L’Aubaine d’Ébène • 06.09.08
PM en était à son seizième tour de terrain, chronomètre en poche quand il se résolut à interroger sa boite vocale. Assis sur un monolythe de porphyre, face au fleuve que descendaient une ribambelle de pirogues au bord desquelles crachaient par milliers les watts d’amplis de guitare, il écouta machinalement les douze ou treize messages que ce lundi soir venait de moissonner.
Son état d’esprit était fade. Il souffrait le martyr mais pour lui, toute douleur intense était refoulé et qualifiée aussitôt de fadeur excessive. Il aurait pu endurer bien des peines, bien des privations mais la vie se contentait de lui faire alterner plaisirs et infimes contrariétés (que PM avait alors du mal à supporter). Moins la vétille était grave, plus se plaignait PM.
Dans ce tableau ennuyeux de jeune hypocondriaque gâté par le vie, remontant le cours du fleuve, PM fut interpelé par ses deux cousines ivoiriennes et répondit favorablement à leur invitation.
Bonne chère, vin de Bordeaux, marijuana exquise, les voilà tout trois dénudés, avachis sur du satin purpurin, qui massant l’autre à bouche que veux-tu, dans une ambiance d’encens aphrodisiaque, sur un fond musical afro, entre mêlant leurs soupirs et gémissements moites de caresses, commençant du mieux possible cette semaine par la plus torride des nuits.


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