À l’aube A, au bas-mot
Alors que Lord PM, sur les coups des trois heures du matin, heure locale, asseyait confortablement la victoire d’Obama, tout en négociant le rachat des actions de la société B avec une direction empêtrée dans des affaires de pots de vins, vint s’asseoir à ses côtés l’inattendue mademoiselle A.
Je suis amoureuse de vous, fit A. PM, pour toute réponse si tant est qu’il eut quelquechose à répondre, retira son gilet en peau retournée, dénoua son écharpe en poils, ajusta ses lunettes double foyer (qu’il portait pour la première fois sans raison puisque sa vue était parfaite), revissa sa ceinture de munitions, ré-épingla son insigne de commandeur, se racla sept fois la gorge, cracha sur le parquet, rota, s’éclaircit la voix, chanta, de plus en plus juste, de plus en plus fort et, face à une demoiselle A conquise et proche de la transe, se leva d’un bond pour s’adonner à une sorte de danse frénétique qui mit en mouvement tout d’abord ses doigts, puis ses mains, puis ses poignets, ses avant-bras, ses bras et s’arrêta net au même moment où l’aboyeur annonça dans un finnois scientifique le doyen de la faculté de San Diego sur Loire.
Profitant de l’émoi que provoqua cette arrivée, PM saisi A par la taille, l’emmena au fond d’un long couloir dont personne, y compris les propriétaires de l’appartement ne connaissait l’existence ni l’issue et lui proposa ses services de gynécologue amateur.
Je suis de plus en plus amoureuse de vous, glissa A, entre deux sanglots provoqués par le solennité de l’instant qu’elle savait d’avance fugace et dont elle voulait goûter la pulpe dans toute sa substance. Inutile de vous décrire le papier peint du couloir, l’absence de gravure sur les murs, ni l’épaisseur de la moquette. Inutile de vous préciser les accords de synthé qu’entendit PM sur Deezer lorsqu’il se décida enfin à enfreindre le code vestimentaire en rigueur pour passer un magnifique boléro de flanelle qui s’accorda avec le fuseau que portait A et dont l’une des particularités était qu’il était invisible.





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November 5th, 2008 at 23:32
Communiqué bien reçu. Merci pour tous les morceaux généreusement livrés ces derniers mois et pour toutes ces chansons de façon générale qui m’apportent tant de joie. J’attends LP0 et LP4 avec délectation. Merci encore, Krakowiak.
November 10th, 2008 at 21:36
Le temps comme élastique
est tour à tour objet de préoccupation majeure dans la mesure où il semble aller parfois contre notre volonté, objet de crainte quand il signifie la fin, de curiosité ou d’impatience lorsqu’il se confond avec la situation dont on veut mesurer l’amplitude, cloisonner les conséquences, circonscrire la forme au périmètre de notre champs d’action.
Le temps comme élastique est une image émotionnelle qu’il n’est pas inutile de remplacer par le paysage neutre du mouvement vers la sagesse, quête suprême du silence intérieur.