Archive for the ‘feuilleton’

Genèse de la Méganité25.11.11

Oh, Barberoi n’était pas de méchante humeur ce matin mais il toussotait en sortant de chez son coordonnateur, un grand grimoire de mots croisés occultes sous le bras.

PM l’aborda sans détour

- Barberoi bonjour, Barberoi comment va?

Barberoi toisa PM comme si celui ci n’était pas humain, d’un air dédaigneux et apeuré puis reconnu en lui ce confrère antédiluvien alors il sourit et s’approcha pour échanger un de ces hugs que seuls les athlètes professionnels osent pratiquer.

PM était couvert d’une écharpe doublée d’un revêtement imperméable, coiffé d’un ballon formé de bandes adhésives enroulées et vêtu de trois pardessus superposés ainsi que d’une petite doudoune longue.

Barberoi, à qui ni la tenue ni les bottes rembourrées de PM n’avaient échappé se contenta d’un : – il fait si froid que ça?….

PM se souvint alors que ses activités matinales justifiaient cet accoutrement excessif mais le temps de préparer une explication détaillée, Barberoi avait disparu, invoquant un véhicule qui l’attendait plus loin.

PM continua sa traversée seul et s’échoua en fin d’année sur une île anglo-normande. C’est là qu’il lança les premiers fondements de « LA MEGANITÉ » (nouvelle pensée philosophique dont, si vous né un jour pair, vous avez dû adhérer sans aucune réserve. À noter que les natifs des jours impairs furent également des disciples extrêmement fidèles de cette doctrine).

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PM dans « La Chasse au Bond »20.10.11

Les biographes ont souvent tendance à passer sous silence les années champêtres de PM. Ils préfèrent dans l’ensemble s’attarder sur les frasques mondaines et sulfureuses du héros, ce en quoi on peut les comprendre, vu l’extrême variété de situations dans lesquelles l’impétrant digital aima voluptueusement à se complaire.

Cependant,rappelons qu’il il fut aussi de courtes décennies pendant lesquelles PM émergea des mégapoles pour approfondir son ancrage dans des terroirs boueux et balayés par d’affreux vents de brumes.

Peu d’histoires rocambolesques à narrer car les compagnies étaient rares, si ce n’est une technique assez traditionnelle que PM avait adapté pour se nourrir. Il avait reproduit l’us ancestral qui consiste à positionner un trampoline au milieu des bois et à sauter la bouche ouverte.

PM atteignait parfois des hauteurs assez vertigineuses, dix mètres, quinze mètres, il dépassa la cime d’un Séquoia un dimanche et ce, toujours la bouche ouverte afin de gober vivants les petits oiseaux distraits qui piaillaient dans les cieux féconds.

En fin d’après-midi, PM rangeait son matériel et rentrait en grignotant les derniers restes de moineaux et d’étourneaux dont il avait fait bombance.

Cette technique de chasse au bond s’est peu à peu perdu dans nos contrées mais il est fort à parier que la jeune garde s’emparera tôt ou tard de sa ré-introduction lorsque la crise aura eut raison des dernières armureries.

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merdoyer avec panache12.04.11

PM errait de forêts en plaines et de plaines en cocktails. Il arrivait vêtu comme un sauvage, ses parties intimes à peines dissimulées sous des haillons qu’il s’était lui même confectionnés avec des peaux d’animaux sauvages tels que mulots, scarabées et autres agneaux migrateurs.

De jeunes femmes, sans doute attirés par sa forte odeur de transpiration chargée en irrésistibles phéromones acceptaient de se laisser tutoyer et parfois finissaient par céder aux pressantes invitations lubriques d’un PM que plus aucune inhibition ne retenait.

À l’aube, il reprenait ses errements, on le croisait alors, sur des chemins escarpés, enneigés, boueux, fringuant de pied en cap, chaussé de souliers vernis et tiré à quatre épingles dans son tuxedo fraîchement récupéré du pressing.

Pourquoi PM cultivait-il cet anachronisme perpétuel? Lui avait-on posé la question? Des étudiants en sociologie qui s’étourdirent à préparer leur mémoire sur le thème de la solitude voulurent le rencontrer.

On bâtit la campagne mais nulle trace de PM. On s’éternisa dans des soirées d’où PM venait de s’effacer en emportant la fiancée d’un idiome.

Alors les étudiants, hagards, s’égayèrent, écoutèrent Garou et contrecarrèrent leur courroux en présence de gourous.

Pendant ce temps, PM donnait un Masterclass devant les présidents des républiques des pays industrialisés pour leur apprendre à respecter les citoyens du monde et à se respecter eux même.

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la mémoire éteinte au grand jour07.04.11

PM cessa donc toute activité illuminatrice.  Sa réaction fut prévisible, radicale, il devint sombre. Une grande ténèbre précéda PM où qu’il aille. On eut dit que le temps se couvrait partout où le héros était annoncé. Il suffisait qu’il passe un coup de fil outre mer pour que de soudains cyclones y gâchent la fête. Même s’il restait chez lui et naviguait sur Facebook, PM déclenchait des orages et de pénibles éclipses dans les villégiatures de ceux sur les murs desquels il avait laissé un commentaire inutile.

On fini par menacer PM de lui restreindre son accès internet. C’était minimiser le pouvoir mental d’assombrissement qui s’était développé en lui. Il pensa à Berlin, il grêla sur le Reichstag, il se souvint d’une promenade autour du lac de Serpentine qu’aussitôt de lourds nuages noirs plongèrent Londres dans l’obscurité. PM laissa donc tomber un temps les ballades, les chats sur le web, et quand un souvenir fulgurant revenait à lui, il s’arrangeait pour en localiser le récit dans quelques galaxies éloignées, là où, vraisemblablement personne ne pouvait s’en plaindre…

Cette nuit là, au Pérou, plusieurs scientifiques basé au Misti, l’observatoire le plus haut du monde, se plaignirent d’une prolifération inquiétante de trous noirs. La Nasa, à qui fut relayé l’information chargea un émissaire pour aller négocier en personne auprès de PM pour que ce dernier, accepte, aux conditions qui seraient les siennes, et par tous les moyens qui seraient mis à sa disposition de ne plus se souvenir de rien.

On ignore encore aujourd’hui quelles furent les conditions agrées par les gouvernements du monde entier et qui furent accordée à PM pour qu’il renonce à jamais au moindre souvenir. Le lendemain de l’accord, le temps était radieux. Splendides furent aussi les jours qui suivirent.

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séparation, afflictions, réhabilitation, illumination05.04.11

Quand PM et Olga divorcèrent, l’entourage familial opta pour une sorte d’affliction surjouée.

On jeta des armoires par les fenêtres, on résilia les abonnements aux chaines pornographiques, on sorti torse nu sous la pluie et on pleurait sans conviction. Parfois on en surprenait certains qui souriaient et n’avaient pas l’air de s’alarmer de la situation, ceux là étaient arrêtés sur le champ et jetés en prison pour vingt ans.

Le maire qui les avait mariés sept ans plus tôt fut inculpé pour attentat à la pudeur alors qu’il était notoirement connu pour sa probité. On alla même jusqu’à faire courir des rumeurs infondées sur le chien du maire que l’on fit piquer puis que l’on réanima pour finalement le réhabiliter dans le réseau des chiens guides.

Mais un retournement de situation vint prendre de cours l’enchainement des évènements. En effet, PM refit sa vie le soir même avec son avocate et Olga fonda un couvent pour couples échangistes. La presse déplora cette absence d’émotivité de part et d’autre.

Puis PM annonça à son avocate qu’il la quittait pour se consacrer à la spiritualité et se retira le soir même dans une enceinte fortifiée. PM se concentra et atteint rapidement l’éveil et l’illumination. Les rares personnes qui le croisèrent attestèrent d’un regard emplit de bienveillance et d’une clarté qui faisait grandir les plantes en pleine nuit. Cela devint si lumineux que le gouvernement intima à PM l’ordre de se bander les yeux et d’arrêter de se promener au crépuscule car sa lumière avait, dixit le président,  provoqué une canicule à côté de laquelle le réchauffement climatique était du pipi de chat.

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L’idée ne fait pas l’idoine27.03.11

Lorsque les évènements hostiles se succédèrent à un rythme suffisament soutenu pour que PM songea à avaler deux advils d’affilé avant de se raviser et de se tourner vers la religion, le temps était brumeux.

Il aurait fallu un sonar puissant pour sonder l’abyssale mélancolie de ce personnage habituellement si enclin à la joie mais qui cette fois, se défit de son routinier optimisme.

D’abord ce coupe-ongle égaré dieu sait où dont les vaines recherches avaient usé sa patience, puis cet appel en absence dont le numéro masqué n’avait pas permit d’identifier l’individu qui n’avait pas laissé de message et pour finir, ce chien qui avait aboyé au loin, trois fois, non, deux fois.

En se proclamant pratiquant PM devint fanatique avant même d’avoir été croyant. Il eut soudain soif d’eau bénite, il aurait vendu sa chemise pour un sermon, il eut  la foi et entra dans la première église venue.

Etrange, se dit PM, cette église n’a ni girouette au fait de son clocher, ni vitrail, qu’à cela ne tienne, ma ferveur ne saurait attendre davantage, et il s’assit sur l’un des bancs qui n’était d’ailleurs pas un banc mais un siège muni d’une ceinture qu’il fut invité à boucler.

Un tonnerre assourdissant retentit et le décollage vertical de la navette spatiale cloua PM sur son siège. Après de monstrueuses secousses que PM interpréta comme une preuve de l’existence de dieu, la navette s’arracha du sol et traversa l’univers en vitesse lumière.

Le nez collé au hublot de l’aéronef, PM contemplait le rapetissement de la planète bleue et à mesure que celle ci disparaissait, il réalisait à quel point ses soucis était insignifiants. Lorsque la vitesse de croisière fut atteinte, PM se tourna vers l’hotesse et lui proposa de s’amuser à évoluer en apesanteur.

Les voilà comme nageant dans l’habitacle, laissant autour d’eux flotter les affriolants dessous de la jeune femme à qui PM avait enjoint d’embellir le cosmos de sa nudité.

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hameau pour un autre27.03.11

Pour ne pratiquement jamais montrer ses vrais sentiments, PM finit un jour par proclamer qu’il était à la fois triste et gai alors que son humeur véritable était neutre.

On ne lui en tint pas rigueur car on craignait ses réactions. Son entourage avait soupé de ses furibondes rebuffades au point qu’on s’arrangeait toujours par enjoliver la réalité voire à la totalement travestir.

On disait il fait nuit quand sept heures vingt sonnaient, on félicitait Monsieur PM pour son courage quand sa lacheté était évidente, on minimisait tout échec en ponctuant chaque reproche de « c’est génial » et autres « on t’adore » et PM y croyait.

Il en rajoutait lui-même et s’était accoutumé aux flatteries au point que le moindre compliment non appuyé d’un applaudissement à tout rompre ou d’une génuflexion exagérée le frustrait. En général on se reprenait aussitôt et on inondait PM d’éloges à commencer par son village dont on disait que Paris en jalousait la desserte.

Un jour l’employé d’une compagnie qui n’avait pas pignon sur rue gagna des sommes astronomiques à la loterie et engagea toute sa fortune dans la construction d’un monument dédié à la mémoire des déserteurs graciés. La commune confia la conception du monument à PM qui n’eut pas à concourir car un de ses lointains parents composait le jury.

Après deux mois de vacances PM livra l’oeuvre. C’est invisible, c’est normal car le déserteur est un créateur de vide. Des voix s’élevèrent et protestèrent en alléguant que PM n’était pas au mieux de sa forme et qu’il n’avait tout simplement rien fait à part dépenser les fonds du gagnant du loto.

Pourtant, il ne se trouva personne pour blamer PM en face. Le monument, qui n’existe probablement pas fut plébiscité et reste considéré aujourd’hui encore comme l’un des principaux lieu psychique du XXIème siècle.

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de Scylla en Charybde24.03.11

Sanglé sur un brancard rigide, la tête orientée au sud-est, le visage crémé d’un masque d’argile brulante, les pieds enduits de vase, et le corps tout entier livrés aux quatre vents, aux gerbes de neige artificielle expulsée par un canon emprunté à la vallée ubac de l’une des stations de sport d’hiver du pays voisin, PM goûtait enfin un repos bien mérité.

Son angoisse était retombée comme un soufflet. Sa mélancolie s’était effacée comme un trait de craie mais subsistait pourtant une déprime que sa fatigue avait accentuée.

PM communiquait avec une infirmière par télépathie. Elle se tenait à disposition et s’empressait de venir retrouver le héros dès que ce dernier exprimait un sentiment. Elle était vêtue d’un pyjama de coton blanc qui comportait de jolis motifs de couleur. Ses yeux clairs regardait PM avec un appétit très communicatif.

Bravant la mauvaise météo, l’infirmière avait commencée à ôter le haut de son pyjama, dénudant ainsi deux superbes seins bronzés, dignes et fermes, au bout desquels deux tétons bruns durcissait à mesure que PM les regardait.

On avait servi à diner. Les bouteilles de Saint Emilion 1965 et 1970 se vidaient à vitesse grand V et la volaille crépitait au dessus des braises. PM demanda qu’on dénoua ses liens, la demande fut agréée sur le champs par l’infirmière dont le bas de pyjama venait de glisser le long de ses longues jambes dorées.

Par un incroyable concours de circonstance, le temps fut au beau fixe, le visage de PM (qu’un tapir dressé venait d’intégralement lécher) avait recouvré le teint cuivré de ses plus belles années. Le reste du corps de PM fut douché, séché, massé par l’infirmière qui n’autorisa personne d’autre à s’occuper du héros. Lorsque les libations succédèrent aux agapes, PM, qui avait retrouvé sa force surhumaine, tenait l’infirmière par la taille et déclamait la poésie du corps, la prose organique, celle qu’il avait toujours maitrisée, cette pénétrante verve que l’homme de lettre se doit de connaitre par cœur.

L’infirmière approuva d’un gémissement qui se mua en cri d’extase et félicité.

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cajoler entre les lignes épurées22.03.11

PM avait peut-être un peu chargé la barque. La magie fonctionnait bien, il n’avait plus qu’à récolter les fruits les sachant abondants, mais  la tentation du romantisme le tiraillait.

Il se serait damné pour cueillir la cueilleuse, pour déguster la pulpe de la pulpeuse, pour lécher l’alanguie, il voulait passer la bague au doigt de la baguenaude, saler la saline, cajoler la plus jolie, l’ondoyer d’onguents infinis.

N’était-elle d’ailleurs ni mieux, ni moins bien, ni une autre que cet objet légitime auquel PM vouait les flux de sa joie. Seulement, elle se refusait à lui.

Le refus donne tout pouvoir sur celui qui réclame. PM emmuré dans le silence de la frustration, faisait les frais de l’apophtegme. Errant d’ère en révolutions, il ne connu soudain plus le bonheur serein de celui qui reçoit en retour le geste qu’il prodigue.

PM était pourtant rassasié de nourriture, son portefeuille éclatait par trop d’épaisses liasses, son agenda était enseveli sous les rendez-vous minutés mais son âme, oui son âme, son âme geignait de solitude.

Pourquoi? Avait-il était trop insistant? Avait-il manqué de tact? Ou bien était-ce tout simplement trop tôt?

Il consulta sa montre au sommet d’un clocher de béton posé en deçà de la gare de Lyon et eut un sourire candide.

Oui, se dit PM, je suis en avance d‘un million quatre vingt seize mille six cent battements de cœur.

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Oublie La Géhenne, Ami03.03.11

PM marchait en direction de la décharge. On lui avait donné rendez-vous d’abord dans les salons d’un hôtel de luxe situé en plein centre du quartier des affaires mais on s’était ravisé, dieu sait pour quelles raisons et on n’avait même pas pris la peine d’en informer PM, c’était PM en personne qui avait eu l’intuition de cette énième rebuffade.

Ils ont sans doute leurs raisons, se dit à haute voix PM, en passant à proximité d’un panneau de signalisation qui indiquait une destination que des indépendantistes avaient effacé pour la remplacer par celle d’un village étranger sans rapport avec la topographie du territoire que PM subissait de plein fouet.

Tout un chacun avait abandonné PM. Ses soutiens politiques l’avaient sifflé lors de son dernier discours. Ses mécènes lui réclamaient des créances. Ses amis l’attaquaient en justice et ses femmes s’étaient faite avorter ou bien remise à fumer.

Malgré tout, PM était encore debout. Le soleil lui faisait un peu plisser les yeux quand soudain, il vit passer un troupeau de cougars que conduisait une bergère montée sur un phacochère. PM banda son arc et tira sur la bête qui s’écroula.

Un peu sonnée par la chute, la bergère tituba vers PM avec l’idée de le molester mais PM su trouver les mots pour réconforter la jeune femme en lui tendant une liasse qu’elle déposa sur son compte. Le soleil déclina vers l’occident et dans la plaine raisonnèrent les gémissements de plaisir de la bergère à qui PM faisait visiter la région.

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