Un toast lourd à porter
Dans les sociétés occidentales où presque tout est planifié à l’avance, où l’actualité télévisée est littéralement fabriquée, croiser sa boulangère dans un autre contexte que la boulangerie fut pour un PM désireux d’incorporer la masse en dissimulant ses singularités, source de bien des remises en questions. Les mots qu’ils échangèrent n’ont pas beaucoup d’importance quand on sait l’incroyable communication silencieuse que s’échangeait presque quotidiennement ces deux êtres attirés l’un par l’autre comme l’aimant l’est par l’étau pour parler crument.
Vous ici, dit la boulangère en nuisette occupée à ramasser un tas de feuilles mortes devant le hangar à tondeuse. Oui, tapa PM, après une mince hésitation, je passe rarement par la zone résidentielle mais aujourd’hui, c’est pour ma famille et moi-même un jour particulier. Nous commémorons une date prise au hasard dans le calendrier que nous marquons d’une croix dans l’agenda afin de ne pas oublier d’avoir une pensée pour toutes les catastrophes, tous les drames, toutes les atrocités et nous pleurons en levant nos verres remplis de boissons homologuées par la FOBTA (Firme Officielle des Boissons Très Alcoolisées).
Ah bon, vous aussi, nous avec mon mari, nous faisons de même mais à la différence prêt que nous commémorons de la sorte une vingtaine de dates par an. Vous êtes donc des PDD (puristes du désarroi) fit remarquer PM, tout en relevant la nuisette de la boulangère pour toiser son minou. Ce sera tout, demanda patiemment la boulangère que PM avant commencé à sauvagement prendre sur un petit tracteur dont le moteur encore chaud et les tremblements du ventilateur firent monter le désir de la boulangère d’un iota.





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