Oui, vous savez, cette abîme que tout un chacun veut combler par de la nourriture en sus, par des achats en soldes, par de l’amour, du respect, des rêves, des projets.
Il entra dans un village ou les hommes viriles s’enfonçaient des boules de geishas dans l’anus en parlant des scores des équipes de foot dont ils étaient les fervents supporteurs, fervent frais, fervent du matin, fervent qui souffle à travers les grands pains pont voilà les ponts pieds de Neptune dans le portefeuille se ramasse à la pelle roulée avec elle.
J’ai soif, dit l’un des hommes qui n’avait plus de boule à faire entrer.
Prends cette gourde, dit le dompteur d’animaux préhistoriques en lui tendant un jerrycan rempli d’urine de dinosaure avant de disparaitre dans les couloirs des studios Trident. C’est là que T-Rex enregistra Get it on. Ah, je vois, Monsieur PM à l’humeur de passer du coq à l’âne. Eussions-nous le pouvoir d’améliorer le sort de la planète, de stopper l’autodestruction de l’humanité, le ferions-nous?
Je ne le crois pas, pessimista PM.
Et bien je vais te prouver que si, prends ce livre et va le faire traduire avant que de le lire d’un trait, reprit l’homme qui avait soif. Ce livre, PM ne le prit pas, il le fit changer en Brixton Pounds et s’acheta de quoi téléphoner en PCV à Olga pour annoncer l’imminence de son arrivée.
Oyez La Gracile Anglaise • 01.14.10
Au regard de l’hécatombe provoquée par le passage à la décennie supérieure, PM se réarma de patience et parti cinq ans marcher le long de la muraille de Chinon. Il apprit à porter la tenue locale , bu du marc, se maquilla le visage, se peinturlura les pommettes et poussa un grand cri pour annoncer qu’il était fin prêt à affronter le sort que le destin lui réservait.
Pourtant, les mois passèrent sans que rien de déterminant ne vint modifier son quotidien. Il retourna alors sur les terres sacrées de ses ancêtres et arpenta les couloirs de l’abbaye dans laquelle s’étaient unis ses parents, en l’attente d’un signe qui viendrait de l’invisible. Parterre, les carreaux datés du douzième siècle formait un dessin qu’il décrypta. Il s’agissait d’un labyrinthe dans lequel celui ou celle qui se perd y retrouve instantanément sa conscience et la compréhension du monde.
PM ferma les yeux et respira. Au loin raisonnaient les musettes et les tambours, ainsi que les clameurs d’un peuple qui renoue avec la liesse.
C’est alors que d’une pièce obscure parvint un léger murmure féminin puis un soupir de gémissement qui invita PM à entrer. Là , PM vit une jeune princesse qui tissait un Shamrock, étendue lascivement sur une descente de lit. Pour atténuer le vacarme de la foule s’approchant, PM ferma la porte derrière lui et vint rejoindre l’exquise colocataire de ce blog qu’il déshabilla.
Leurs langues s’enroulèrent dans un baiser langoureux. PM réussit à ôter son armure, à déposer sa hallebarde alors qu’une foule galvanisée pénétrait dans l’enceinte en chantant ceci.
PM et celle dont on supputait le retour avec force désir eurent à peine le temps de consommer l’amour dont ils s’échangèrent à nouveau et à jamais le serment quand le peuple pressa à corps et à cris PM de monter dans le véhicule suivant.
Coventry • 01.12.10
Pas Mauvais • 01.07.10
Il est temps que PM aborde un sujet piquant : la Mort.
Sous sa douche, enfin, sous la douche de la chambre d’hôtel que PM avait réservé pour les obsèques de la femme du vendeur de biscottes, PM eut la révélation qui tue. Il réalisa pourquoi nous procréons. Oui, cela est évident, la seule réponse (non bouddhiste) que l’humain peut faire à la mort, c’est procréer.
L’enfant qui vient au monde est une réponse de vie faite à la mort. C’est la vie. Vivre.
Mais alors, dans un réel où tout s’éteint, rien ne dure, tout est emporté par le vent, quelles sont les possibilités d’agir? La colère au fond de soi sourd soudain, PM, sous une douche d’eau tiède, des courbatures étranges au mollet, sentant sa vue faiblir, sight, sight, my sight get worse… c’est à ce moment que PM vit.
Il vit s’en aller Lhasa. Il vit partir Monsieur Seguin. Tant d’autres. Il se vit partir lui-même mais… un héros de blog, ça ne meurt jamais.
ça finit orphelin au pire, recyclé par des métapoètes du futur mais un héros de blog c’est immortel.
C’est la raison pour laquelle cette réponse ne nous suffit pas monsieur PM, nous, ce dont nous avons besoin, c’est d’un pourvoyeur de bonheur, pas d’un visionnaire.
Un visionnaire? s’écria la harpiste qui arpégeait un requiem pour ambiancer la cérémonie funèbre, le climat nous enjoint de nous acoquiner plutôt d’un vison.
Alors, PM revint les bras chargé de fourrures. Mais l’heure est aux larmes. Vison. Tel est Vison.







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