Archives pour avril, 2008

Le Coucou Déménage04.30.08

Les quatres mois de mardis à l’Archipel ont pris fin hier soir après une traversée et un retour triomphal à bon port. Douze roses rouges, des musiciens éprouvés mais profondément heureux d’avoir mené à bien cette aventure marine. Ce ne devait être qu’un préambule à la destination chérie de Saint-Pierre et Miquelon, ce fut un vrai voyage, une épopée, un cap tenu jusqu’à la fin, jusqu’à ce mardi 29 avril dont les dernières paroles et les dernières harmonies furent énoncées dans un vagin.

En mai, le coucou Bürki s’installe tous les jeudis près de la place des abbesses, au Living b’art. Le matériel aussitôt démonté sera partiellement installé dans le XVIIIème pour un mois de micro performance ainsi qu’à l’espace jemmapes les 20-21-22 mai pour trois représentations exceptionnelles de TOTV (Théâtre ou thé vert?).

Bravo à tout ceux d’entre vous qui ont fait la traversée avec nous. D’autres paysages vierges sont à explorer. En route !

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Le Creuset des Médiums04.29.08

Le nez plongé dans son livre de compte, PM n’entendit pas vibrer son téléphone et laissa fléchir son mental sous l’accumulation du déficit extérieur. Pourtant, la nouvelle, comme une trainée de poudre s’était étendue à tout le réseau  et le principal intéressé ne fut au courant que lorsqu’il se décida mollement à interroger sa boîte vocale.

Orion Fred en personne lui réclamait un poème! Le plus grand interprète de tout les temps du nouveau siècle voulait du PM ! Poète Moderne, chez qui l’immodestie était comme une seconde nature fit envoyer un courriel spameux à sa liste qui commençait ainsi :

“Comme vous n’êtes pas sans l’ignorer, l’éminent OF s’est enfin décidé à étendre la largeur de son spectre en me commandant l’oeuvre qui manquait à son incommensurable répertoire. Aujourd’hui, les muses m’entourent et se pressent pour être, en cette heure spéciale, la favorite qui s’aura m’inspirer l’élégie ronde dont la circonférence devra inévitablement contenir le génie rotatif de votre serviteur…”

PM, oscillant entre une excessive confiance en soi et une haute dépréciation de lui-même, souffrait hors du creuset des médiums, de cette impossibilité de la modération qui nous fait parfois prendre conscience de qui nous sommes.

Car PM ignorait tout de lui-même. Il se rêvait. Parfois inférieur, parfois meilleur, il eut été plus au fait de sa personne si, semblable au choucas, il n’eut picoré un coin de ciel bleu dérobé à l’éternité du néant.

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Photovoltaïque, le MP3 solaire de la semaine !04.28.08

Nous cherchions, avec Pablo Krantz, qui jouait la plupart des guitares sur l’album “Après les dancings”, comment faire sonner sans batterie les titres plus ou moins récents que je voulais inclure dans le disque. Ainsi la plupart des titres ont été enregistré dans un hôtel particulier de l’ouest de Paris, pendant le printemps et l’été 2002.

Photovoltaïque m’est venu à Lausanne, pendant un Festival Green qui m’avait programmé. le soleil était de plomb et j’avais passé l’après-midi, sonné par le vin blanc local, à jouer ce morceau avec des Suisses que je recrutais pour former le soir même l’orchestre qui m’accompagnerait sur scène.

J’avais été, une heure avant le concert, en duplex avec Radio Nova pour slamer le texte de Photovoltaïque et j’avais eu droit à une humiliation amicale de François Rollin qui semblait être en décalage totale avec ce que j’étais en train de vivre sur les bords du lac Léman.

À mon retour à Paris, nous avons enregistré le titre. Après une première prise Live peu convaincante, la seconde, celle que vous pouvez écouter cette semaine, sera truffée d’époustouflantes lignes de guitares, toutes jouées par Pablo Krantz et dont l’enregistrement se fit, comme bon nombre de titres de cette époque en une seule nuit, avec l’ampli dans une chambre au bout d’un couloir, et dont les sons sublimes et tordus raisonné dans tout le quartier de la Muette

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Six Fours les Plages : un set serré04.28.08

À Six-Fours, lieu de mon enfance tennistique, je suis venu ouvrir pour les Têtes Raides à l’espace André Malraux. Une grande salle de 800 places, un parterre de marbre émeraude, pour laquelle Vincent Lechat (anciennement programmateur au Festival les Voix du Gaou) et son équipe ont visiblement la passion d’accueillir les artistes qu’ils aiment et la cultive de plus belle après s’être gentiment fait écarter du grand festival voisin qui souhaitait redorer d’une image plus commerciale et enfoncer le clou de la fadeur dans le paysage déjà bien aride de la garrigue musicale du sud-est.

En dépit de ces carences, le public est connaisseur, très chaleureux et j’entends même quelques fans me demander “Domenico” et autres standards. Sous-vêtu de la nouvelle ligne Bjorn Borg, le fait de confier avoir fait mes premiers pas dans cette petite ville du var me permettra de sympathiser (que peut-on de mieux accomplir?) avec les gens de Six-Fours et des alentours puisque j’avais fait de même quelques heures avant le spectacle avec le staff technique attablés et servis que nous fûmes par Dominique la brune et Sandrine la blonde pour l’une desquelles il fallut se déterminer entre deux plaisanteries parfaitement hétérosexuelles et du meilleur goût, je vous laisse deviner celle qui emporta la mise. Un indice, ce fut la même qui désapprouva mon manque d’engouement pour les desserts…

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MVNA (Mardi Vingt-Neuf Avril)04.24.08

Mardi soir prochain, c’est la dernière à l’Archipel après 4 mois de résidence-performances où vous êtes venus, souvent nombreux, parfois étonnés, toujours chaleureux mais jamais déçus sauf bien sûr (et il le fallait) pendant l’hymne “Ton Potentiel”.

Grâce à vous, le spectacle a prit corps et âme, les silences ont été malmenés, les chorégraphies esquissées, les mélodies se sont emparés du récit, le Poétisme a balbutié, articulé puis chanté à pleine voix.

Cet étrange album de “variét’ aristocrate” selon certains, “assez pop” selon d’autre a été lancé, et, sous vos yeux, (le grand dénouement), s’est amorcée la tournée du garçon.

Alors, avant de vous retrouver pour d’autres concerts, au gré de conversations futures, sur internet ou sur la toile réelle des ruelles de Paris et d’ailleurs, révisez vos refrains car je vous donne rendez-vous avec le personnel de bord, à l’ultime concert ce mardi 29 avril à 21H précise pour fêter dans la joie notre retour sur le continent après quatre mois passés dans L’Archipel. Pour recevoir votre invitation : walhallamusic@wanadoo.fr

Sur scène et dans la salle, vous avez surement entendu, aperçu ou croisé ces chères âmes à qui je dédie la satisfaction de la mission bien accomplie et à qui je dis : bravo, quel talent, cool, qu’est-ce que tu bois? Lionel Flairs : basse, choeurs, Matthieu Imberty : guitares Emiliano Turi : batterie, Agnès Parra : choeurs,  Gilles Gailliot : promo

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Deux Jours à tuer, un film de Jean Becker04.22.08

Comment un tourbillon de violence peut-il entraîner un publicitaire à bout de nerf (Albert Dupontel crédible à souhait) à quitter femme, enfants, amis, dire merde à tous, y compris à son père qu’il va retrouver en Irlande? La réponse est cachée, belle et grave dans la dernière ligne droite d’un film assez poétique, bien distribué (Marie-José Croze, Daphné Bürki) même si parfois découpé de façon abrupte.

Si la scène du pétage de plomb du dîner atteint son but et semble sur le point de lâcher toute cette colère rentrée, le malaise perdure et on ne suit pas toujours facilement l’itinéraire de ce personnage désespéré, l’humour discret que pourrait nous annoncer certaines scènes restant à l’état de suggestion.

Sur le générique de fin, le texte lu par Serge Reggiani vient-il indiquer qu’il revient à la poésie de prendre le relai du drame de ce grand film?

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MP3 de la semaine : Krikor remixe Après Les Dancings04.21.08

En 2002, je rends visite à Krikor dans sa haute Tour de Ménilmontant. Sa chambre entourée de machines sera l’antre idoine à l’indispensable remix de ALD, dont l’éponyme album doit sortir en octobre de la même année.

Krikor utilisera avec parcimonie le riff de noord lead et reprendra la production à zéro, rejouant les synthés pour livrer fatalement la version industrielle futur city d’un titre qui emprunte plus au Slam qu’à la chanson. Que faire de ce titre? Les deux versions ne peuvent cohabiter sur un même album, la version initiale est passée une poignée de fois sur Radio Nova, que faire de ce remix, habile mais radical?

Les directions s’éloigneront de l’électro, disparaitront quasiment totalement sur “La Luge”, même le titre ALD sera supprimé de la set liste de concert fin 2007.

Aujourd’hui, alors que le titre fait un retour salué en 4ème position Live à l’Archipel, l’occasion est parfaite pour redécouvrir ou découvrir l’audacieux remix stratégique d’Après les Dancings, MP3 de la semaine en écoute et en téléchargement, remix en 2002 par Krikor.

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France 24 sort un film de Ü04.21.08

Ils sont arrivés en mars, ils ont filmé, posé des questions, recueilli mes réponses, enregistré un concert et sont repartis monter le documentaire que voilà : Personnalités, Travis Bürki sur France 24.

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L’oeil usé de se voir04.18.08

Qui n’a pas eu mal aux yeux d’avoir trop vu. Rassembler à soi les souvenirs d’une vie, lutter contre le courant, ne pas se laisser dégager par le jour suivant, le jour de trop.

Je vois autour de moi se déliter les clans, s’évaporer les illusions, tomber les masques. Paris englouti les faveurs des innocents, Paris corrompt, Paris broie mais l’illumination est trop grisante pour s’en rendre compte. Les perspectives des ponts enjambant la Seine relient les hommes entre eux, dissolvent leurs querelles et le jour s’estompe, laissant la nuit ravir à chacun les dernières scories de la candeur. La nuit emporte l’humeur.

Quels que soient les buts, le mouvement se nourrie de lui-même, l’intense émotion de la tristesse doit être abandonnée au profit du recul. Le passant des bords du fleuve refuse d’abord de laisser, de déposer sa peine. Si précieuse est la mélancolie. Elle est, avec la solitude, un manteau qui réchauffe de bien des blizzards. Mais un manteau qui tient excessivement chaud. Un manteau de vison en plein mois d’août. Une combinaison de plongé dans le désert, un scaphandre sur le court de tennis.

Quel est le joyau? Quel est le diamant taillé? Quel est l’absolu? Est-ce le manteau? Dans la doublure?

Je vois qu’à force de se voir, mon oeil s’use. À moins que ce chlore ne l’irrite.

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Ba mwen an Feu Aimé Césaire04.18.08

Notre patrie poétique est en deuil puisque M16-R est mort hier. Sa poésie, sa grandeur intuitive continue de rayonner de par le monde et la langue de Molière, la langue de Hugo, la langue de Chateaubriand est aujourd’hui et plus que jamais la langue de Césaire.

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  • mp3 de la semaine



    • TRAVIS BURKI - OUI MON NOM - 2001
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vos commentaires

  • Cristophe: Je n'ai pas vérifié car je n'ai pas mes disques sous la main mais... n'y a t'il pas une autre version de...
  • krakowiak: Bonsoir, Est-ce bien du même album que tu parlais en janvier dans l'article "Les Apophtegmes du Web...
  • Nicolas Esposito: Comment dire, c'était... Une fête extraordinaire ;-)
  • Cristophe: Merci pour tous ces meupeutrois, il y a des perles !
  • krakowiak: Merci pour ces précisions, j'attends avec impatience la semaine prochaine pourr un nouvel inédit !
 
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    TRAVIS BÜRKI Ce garçon