Archives pour avril, 2008

La Lune en Bélier04.17.08

Lorsqu’enfin, la lune ne fut plus en bélier, PM, à qui cette information avait provoqué un immense soulagement, se rendit en bibliothèque afin de reprendre le cycle de conférences auquel il n’avait pu s’inscrire mais où, lui avait-on assuré, il resteraient quelques strapontins libres.

Assis en face de deux jeunes étudiantes ravissantes, PM était probablement le seul qui ne prit pas de notes et pourtant, bien qu’il eut les yeux rivés sur celle des deux jumelles dont la poitrine était la plus avantageusement valorisée, il écouta très attentivement le conférencier commenter les diapositives des photos et croquis consacrés à la renaissance italienne.

Baroque, PM l’était jusqu’au bout des ongles mais, trop confortablement éprouvé par les remous stellaires, il fini par s’endormir. Il lui fallait une nouvelle impulsion.  Son sac lourd de disques cellophanés lui rappela qu’une danse lui ferait le plus grand bien. Restait à trouver la cavalière.

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M16-R à l’Archipel04.16.08

Comme un fil rouge sur fond de négritude, M16-R fut l’invité de marque hier soir à l’Archipel, pour un concert sensible du Power Trio de guitares. L’excellent Alban Dereyer a ouvert pour nous avant de mettre le cap vers Bourges ou l’attendait ce jour un bain de foule autour du piano aqueux.

Le public était composé du célèbre architecte poétiste Aleskandar Malovic, De l’Agence Hartland Villa, nos graphistes officiels, il y avait la poétiste Emmanuelle de Malleray, dont les charmes et la camaraderie révèlent aux gens des coulisses la combinaison de ces deux qualités essentielles chez la Femme. Alice d’Orglandes, assistante d’Agnès Varda est venu montrer ses clichés antérieurs. Tous étaient là, de même qu’Arlette Moeller, pour tracer le fil rouge de la poésie extrême, de l’immense créolité de M16-R, notre patron sous l’égide duquel nos humbles rayonnements immodestes viennent se ranger, heureux de leur antillaise tutélarité.

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Nuage de Fumée04.15.08

PM accepta l’invitation à déjeuner qui commémorait l’intronisation d’une des jeunes membres de l’association des fumeurs de tabac blond. Ils étaient une courte trentaine amassés dans un salon de l’avenue Bosquet prêts à se ramoner les poumons séance tenante.

Quoi que récemment converti aux thèses de l’organisation mondiale de la santé, Poète Moderne se rendit au déjeuner, sélectionna parmi les différents plats la salade la plus digeste, omettant de se resservir trop abondamment de féculents, privilégiant les fibres, et fit la conversation avec sa belle soeur, une brune pétulante qui lui soufflait au visage les bouffées d’un cigarillo qu’elle mâchouillait tout en débitant à loisir des modules d’âneries si bien agencées qu’on les eut imaginé écrit à l’avance.

Le vin coulait à flot, les convives avaient parfois deux cigarettes à la main et lançaient les sujets de débats les plus polémiques avant de s’éclipser vers la cuisine histoire d’aller enfumer les enfants qui martyrisaient un chien âgé.

Minuit sonna, PM rangea son recueil de poésie moderne, sorti, roula jusqu’à sa marguerite préférée qui l’attendait à l’autre bout de Paris by night.

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Le Meilleur des Lundis04.14.08

J’avais, se dit PM, travaillé à ma comptabilité tout le jour, je pouvais bien m’octroyer une tasse de poudre de thé. En effet, PM dans le métro, c’est une vision assez pittoresque. Surtout les jours de déclaration de TVA où il traversait tout Paris pour aller chez l’expert de banlieue ouest.

Juste avant l’engouffrement dans le métropolitain, il se dit qu’il avait le temps de roder dans les plateformes ultra touristiques, genre de self service où PM se sentait à l’abri d’une rencontre trop convenue. Il aimait ainsi s’arrêter au milieu de ceux qui découvraient la cité labyrinthique, en se disant voyons voir ce que nous réserve de surprises cette urbanité vivant au pied de la Tour Effel.

Je l’ai mise en vente sur eBay la Tour Effel, confiait PM à sa banquière, ça pourrait vous rassurer sur l’exercice du semestre prochain, nan?…

En sortant de l’entretien qui n’avait pas duré deux jours, PM tombe nez à nez avec Léa, sa promise, sa terre léchée par les vents du sud et l’air marin, son archipel méridional, son minuit d’amour. Je t’ai cherché partout, dit Léa. Tu as donc des élytres plantées dans ton masque de laine?

Un doigt sur ses lèvres la fit taire et se lover contre l’imposant poitrail du poète musclé, PM, qui l’embrassa goulument. PM venait de lâcher l’avatar !!!

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En plein dimanche04.14.08

Endimanché de ses boîtes à miracles, PM prit la peine de ne pas renoncer malgré les gaz flatulents qui semblaient autour de lui les rayonnements d’une aura azotée. Cherchant de ses doigts ankylosés à composer le numéro de son cousin Eugenie Sokolov, Poète Moderne, qui avait eu la veille une conversation intéressante avec le portier du bath night club de sa rue au sujet des réceptions données chez un des caïds des nouveaux médias de l’époque et au cours de l’une desquelles il failli faire la connaissance de l’ex femme de la vie de l’anachorète par lequel il voulait ainsi nommer son géniteur paternel à savoir, sa mère, eu envie de sortir s’aérer.

Flanqué de la solitude qui sied tant aux poètes modernes, PM gravit le mamelon factice du parc septentrional avec l’idée d’admirer une des barres d’immeubles de la rue des Flandres. Une fois parvenu en altitude, il fit le point avec ses yeux, bien trop habitués à décrypter les pattes de mouches de Lucien de Rubempré, et jeta un regard au loin comme on vide un seau d’eau sale dans les waters lorsqu’il entendit une voix d’argent lui crier:

-PM, dors avec moi ce soir!

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Ton Fou04.14.08

Dès les premières séances d’enregistrement de l’album “ce garçon”, en mai 2006, ont surgis quelques arrangements, quelques idées et quelques chansons créés sur place et souvent à la dernière minute.

Ce fut le cas pour “Ton Fou”, MP3 de la semaine, titre écrit, composé et enregistré dans la même journée du 19 mai au Studio Polygone. Piano-voix dont a été retenue la deuxième prise et sur la fin de laquelle vient conclure le violoncelle d’Elsa Fourlon, quelques minutes avant son retour vers Paris.

Chaque semaine sur le blog un MP3 inédit, en écoute et en téléchargement, parfois enregistré en studio, parfois simple maquette à l’échelle et pourquoi pas recueilli en concert. Les concerts à l’Archipel se termineront les mardis 22 et 29 avril sous une écume de champagne le 29 et en présence du grand orchestre au complet le 22.

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Une pensée pour Aimé Césaire04.11.08

Aimé Césaire, qui est dans un état préoccupant au CHU de Fort-de-France. Né en 1913, Cet immense poète français, créateur de la Négritude, ami de Breton et papa spirituel des Chamoiseau, Confiant, a écrit Cadastre, dont voici un extrait “Mon eau n’écoute pas, mon eau chante comme un secret, mon eau ne chante pas, mon eau exulte comme un secret, Mon eau travaille et à travers, tout roseau exulte, jusqu’au lait du rire, mon eau est un petit enfant…” Le poème s’appelle Soleil et eau. Avec toi Aimé Césaire, c’est toute la poésie du monde qui exulte.

Comme un jour merveilleux, que le soir vient clore, où nous dirions au soleil non, ne descends pas encore, nous te disons Aimé Césaire, non, n’éteins pas encore, à nos yeux émerveillés, le jour merveilleux de ta vie, de ta lutte, créole, internationale et précieuse pour nous tous.

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Stones Scorsese Sexy Sexas04.10.08

Le film des Stones par Scorsese, clairement intitulé “shine a light” est sans conteste une ode aux sexagénaires fougueux. L’avenir d’une société bien conservée, poussant les limites de l’espérance de vie au point que l’age de la retraite pour certains coïncide avec une nouvelle conception de l’age d’or pour d’autres.

À l’image de Mick Jagger, funambule longiligne et efféminé, sorte de chatte énergique, de Keith Richard, désormais pirate aux yeux entourés de noirs, tout aussi gracieux, on est forcément envieux des rides profondes de leur visage, de la peau tannée et usée de leurs bras comme si la norme, peu à peu, après nous avoir bassiné avec une apologie infinie du jeunisme inexpérimenté venait d’un seul coup d’un seul nous rappeler que la classe ultime, en cette fin de première décennie du siècle 21 c’est d’être un super vieux.

Les morceaux sont puissamment torchés, la lumière est explosive de contrastes et de force, chargée de particules, multicolores, ça sent le flash brûlant et les watts à bon volume. Même Bill Clinton est venu les présenter, même lui, bon sexa tenant la main d’Hillary, impressionne la pellicule magique du non moins sexa Scorsese. Les scènes hors concerts, archives montées, commentaires du réalisateur mettent en scène des Rolling Stones à la fine répartie, immortels, légendaires et Marty Scorsese, avec son aigre voix nerveuse est aussi drôle que Woody Allen.

La médaille du vieux vraiment vieux ira à Charlie Watts le batteur que les années n’ont pas ménagé et celle de l’hyper attachant cadet du band à Ronnie Wood. Quelle chance d’être sur une planète habitée par les Stones!

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Le feuilleton04.09.08

Le poète était visiblement fatigué. Il est stupéfiant de voir à quel point le choix de l’angle de vue peut faire varier du tout au tout l’interprétation des évènements. Le poète moderne, initiales PM était donc au bout du rouleau. L’énergie disait Paul Arden, c’est 75% de la réussite du projet, PM en était à 30% maximum. Son inconscient, habitué de jouir de toute situation qu’elle fut réussite ou échec, semblait avoir cette fois-ci privilégié, méticuleusement mis toutes les chances de son côté pour échouer lamentablement.

PM tentait l’ultime chef d’oeuvre, prêt à retravailler son recueil, mais ses éditeurs, son personnel de bord, sa cour, tous ces gens prêt à tout pour rester dans le périmètre de son rayonnement se dérobaient à ses regards, semblaient périr avec lui.

Parfois, le matin, saisi par les vagues de grands froids qui venaient frapper sur le carreau de sa fenêtre, postant son billet quotidien qu’il adressait à un aréopage inconnu, il s’endormait un instant, comme définitivement. Le silence le réveilla. Quoi qu’il fut certains de n’avoir reçu aucune visite, il venait de découvrir un sentiment tout à fait nouveau, une force indescriptible s’était mue en lui et lui dictait, mot à mot, les prémisses d’une élégie majeure, fondatrice de la pensée poétiste.

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Chiner le revers de la médaille04.08.08

À force d’optimisme, on fini par être déçu et comme disait Paul Arden, “Pourquoi viser l’excellence alors que tout nous incite à la médiocrité?”. Les sportifs se devraient d’être exemplaires et s’opposer à la répression faite par les Chinois au Tibet. L’apolitique de leur position peut seule permettre une entrée concrète en négociation pour préserver l’autonomie du Tibet. La question doit être traitée en évitant de donner des leçons à un Pays susceptible et ultra puissant. Que les sportifs participants aux Jeux se mettent au courant de la situation et adoptent une position qui incitera, obligera la Chine à apprendre à jouer fair-play et accepter d’appliquer les droits de l’homme.

Sans quoi, les diverses positions plus ou moins hypocrites des dirigeants politiques risquent bien, une fois de plus, d’être inutiles au mieux et dangereuses au pire, si elles sont trop abrupte. Le boycotte des cérémonies d’ouvertures pourrait être, en ce sens une erreur.

L’idée que les coureurs du 100 mètres s’arrêtent à l’unisson au milieu de la course et demandent l’autonomie du peuple tibétain serait un geste beaucoup efficace. L’important n’est-il pas de participer? Aux jeux, oui mais pas à l’éradication d’un peuple par un autre. La balle est dans le camps des sportifs.

Quand à moi, je boycotte l’article de ce matin dans Libération.

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    • T'AIMER A NOUVEAU - LA LUGE - 2004
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vos commentaires

  • krakowiak: Bonjour, J'adore "T'aimer à nouveau" en effet et j'adorerais encore plus découvrir d'autres chansons...
  • Cristophe: Ca me rappelle mes vacances petit chez ma grand-mère, quand j'entendais à la radio le "Stop ou encore"....
  • corinne: La chanson "Chamallow", qui nous remplit la bouche, nous apporte une douceur sucrée, nous sature un peu sur...
  • Nicolas Esposito: C'est juste ce que l'on appelle un tube ;-)
  • krakowiak: Merci infiniment pour ces trésors que tu nous distilles chaque semaine ! Et encore tant à découvrir !...
 
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    TRAVIS BÜRKI Ce garçon