Un Déjeuner Confidentiel
Dans les salons privés du restaurant classé monument historique de la Gare de Saint Nom La Brétêche, PM rejoignit son homologue basque, l’éminent très saint frère De Jais. “Comment allez vous cher maitre” fut leur cri de ralliement et fit office d’excellente mise en bouche à l’intarissable flot d’informations qui allait suivre.
Lorsque le sommelier vint apporter la septième bouteille de rhum vieux que les deux compères sifflaient à tour de rôle à moitié ensevelis sous les tentures de velours de la baie vitrée qu’ils avaient fini par arracher entre deux éclats de rire tonitruants, tout avait été dit, tout avait été signé.
De jais n’était pas le genre de héros à qui on la raconte. il avait fait la Commune, les barricades, libéré Alger, Saint-Pierre et crié “Vive le Québec libre!” bien avant 1959. Sa réputation n’étant plus à faire, allons droit au but. La raison de leur entrevue cachait évidemment quelque chose de très confidentiel. Les services secrets avaient d’ailleurs dissimulé une pléiade de micros de surface sous toutes les tables du restaurant exceptée la leur que PM avait fait construire l’avant veille par un ébéniste bulgare dans un tronc de ginkgo biloba qui, une fois abattue, fut plongé un mois pour macérer dans un jus bouillant de bais d’églantier sauvage.


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