L’imprésario joue du triangle • 10.31.08
Il se trouve que la pétulante Pétula ne capitula qu’à la tombée du jour. PM l’avait saoulé de déclarations, lui avait dédié trois poèmes successifs et s’était même coiffé d’une perruque de faux cheveux frisés pour la dérider. Elle avait d’abord repoussé chacune de ses avances en lui disant qu’elle était déjà engagée avec son imprésario, puis concéda que c’était de l’histoire ancienne mais qu’il restait du sentiment, pour finir il n’y avait ni sentiment ni imprésario mais elle avait besoin de temps avant de se déshabiller.
Le téléphone bleu raccroché, PM vainquit sa timidité, approcha ses lèvres de celles de Pétula qui mit sa main droite sur la jambe gauche de PM tandis que ce dernier avança son pied droit pour dessiner une sorte de triangle parfait sur le sol formé par l’escarpin délicatement arc-bouté sur la cheville de la jambe gauche de PM qui embrasse Pétula.
La lampe de chevet, le petit secrétaire marqueté, la commode Louis quinze, le tapis persant aux motifs arabisants, l’étendoir de plastique blanc, le fauteuil ikéa, la liseuse en acajou, tout s’accordait parafaitement avec les cris de bêtes poussés par Pétula que PM honorait d’un désir rageur et fulgurant.
À cinq heures du matin, un orage éclata à mille kilomètres en amont de la cote d’Opale rendant ainsi impossible le fait que PM et Pétula aient pu en avoir connaissance. Lorsque PM se leva pour aller faire quelques ablutions sur les bords de la rivière dont l’eau que la température voisine de zéro degrés rendait presque aussi claire que l’inanité, il remarqua que le ciel était d’un vert turquoise.
Quand il revint se coucher, il vit la sublime Pétula endormie. Il fit glisser doucement les draps pour la dévêtir et regarder ce corps splendide. Ce spectacle l’ému au point qu’il se jura de proposer le lendemain matin à Pétula de devenir son imprésario.


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