Archive pour juin 9th, 2008

L’Aubaine d’Ébène09.06.08

PM en était à son seizième tour de terrain, chronomètre en poche quand il se résolut à interroger sa boite vocale. Assis sur un monolythe de porphyre, face au fleuve que descendaient une ribambelle de pirogues au bord desquelles crachaient par milliers les watts d’amplis de guitare, il écouta machinalement les douze ou treize messages que ce lundi soir venait de moissonner.

Son état d’esprit était fade. Il souffrait le martyr mais pour lui, toute douleur intense était refoulé et qualifiée aussitôt de fadeur excessive. Il aurait pu endurer bien des peines, bien des privations mais la vie se contentait de lui faire alterner plaisirs et infimes contrariétés (que PM avait alors du mal à supporter). Moins la vétille était grave, plus se plaignait PM.

Dans ce tableau ennuyeux de jeune hypocondriaque gâté par le vie, remontant le cours du fleuve, PM fut interpelé par ses deux cousines ivoiriennes et répondit favorablement à leur invitation.

Bonne chère, vin de Bordeaux, marijuana exquise, les voilà tout trois dénudés, avachis sur du satin purpurin, qui massant l’autre à bouche que veux-tu, dans une ambiance d’encens aphrodisiaque, sur un fond musical afro, entre mêlant leurs soupirs et gémissements moites de caresses, commençant du mieux possible cette semaine par la plus torride des nuits.

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Apophthègme P309.06.08

Phrase ayant valeur de maxime. C’est de loin le titre le plus mégalomane de l’album Télégraphe. J’ai hésité avant de publier ce mp3 car je souhaitais en faire une version live et l’inclure dans un prochain spectacle et puis je me suis dit qu’après tout, les lecteurs auditeurs de ce blog seraient bien à même de profiter en amont de la version initiale de ce titre instrumental composé et enregistré en 1997 à Télégraphe.

Apophthègme, dans les deux années qui suivirent, a souvent été utilisé comme introduction aux concerts donnés au Web Croissant et sur une base basse en Mi bémol, se prolongeait des vers en quatorze pieds dont les premiers furent « Après ton départ pour les Indes je sombrais dans l’angoisse » ou encore « Bienvenue à vous tous dans le hall de l’hôtel de France« .

Ces fameux poèmes en 14 donnèrent lieu à des titres plus connu comme « après les dancings » ou « XXL ». Tous ces vers proviennent de la même époque, c’est à dire de l’an 2000.

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Roger Fend le Coeur09.06.08

Assommé dépassé sous les coups tonitruants de Nadal, Federer s’incline après vingt deux jeux dont dix-huit perdus en finale de Roland Garros. Comment expliquer que notre déception pourrait aller au delà des raisons habituelles faisant suite à toute défaite cuisante et notamment celle de nous priver d’un spectacle que nous aurions souhaité plus disputé.

Oui, ce numéro un ne l’est que sur la plupart des surfaces exceptée la terre battue comme lui. Oui, son humour après le match rend Federer palpable de sympathie, lui si fermé pendant le match.

De l’autre côté, une telle supériorité chez Nadal ne peut facilement émouvoir.

Concluons-en que pour être transporté par un spectacle sportif, nous avons besoin de nous y retrouver, de donner une chance à chacun. Or, ce dimanche 8 juin 2008, pas de chance, nous fumes plus sonnés qu’émus. Prise marteau. K.O.

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