Archives pour octobre, 2008

L’imprésario joue du triangle10.31.08

Il se trouve que la pétulante Pétula ne capitula qu’à la tombée du jour. PM l’avait saoulé de déclarations, lui avait dédié trois poèmes successifs et s’était même coiffé d’une perruque de faux cheveux frisés pour la dérider. Elle avait d’abord repoussé chacune de ses avances en lui disant qu’elle était déjà engagée avec son imprésario, puis concéda que c’était de l’histoire ancienne mais qu’il restait du sentiment, pour finir il n’y avait ni sentiment ni imprésario mais elle avait besoin de temps avant de se déshabiller.

Le téléphone bleu raccroché, PM vainquit sa timidité, approcha ses lèvres de celles de Pétula qui mit sa main droite sur la jambe gauche de PM tandis que ce dernier avança son pied droit pour dessiner une sorte de triangle parfait sur le sol formé par l’escarpin délicatement arc-bouté sur la cheville de la jambe gauche de PM qui embrasse Pétula.

La lampe de chevet, le petit secrétaire marqueté, la commode Louis quinze, le tapis persant aux motifs arabisants, l’étendoir de plastique blanc, le fauteuil ikéa, la liseuse en acajou, tout s’accordait parafaitement avec les cris de bêtes poussés par Pétula que PM honorait d’un désir rageur et fulgurant.

À cinq heures du matin, un orage éclata à mille kilomètres en amont de la cote d’Opale rendant ainsi impossible  le fait que PM et Pétula aient pu en avoir connaissance. Lorsque PM se leva pour aller faire quelques ablutions sur les bords de la rivière dont l’eau que la température voisine de zéro degrés rendait presque aussi claire que l’inanité, il remarqua que le ciel  était d’un vert turquoise.

Quand il revint se coucher, il vit la sublime Pétula  endormie. Il fit glisser doucement les draps pour la dévêtir et regarder ce corps splendide. Ce spectacle l’ému au point qu’il se jura de proposer le lendemain matin à Pétula de devenir son imprésario.

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La Fête au Froid10.30.08

La mansarde s’était transformée en bassin de bain moussant. Le thermostat du chauffage central était poussé à fond, les invités fumaient. Évidemment, novembre est un mois difficile dans l’hémisphère nord. L’hiver globalement est une saison que la société occidentale refuse. Les couches aisées rompent la chaine du froid en passant deux semaines sous les tropiques, les plus sportif guettent les flocons pour partir skier, les autres subissent mais tous, sans exception, refusent l’hibernation et la baisse d’activité que cette saison nous impose.

Pourtant, le printemps à venir réclamera de nous tellement d’énergie, d’audace, de courage que nous devrions absolument suivre la courbe de la température extérieure. Or, non seulement la société ne veut pas réduire son activité mais a tendance à voir augmenter considérablement son stress.

C’est pourquoi les gens fumaient dans la mansarde. Y compris ceux qui avaient bravement cessé quelques années auparavant, tous ou presque s’y remettent. L’alcool, les drogues, le tabac, tout concourt à dissiper de façon illusoire l’angoisse de ne pas savoir faire face à l’hiver.

Nous oublions une chose essentielle : ce n’est pas à l’hiver que nous faisons face mais à nous même.

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La parole hiémale10.28.08

Au commencement était la parole. Peu de choses furent dites mais l’essentiel tint en quelques mots. Le tout fut d’être là au bon moment et surtout de noter ces indispensables mots. Crabe, phoque, canard, grenouille, thermomètre…

Le bleu du fond de la piscine égayait la fadeur laiteuse du ciel. Pourquoi ne buvez-vous plus de lait? Parce que le soja est plus digeste, bon. Ce matin, je me suis promené sur les bords de Seine, l’eau était calme, avant neuf heures, la Seine est toujours calme, la navigation ne commencant qu’après ce moment là. Les arbres qui n’avaient pas encore perdus leur feuillages abritaient des mésanges de bonne humeur, j’ai pris le pont de Solférino et réalisé qu’il se nommait Passerelle Senghor.

Au delà du Grand palais, un ciel encore incertain paraissait avoir gardé les traumas du coucher de soleil de la veille. Comme un lit défait, le ciel, où les anges se couchent avec le soleil.

La semaine d’automne parfaite ressemble à ce genre de mardi sec et frais entouré d’un lundi et d’un vendredi pluvieux. Pourquoi répondre aux invitations? Pourquoi se rendre à des fêtes? Mon naturel consiste à appréhender certains bonheurs. Comme si tout constituait un péril relatif. Voir untel, revoir untelle, l’émotion du grand blanc, pas prêt, trop tôt, rester en retrait, c’est l’hiver, nous fêterons le printemps, l’été, l’hiver c’est bon pour l’hibernation.

Bon anniversaire à ceux qui sont nés en octobre. Boire de l’eau, même en hiver.

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La Quarantaine10.27.08

Nous sommes entré dans la période bleu dont l’intitulé technique comporte quarante caractères abrégés par 3BK. Cette époque va du lundi 20 octobre au dimanche 30 novembre. Quarante jours de restructuration pendant lesquelles nous essayerons de ne pas nous impatienter, de ne pas trop s’émouvoir et enfin et surtout, de tenir le choc de l’inaction.

Trop habitués que nous sommes à dire que nous agissons et par conséquant à agir, même en dépit du bon sens, la décision de cesser d’agir est contraire à toute forme de vie humaine basée en occident dans les années zéros du vingt-et-unième siècle.

Et pourtant, les évènements présents et à venir vont progressivement nous inciter à l’inaction. Cela ne saurait signifier ni être indifférent, ni cesser de faire ce qui est bon pour le monde. Au contraire, l’inaction qui durera pendant quarante jours viendra simplement mettre un terme à une séries d’actes destructeurs.

Le monde puisera dans cette quarantaine la force necessaire à l’action à venir et bénéficiera des faveurs de la chronologie pour mener à bien la mission qui lui incombe depuis que la nuit des temps a laissé place au grand jour.

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Le Mug10.24.08

Ce matin là,  enveloppée dans une robe de chambre à carreaux, Jeanine buvait son café dans un grand mug jaune. Quand le carillon tinta, elle fit un geste qui entrouvrit la robe sous laquelle sa nudité était totale. Son minou noir de jais foisonnait de poils soyeux qui dessinait un rectangle légèrement oblong à son sommet et dont la base laissait deviner d’amples lèvres humides.

PM s’approcha et bu à son tour dans le mug brûlant que lui tendit Jeanine et duquel s’échappait d’ondulantes volutes de vapeurs caféinées. Il posa la tasse sur la table et fit s’entrouvrir davantage la robe de laine écossaise de Jeanine, dont les battements de coeur s’accélérèrent. Les yeux fermés, la tête renversées en arrière, elle mit ses longs bras nus autour du cou de PM qui appliqua sa main grande ouverte sur le sexe chaud de Jeanine.

Tandis qu’il lui caressait doucement la vulve en y entrant superficiellement avec les doigts, PM  dévorait les seins lourds et majestueux de jeanine, qui soupirait. De plus en plus exitée par les caresses profondes de PM, Jeanine fit descendre ses mains pour dénouer fiévreusement la boucle de ceinture de PM, ouvrir la braguette de son pantalon pour en extirper un sexe dur et imposant  qu’elle suça goulument.

Lorsque  Jeanine fut totalement exitée, PM la releva par la taille, la fit asseoir les jambes écartées sur la table, et la pénétra.

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Et deux Travis Bürki, deux !!!10.21.08

Sur mon séjour suisse un précédent post fait état d’un concert illuminé par le daim et de l’ascension d’un écureuil aux sommets des Alpes. Il faut aussi faire justice à Patrick, barman de La Parenthèse qui baptisa le temps de deux soirées bien arrosées ce cocktail  de mon nom.

Faut-il donner la recette du Travis Bürki? Pour n’inciter personne à la consommation d’alcool et éviter de faire de la publicité gratuite à des marques de boisson, je recommande simplementà tout amateur potentiel de ce cocktail de s’approcher du comptoir de La Parenthèse, de demander Patrick (en général, vers onze heures, il est accaparé par la préparation de shots enflammés) et de lui commander la potion éponyme.

Il semble d’ailleurs que ce ne soit qu’une version amincissante et raffinée d’un grand classique de soirée. On the Rock. Avec Paille !

De plus, après que François Rollin ait nommé le Travizia en amont de son entrée dans la nomenclature de la roseraie de baguatelle et connaissant ma préférence pour les boissons locales de La Martinique, nous aurions pu imaginer un mélange moins américain. Toutefois, même si Travys Bürki est un nom Suisse, il est utile de signaler qu’un grand nombre de parents ont émigrés aux Etats-Unis au cours des siècles précédents, ce qui justifira sans contest le choix des substances du cocktail détonant que je consomme quand il est tard, quand il fait chaud, quand la musique est bonne!

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Un écureuil plane10.20.08

La salle chaleureuse et longiligne de La Parenthèse s’est ouverte ce vendredi soir et le public n’a d’oreille que pour “la petite cochonne”, “Bambi Luz” et “l’orgasme”. Évidemment, cela ne fait qu’encourager l’artiste à plus de communicabilité, la version de “deux points tiret ouvrez la parenthèse” constituant en cela un pic d’assiduité de la part des spectateurs réunis ce soir là à Nyon, haut lieu musical de la côte.

Après le concert et quelques dédicaces d’album, je signerai même sur l’avant bras d’une jeune fille lorsque nous serons en rupture de stock de disques, je regagne mes loges et retrouve l’équipe pour improviser sur une bande son jusqu’au coeur de la nuit. Il m’a été stipulé que le lendemain m’attend une surprise.

Je n’ai pas souvent droit à une surprise. Une heure de route plus tard, en début d’après-midi de ce samedi 18 octobre, sur le tarmac de l’aéroport d’Annemasse, je comprends, en montant à bord d’un hélicoptère écureuil, que nous allons survoler le Mont Blanc. Le décollage a lieu, je réfléchi un instant à savoir si j’ai eu le temps d’organiser l’exploitation post mortem de mon oeuvre au cas où ce vol marque la fin d’une existence somme tout assez heureuse.

Trente minutes plus tard, ma peur se dissipe légèrement à la vue de l’époustoufflante beauté des montagnes vues d’en haut, le pic du midi, l’aiguille du midi et enfin, surplombant la mer de glace, majestueux, unique sommet culminant à 4810 mètres,  le Mont Blanc.

Vous déduirez à la lecture de ce post que l’hélicoptère nous a ramené à bon port. Merci Ben et Séb d’avoir osé me surprendre et m’offrir l’intense émotion de l’envol. Sachez qu’un hélicoptère, en cas de panne de moteur, est habilité, grâce à la vitesse de sa chute, à planer car les pales se remettent à tourner lui permettant  de planer et de se poser.

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Muer comme une Harpe10.16.08

Après le passage de trois tornades successives qui avaient très partiellement détruit l’annexe de son pavillon, PM bigophona son architecte et néanmoins ami Jean Pignon de la tour du Pin, un cousin issu de germain du poète Patrice pour tout reconstruire, pour tout reconstruire, “elle n’a qu’à ouvrir l’espace de ses bras” dit PM en regardant les yeux fermés la mer au large de Guérande sous la pluie, à qui Jean prêtait des tendances narcoleptiques.

Pas du tout, j’ai fêté hier soir et rangé la cuisine jusqu’à cinq heures in the morning.

Bon, alors, faisons le tour du proprio… ça c’est cassé, ça y faut refaire, ça je verrais bien une paillote à la place et là, tiens toi bien, un BBQ façon forêt noire, un truc qui se balance et qui fait que la viande ne brûle jamais.

Jamais?! Ce mot mérite d’ouvrir une parenthèse. Tiens, quand j’étais plus jeune, les autres voulaient tous monter leur affaire ou reprendre celle du paternel moi, je pensais qu’à une seule chose : ouvrir une parenthèse. Là, au bord de l’eau, pour les gens de passage, les touristes, les afficionados du bastringue, les illuminés du sas, les partisans des facéties tragiques, les merlus du ponty, à l’instant t.

Oui, cela fait un peu bric à brac votre parenthèse, conçut Jean en chargeant la barque de briques et de bocs de bières. Tiens, je te présente ma soeur Mélinda.

PM se mit à la harpe et improvisa l’une des meilleures litanies qu’il n’avaient jamais repiqué. La sirupeuse et nymphomane créature sentit le joyau d’entre ses jambes s’humidifier et sans attendre la fin du récital, arracha PM à son instrument et le chargea à bord d’un pick-up qui, sitôt démarré, disparu dans la brousse.

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Le Nouveau Zêle10.14.08

Après avoir admiré le dernier clip de MGMT, PM navigua et entra dans le tableau de Raoul Dufy pour plonger dans l’eau bleu de chine de l’anse peinte en 1937.

Hier, PM retourna écouter un concert au set de la butte. Cette salle rouge, flanquée de poutre de vieux bois massif, associalement tenue par une groupe de jeunes gens sympathique gagnerait à être acoustiquement adoucie. Au dessus de la scène, PM aurait bien vu une espèce de draperie de toile tendue, doublée de passementerie qui redirigerait l’onde sonore vers la salle en atténuant ses réverbérations aiguës.

Le groupe sur scène joue d’excellentes chansons nourrie de voyages dont voici narré l’un d’entre eux. Johana et Guillaume font le tour du monde en 2005 et prennent un peu au hasard la route de la Nouvelle Zélande. Ils imaginent sans doute un îlot comparable à l’Australie, en plein mois d’août, pourquoi pas, ils réservent  à l’avance un Van et accostent sur l’île.

Sauf qu’au mois d’août, dans l’hémisphère sud, c’est l’hiver. les voilà donc rendus par 0°degrés celsius, à traverser une zone désertique, vide de touriste et d’habitants. De là viendront les muses fraiches et solitaires qui inspireront au duo d’A13, qui a su s’entourer d’un vrai bon groupe sur scène, les chansons très réussies de leur premier album. Nous les référencerions volontiers dans un no man’s land musical où aucun groupe français n’ose aller, pas si loin de Mercury Rêve, une sorte de Nouvelle Zélande en hiver quoi…

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octobre bleu10.13.08

C’est par une fin d’après midi d’une journée très ensoleillée du mois d’octobre que PM fit un bilan de son existence. Né outre mer au siècle précédent, ayant grandit au milieu des animaux sauvages, éduqué par un club de lions pour finir diplômé d’un institut de fabrication de quadratures de cercle, il n’était pas revenu mentalement sur ses pas depuis seize années.

Seize années pendant lesquelles il avait vécu au jour le jour, consommant chaque seconde avec la conscience de savourer un met rare, éphémère et d’un valeur monétaire incommensurable. Il s’était endetté pour croquer la vie à pleine dent.

Pourtant, ne possédant absolument rien, respirant à peine, de peur de voler l’air à quelqu’un, PM s’était persuadé d’avoir emprunté sa vie et par conséquent qu’il la “devait”.

À Jésus-Christ ?

À Freud?

À Bouddha?

Le mois d’octobre suivit son cours. Les nuages embaumèrent la radiété claustrale bleu klein du ciel. Un vent très doux fit une caresse de fraicheur sur les joues de PM qui sourit et sentit combien l’une de ces trois entité, peut-être les trois, et sans doute d’autres encore lui témoignaient une totale confiance et, de ses jours et de ses nuits, lui faisaient le moins contraignant de tous les crédits.

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    • COMMUNIQUE - TRAVIS BURKI - 2008
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  • travisburki: Le temps comme élastique est tour à tour objet de préoccupation majeure dans la mesure où il semble...
  • krakowiak: Communiqué bien reçu. Merci pour tous les morceaux généreusement livrés ces derniers mois et pour...
  • Cristophe: Merci aussi au pilote de l'hélicoptère car même s'il peut planer...
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  • Nicolas Esposito: Je voulais venir... J'avais un tournage... Y avait-il d'autres caméras ?
 
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