Archive for the ‘poétique’

Je Plagie31.01.12

je plagie je plagie je plagie
à défaut d’invention à défaut d’égérie
Par magie, sans idée, je pille les élégies
j’érige l’ersatz et jamais ne m’assagit
Je fabrique à l’identique j’allume les bougies
et c’est le faux qui triomphe sur le vrai telle est ma stratégie
je plagie comme on transforme le courage en nostalgie
je plagie

je plagie je plagie je plagie
je pense comme toi je fais comme lui je dis comme elle
je reproduis l’incessante identique ritournelle
je clone ton génie, je copie colle ta folie
je décline à l’infinie ton visage à mon effigie
sur chaque plages comme autant de similis bikinis
Puisque personne ne veut endiguer l’hémorragie
je plagie

je plagie je plagie je plagie
j’agis mais je plagie je plaque le modèle simulé
simulacre en secret je vide mon sac de fac simile
et je signe l’œuvre déjà mille fois conçue que je blanchie
je vole celui qui gis et je m’assois dessus je m’avachis
j’honore la contre façon car je ne crains aucune PJ
et c’est comme une drogue dans laquelle je me réfugie
je plagie

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De flamme en flamme28.01.12

Passer de flamme en flamme
sans jamais ne savoir se brûler
se frayer
un chemin trop sûr

Dévorer
d’insondables lacunes
et se consumer
sans but

Jusqu’à l’exactitude
de la forme
d’un destin altéré
de son orbe solaire

Laisser
La force absurde
qui maudit
nos rivages
trop vite atteints

Tout étreindre.

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comprendre14.01.12

Donne moi le temps
de te souhaiter la bonne année
N’attends pas de moi l’impossible
mais demande le moi
exige le en secret
Je tiendrai ma promesse
Je te soutiendrai chaque jour
Je te dédierai mes respirations
car je suis heureux de toi
Je ne te demande rien
je te donne tout
je viendrais quand tu m’appelles
et si je pars, ce ne sera pas pour te fuir
jamais
mais pour aller quérir de quoi
me rapprocher encore
plus près
doucement
et te serrer fort
bien fort contre moi.
Donne moi juste le temps
et encore
Si tu veux, ne me donne rien
je prendrais le temps qui vient
comme j’ai pris la nuit
pour t’écrire ces baisers
que je t’envoie
pour cette nouvelle année
pour ce jour qui vient et qui va
pour cet instant si bon
ce cadeau suprême
qui m’a fait te connaître
et pour ces questions
toutes ces questions
ces innombrables questions
chaque jour posées
que nous ferons désormais
de notre mieux
pour entendre
pour comprendre.

 

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La Méganité25.11.11

La Méganité est un mouvement philosophique fondé par PM en 2011.
Basé sur la richesse de l’inanité en tant que vide nécessaire au détachement, elle vise à aider chaque disciple à s’émanciper de ses tentations de possession et de conservatisme.

Quoique la Méganité n’intervienne pas dans l’organisation de la société et laisse à chacun la latitude d’exercer une profession, de fonder une famille et d’entretenir un réseau amical, les adeptes cultivent la reconnaissance de l’inanité en tant que source éternelle de bonheur.

Les méganistes se rassemblent chaque semaine dans des groupes nommées « orgue ». Le grand Orgue est l’interface qui dirige le mouvement.

On connaît de nombreuses célébrités adhérents aux principes de La Méganité et quoi que l’on n’en sache assez peu sur ses pratiques, La Méganité n’a jamais fait l’objet de poursuites et n’est pas inscrite dans la liste des sectes.

Pour en savoir plus, divers livres ont paru, notamment « Méganité Transcendantale » et « La Méganité du jour » ou encore « Un vide à créer = La Méganité ».

Si vous souhaitez rejoindre un orgue dans votre quartier, rendez-vous sur www.la-meganite.org

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L’ATTRAPE-RÊVES de Michel BUTOR23.11.11

Dormir avec toi retrouver
au moindre sursaut ton épaule
entendre ta respiration
mesure du temps qui me reste

Reste encore un peu près de moi
console-moi de ton absence
toutes les saisons de ta vie
teindront la roue de mes années

Tant d’autres fantômes défilent
dans les corridors du sommeil

Encore te voir et t’entendre
suivre tes conseils obéir
à tes subtiles suggestions
dans mes hésitations voraces

Moi qui suis si sec et si raide
cherchant à maintenir le masque
sans lequel je m’effondrerais
sans lequel je m’effondrerais

Tant d’autres fantômes défilent
dans les corridors du sommeil
montant descendant sans répit
les ascenseurs de la mémoire

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Souvenirs de L’Au-Delà10.11.11

Dans le temps que je n’étais plus de ce monde, je passais mes journées là-haut, dans les nuages. Je ne m’ennuyais pas et nous étions nombreux. Beaucoup de célébrités redevenues presque anonymes, des enfants de tout âges, hommes, femmes et animaux. Mais la terre me manquait. Je voulais redescendre pour câliner ma fille, lui dire que je l’aimais. Je voulais boire avec mes amis et faire des projets cons.
Alors je n’ai pas gardé patience indéfiniment. J’ai vu Dieu et ce Dieu là fait partie de ces dieux qui font un peu la sourde oreille.
« Oui, nous verrons ça plus tard. Allez vous asseoir en attendant, tenez, je vais vous présenter à untel, il a fondé tel empire… »
Mais je m’en foutais de ces gens décédés qui se complaisent dans une sorte d’immuabilité béate et à qui rien du bas monde ne semblent plus affecter jamais.
Un soir que Dieu passa en se plaignant de la conduite de je ne sais quel Saint, je l’ai prit par le col de son duffle-coat et je lui ai dit que c’était fini, que j’en avais ras le bol de ce paradis de mes deux et que je partais. J’ai claqué la porte et suis revenu sur la Terre.
Et bien croyez-moi, on est tellement mieux ici. Là, au milieu des miens, je vis, je respire, j’ai mal, j’ai faim, je bois, j’urine et je fais même l’amour avec une copine qui a un très beau visage et des seins superbes. Quand je pense que l’on passe sa vie à se plaindre de tant de choses futiles ou pas, comparés à ce qui nous attends plus tard… On ferait mieux de respirer et de profiter des emmerdements présents. L’au-delà, ça craint.

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En Lieu Sûr08.11.11

je te cambriole
ce n’est pas la première fois
mais cette fois,
ça ne rigole pas

J’emporte tout
ton passé, ta vue, ta vie, tes lèvres
tu seras la même avec moi
tu seras l’Eve qui met les bouts
L’Eve qui s’en va

Je te cambriole
sans effraction ni pied de biche
je m’introduis
et déniche enfin
les aréoles sublimes
de tes seins

Nous voilà sur les routes
et le décor change
mais ta jambe sous ma main
tu la veux plus loin
nous partons encore

tu es celle que je vole
celle que je dérobe
et ta robe s’envole
au vent si favorable
vent qui nous emmène
et vent qui nous entraîne

en lieu sûr

là ou personne
ne s’imagine
nous trouver un jour
là où moi seul
vais ton âme honorer
ton corps adorer

Femme que j’emporte
tu te laisses prendre
à ton gré
en douceur
Tu t’offres
à moi seul
qui connaît
la combinaison du coffre
dans lequel tu caches
le plus beau de tous les joyaux

Je te cambriole
et nous voilà partis
tous les deux
sans crainte
n’ayant laissé derrière nous
ni message
ni son
ni empreinte.

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Un Stock de Spleen03.11.11

Tandis qu’à Cannes on s’encabane
à Paris une femme accouche dans la rue
et perd son bébé

On a licencié
on s’est impatienté
on s’est suicidé
on a bu
on s’est endormi
et il pleut.

On ne sait plus trop qui est dieu

et la musique qui se contente d’être pas mal.

La faillite a la frite

elle veut s’étendre et se développer ailleurs
On met le paquet pour que ça foire

Mais alors qu’avant on faisait provision de sucre
aujourd’hui, comme il faut manger moins gras, moins sucré et moins salé

On emmagasine
on sauve
on empile

Un stock de spleen.

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Aux Filles et Fils de la Lignée02.11.11

Nous avons des principes et des craintes et des espoirs
nous n’aimons pas rester trop longtemps dans le silence et dans le noir
Il nous faut du courage pour penser, de la lumière pour dire et pour agir
Et quand la chance est là, tant mieux, si l’on peut la saisir.

Beaucoup de problèmes mondiaux ne se règlent pas sur un comptoir
Et les sommet suffisent rarement à comprendre ce que l’on ne veut pas voir
Malgré tout si la parole est libre, peux d’humains le sont
et sur l’amour, la haine se propage et les guerres s’enlisent à foison

À ce jour des conflits des catastrophes et l’ombre de la crise
submergent les médias ajoutant aux incertitudes une opaque brume grise
Un fou construit sa bombe à l’insu des présidents fatigués d’envahir sans cesse
des pays où les populations exsangues n’ont pas accès à leur richesse

Le monde n’est donc pas éclairé. Aucun chef pour assumer ses responsabilités.
L’argent a corrompu tous les échelons de toutes les sociétés.
Respire Monde insensé. Reprends toi. désarme celui qui prône la haine
donne à manger sans compter à tous et construit des maison dans les plaines.

Nous ne sommes pas là pour longtemps peut-être. Nous sommes voués à la fin.
Mais ce n’est pas une raison pour se battre ni pour mourir de faim
Donnons l’exemple irrationnel de ceux qui croient que fabriquer du bonheur
n’est pas une utopie et n’attendons pas de commencer toute à l’heure

Aujourd’hui est le grand jour de la prise de conscience
Le seul moment d’espoir qui soit en notre pouvoir de rendre immense
La crise, les guerres et les catastrophes vont peu à peu s’abîmer
sur l’arc en ciel sublime qui est sur le point de tout rallumer

Ne perdez pas confiance même au creux de la pire des tempêtes
car c’est à ce moment très précis que votre conscience projette
Parmi les faisceaux de ses visions exactes
La lumière de votre présence, de votre amour, de vos pensées et de vos actes.

Et sur cette lumière nous nous tenons, sans honte et sans crainte
et le monde d’hier qui croulait sous les plaintes
se trouve enfin le lieu de vie, de bonheur et de la fête
pour vous filles et fils de la lignée de la sagesse parfaite.

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Éloge de L’Émouvante Grèce Irrationelle01.11.11

La soi-disante irrationalité de La Grèce, par sa décision d’avoir recours à un référendum est une opportunité que nos dirigeants ne devraient pas avoir à regretter.
Premièrement, l’Allemagne et La France aurait du s’attendre à ce que La Grèce, dès qu’elle fut en mesure de le faire, affirme sa souveraineté et rappelle que la situation de l’Europe n’a en rien été améliorée depuis le dernier sommet européen.
Deuxièmement et c’est là l’axe principal d’une vraie pensée poétique pour une Europe et un monde poétique, la parole est au peuple et La Grèce, avec Homère, Sophocle, Euripide est bien le berceau poétique de l’humanité.
Il est impensable qu’un peuple poète se laisse réorganiser, se laisse domestiquer par le système qui l’a précisément anéanti.
Vive La Grèce et son référendum, sortons maintenant du capitalisme et entrons de plein pied dans le poétisme et ses citoyens poètes, acteurs vivants du grand poème de l’humanité !

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