La parole hiémale • 10.28.08
Au commencement était la parole. Peu de choses furent dites mais l’essentiel tint en quelques mots. Le tout fut d’être là au bon moment et surtout de noter ces indispensables mots. Crabe, phoque, canard, grenouille, thermomètre…
Le bleu du fond de la piscine égayait la fadeur laiteuse du ciel. Pourquoi ne buvez-vous plus de lait? Parce que le soja est plus digeste, bon. Ce matin, je me suis promené sur les bords de Seine, l’eau était calme, avant neuf heures, la Seine est toujours calme, la navigation ne commencant qu’après ce moment là . Les arbres qui n’avaient pas encore perdus leur feuillages abritaient des mésanges de bonne humeur, j’ai pris le pont de Solférino et réalisé qu’il se nommait Passerelle Senghor.
Au delà du Grand palais, un ciel encore incertain paraissait avoir gardé les traumas du coucher de soleil de la veille. Comme un lit défait, le ciel, où les anges se couchent avec le soleil.
La semaine d’automne parfaite ressemble à ce genre de mardi sec et frais entouré d’un lundi et d’un vendredi pluvieux. Pourquoi répondre aux invitations? Pourquoi se rendre à des fêtes? Mon naturel consiste à appréhender certains bonheurs. Comme si tout constituait un péril relatif. Voir untel, revoir untelle, l’émotion du grand blanc, pas prêt, trop tôt, rester en retrait, c’est l’hiver, nous fêterons le printemps, l’été, l’hiver c’est bon pour l’hibernation.
Bon anniversaire à ceux qui sont nés en octobre. Boire de l’eau, même en hiver.


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