Souvenirs de L’Au-Delà
Dans le temps que je n’étais plus de ce monde, je passais mes journées là-haut, dans les nuages. Je ne m’ennuyais pas et nous étions nombreux. Beaucoup de célébrités redevenues presque anonymes, des enfants de tout âges, hommes, femmes et animaux. Mais la terre me manquait. Je voulais redescendre pour câliner ma fille, lui dire que je l’aimais. Je voulais boire avec mes amis et faire des projets cons.
Alors je n’ai pas gardé patience indéfiniment. J’ai vu Dieu et ce Dieu là fait partie de ces dieux qui font un peu la sourde oreille.
« Oui, nous verrons ça plus tard. Allez vous asseoir en attendant, tenez, je vais vous présenter à untel, il a fondé tel empire… »
Mais je m’en foutais de ces gens décédés qui se complaisent dans une sorte d’immuabilité béate et à qui rien du bas monde ne semblent plus affecter jamais.
Un soir que Dieu passa en se plaignant de la conduite de je ne sais quel Saint, je l’ai prit par le col de son duffle-coat et je lui ai dit que c’était fini, que j’en avais ras le bol de ce paradis de mes deux et que je partais. J’ai claqué la porte et suis revenu sur la Terre.
Et bien croyez-moi, on est tellement mieux ici. Là, au milieu des miens, je vis, je respire, j’ai mal, j’ai faim, je bois, j’urine et je fais même l’amour avec une copine qui a un très beau visage et des seins superbes. Quand je pense que l’on passe sa vie à se plaindre de tant de choses futiles ou pas, comparés à ce qui nous attends plus tard… On ferait mieux de respirer et de profiter des emmerdements présents. L’au-delà, ça craint.





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novembre 17th, 2011 at 23:50
Génial.
enfin je comprends avec ce texte que tu ne navigues pas entre deux mondes, le « nôtre » et un « (n)autre » qui lui serait parallèle, mais entre celui de tous les jours et un autre, qui est bien au-dessus.
oui, tu es vraiment perché Travis ! mais tant mieux, comme ça quand tu redescends sur terre avec tes chansons et tes poèmes, tu nous rapportes à ton insu un petit bout de paradis.