Archive pour la catégorie ‘ feuilleton’

Douze Lesbiennes05.05.08

En Russie, question librairie, on trouve à peu près tous les classiques, russes et autres mais il y a beaucoup moins de sorties qu’ici, pensait PM à voix haute.

Je suis tout à fait d’accord avec ce monsieur, sous-titra l’une des douze américaines attablées en terrasse ensoleillée dont le groupe fut sur le point de se scinder en deux sous-ensembles. Ces charmantes créatures venues tout droit de New York City était toutes de ravissantes lesbiennes venues prolonger un séminaire à Paris, ville occupée.

Dès lors, PM, les yeux mi-clos à moitié dissimulés derrière ses lunettes, se rapprocha ostensiblement et étudia ses possibilités quant à l’éventualité de leur proposer une activité qui put fédérer le gros du gynécé. Il couru vers la serveuse à qui il tendit un billet de 50€ afin de savoir si ces mesdemoiselles avaient commandé un dessert et si oui, lequel ? (pensait-il que la connaissance de ce détail pu favoriser un premier échange verbal ou voulut-il se faire passer pour un détective privé ? Aucune piste n’est à écarter)

Des sorbets citron à la vodka, répondit-elle, tandis que PM, d’une voix des plus roucoulante, interrompit les gloussements des douze pour placer un : “shall we fly to walhalla?

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Le Creuset des Médiums04.29.08

Le nez plongé dans son livre de compte, PM n’entendit pas vibrer son téléphone et laissa fléchir son mental sous l’accumulation du déficit extérieur. Pourtant, la nouvelle, comme une trainée de poudre s’était étendue à tout le réseau  et le principal intéressé ne fut au courant que lorsqu’il se décida mollement à interroger sa boîte vocale.

Orion Fred en personne lui réclamait un poème! Le plus grand interprète de tout les temps du nouveau siècle voulait du PM ! Poète Moderne, chez qui l’immodestie était comme une seconde nature fit envoyer un courriel spameux à sa liste qui commençait ainsi :

“Comme vous n’êtes pas sans l’ignorer, l’éminent OF s’est enfin décidé à étendre la largeur de son spectre en me commandant l’oeuvre qui manquait à son incommensurable répertoire. Aujourd’hui, les muses m’entourent et se pressent pour être, en cette heure spéciale, la favorite qui s’aura m’inspirer l’élégie ronde dont la circonférence devra inévitablement contenir le génie rotatif de votre serviteur…”

PM, oscillant entre une excessive confiance en soi et une haute dépréciation de lui-même, souffrait hors du creuset des médiums, de cette impossibilité de la modération qui nous fait parfois prendre conscience de qui nous sommes.

Car PM ignorait tout de lui-même. Il se rêvait. Parfois inférieur, parfois meilleur, il eut été plus au fait de sa personne si, semblable au choucas, il n’eut picoré un coin de ciel bleu dérobé à l’éternité du néant.

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La Lune en Bélier04.17.08

Lorsqu’enfin, la lune ne fut plus en bélier, PM, à qui cette information avait provoqué un immense soulagement, se rendit en bibliothèque afin de reprendre le cycle de conférences auquel il n’avait pu s’inscrire mais où, lui avait-on assuré, il resteraient quelques strapontins libres.

Assis en face de deux jeunes étudiantes ravissantes, PM était probablement le seul qui ne prit pas de notes et pourtant, bien qu’il eut les yeux rivés sur celle des deux jumelles dont la poitrine était la plus avantageusement valorisée, il écouta très attentivement le conférencier commenter les diapositives des photos et croquis consacrés à la renaissance italienne.

Baroque, PM l’était jusqu’au bout des ongles mais, trop confortablement éprouvé par les remous stellaires, il fini par s’endormir. Il lui fallait une nouvelle impulsion.  Son sac lourd de disques cellophanés lui rappela qu’une danse lui ferait le plus grand bien. Restait à trouver la cavalière.

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Nuage de Fumée04.15.08

PM accepta l’invitation à déjeuner qui commémorait l’intronisation d’une des jeunes membres de l’association des fumeurs de tabac blond. Ils étaient une courte trentaine amassés dans un salon de l’avenue Bosquet prêts à se ramoner les poumons séance tenante.

Quoi que récemment converti aux thèses de l’organisation mondiale de la santé, Poète Moderne se rendit au déjeuner, sélectionna parmi les différents plats la salade la plus digeste, omettant de se resservir trop abondamment de féculents, privilégiant les fibres, et fit la conversation avec sa belle soeur, une brune pétulante qui lui soufflait au visage les bouffées d’un cigarillo qu’elle mâchouillait tout en débitant à loisir des modules d’âneries si bien agencées qu’on les eut imaginé écrit à l’avance.

Le vin coulait à flot, les convives avaient parfois deux cigarettes à la main et lançaient les sujets de débats les plus polémiques avant de s’éclipser vers la cuisine histoire d’aller enfumer les enfants qui martyrisaient un chien âgé.

Minuit sonna, PM rangea son recueil de poésie moderne, sorti, roula jusqu’à sa marguerite préférée qui l’attendait à l’autre bout de Paris by night.

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Le Meilleur des Lundis04.14.08

J’avais, se dit PM, travaillé à ma comptabilité tout le jour, je pouvais bien m’octroyer une tasse de poudre de thé. En effet, PM dans le métro, c’est une vision assez pittoresque. Surtout les jours de déclaration de TVA où il traversait tout Paris pour aller chez l’expert de banlieue ouest.

Juste avant l’engouffrement dans le métropolitain, il se dit qu’il avait le temps de roder dans les plateformes ultra touristiques, genre de self service où PM se sentait à l’abri d’une rencontre trop convenue. Il aimait ainsi s’arrêter au milieu de ceux qui découvraient la cité labyrinthique, en se disant voyons voir ce que nous réserve de surprises cette urbanité vivant au pied de la Tour Effel.

Je l’ai mise en vente sur eBay la Tour Effel, confiait PM à sa banquière, ça pourrait vous rassurer sur l’exercice du semestre prochain, nan?…

En sortant de l’entretien qui n’avait pas duré deux jours, PM tombe nez à nez avec Léa, sa promise, sa terre léchée par les vents du sud et l’air marin, son archipel méridional, son minuit d’amour. Je t’ai cherché partout, dit Léa. Tu as donc des élytres plantées dans ton masque de laine?

Un doigt sur ses lèvres la fit taire et se lover contre l’imposant poitrail du poète musclé, PM, qui l’embrassa goulument. PM venait de lâcher l’avatar !!!

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En plein dimanche04.14.08

Endimanché de ses boîtes à miracles, PM prit la peine de ne pas renoncer malgré les gaz flatulents qui semblaient autour de lui les rayonnements d’une aura azotée. Cherchant de ses doigts ankylosés à composer le numéro de son cousin Eugenie Sokolov, Poète Moderne, qui avait eu la veille une conversation intéressante avec le portier du bath night club de sa rue au sujet des réceptions données chez un des caïds des nouveaux médias de l’époque et au cours de l’une desquelles il failli faire la connaissance de l’ex femme de la vie de l’anachorète par lequel il voulait ainsi nommer son géniteur paternel à savoir, sa mère, eu envie de sortir s’aérer.

Flanqué de la solitude qui sied tant aux poètes modernes, PM gravit le mamelon factice du parc septentrional avec l’idée d’admirer une des barres d’immeubles de la rue des Flandres. Une fois parvenu en altitude, il fit le point avec ses yeux, bien trop habitués à décrypter les pattes de mouches de Lucien de Rubempré, et jeta un regard au loin comme on vide un seau d’eau sale dans les waters lorsqu’il entendit une voix d’argent lui crier:

-PM, dors avec moi ce soir!

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Le feuilleton04.09.08

Le poète était visiblement fatigué. Il est stupéfiant de voir à quel point le choix de l’angle de vue peut faire varier du tout au tout l’interprétation des évènements. Le poète moderne, initiales PM était donc au bout du rouleau. L’énergie disait Paul Arden, c’est 75% de la réussite du projet, PM en était à 30% maximum. Son inconscient, habitué de jouir de toute situation qu’elle fut réussite ou échec, semblait avoir cette fois-ci privilégié, méticuleusement mis toutes les chances de son côté pour échouer lamentablement.

PM tentait l’ultime chef d’oeuvre, prêt à retravailler son recueil, mais ses éditeurs, son personnel de bord, sa cour, tous ces gens prêt à tout pour rester dans le périmètre de son rayonnement se dérobaient à ses regards, semblaient périr avec lui.

Parfois, le matin, saisi par les vagues de grands froids qui venaient frapper sur le carreau de sa fenêtre, postant son billet quotidien qu’il adressait à un aréopage inconnu, il s’endormait un instant, comme définitivement. Le silence le réveilla. Quoi qu’il fut certains de n’avoir reçu aucune visite, il venait de découvrir un sentiment tout à fait nouveau, une force indescriptible s’était mue en lui et lui dictait, mot à mot, les prémisses d’une élégie majeure, fondatrice de la pensée poétiste.

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    • BOYCOTTE - TRAVIS BÜRKI - 2005
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vos commentaires

  • Nicolas Esposito: Comment dire, c'était... Une fête extraordinaire ;-)
  • Cristophe: Merci pour tous ces meupeutrois, il y a des perles !
  • krakowiak: Merci pour ces précisions, j'attends avec impatience la semaine prochaine pourr un nouvel inédit !
  • travisburki: L'inédit s'appelle "Non" il a été composé, écrit, enregistré dans la même journée du 21 mai 2006...
  • krakowiak: Merci pour l'inédit !!! Si ce n'est pas trop abuser de ton temps, quel est son titre et de quelle...
 
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    TRAVIS BÜRKI Ce garçon