Aigris mais Green
Comment ne pas constater un certain je ne sais quoi de lassitude à l’égard du temps qui passe et du récurrent reflet nous renvoyant l’image d’un nous même contraint dans l’exiguïté du rapport entre nos possibilités et l’ambitieux cortège des illusions perdues.
Quoi qu’aigris dans le sens chromatique du terme, à cheval sur deux groupes de décennies factices, dates fabriquées à la va vite, la question de la topologie du sentiment se voit supplantée par une tendance supérieurement fédératrice : l’écologie.
Ainsi nous prenons soin de la planète, ainsi nous lui donnons une chance de vivre plus longtemps, l’humanité assure la survie de son espèce par des gestes simples ; économie, recyclages, en bref, adoption en vrac de la “green attitude“.
Face à nos erreurs passées, face à l’inconsistance d’un humanisme immature, la couleur verte sied à la planète bleue. Quand on sait à quoi il suffit de mélanger le bleu pour donner du vert, on est en droit de se demander si, au fond, l’important n’est pas, avant tout, de savoir rester jaune dans sa tête.


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