Archive pour mars 2nd, 2009

Oraison Limitrophe, Grand Amour02.03.09

C’était un rituel et il faut être organisé pour l’apprécier. Cela commençait avec la pression sur l’interphone suivi d’aucune réponse. Aussitôt, l’impatience montait. Le jeune PM voyait chaque matin sa ponctualité mise à mal par le retard de sa camarade. Une seconde pression sur l’interphone finissait par créer une sorte de tressaillement dans le haut parleur et l’une des sœurs disait « Allo, O descend ».

Parfois, O attendait avec PM devant la voiture du père de O qui ne semblait jamais pressé de les emmener. La voiture démarrait au moment où les élèves devaient déjà commencer à se presser dans la salle de classe. Et c’était comme ça chaque matin, le rituel du retard, du détour par le secrétariat pour obtenir l’autorisation d’entrer et enfin, pire encore que tout le reste, le cours, le lycée, l’école.

À l’heure du déjeuner, de nouveau dans la même situation, seule la voiture avait changé, O et PM rentraient déjeuner. Puis repartaient en début d’après midi et revenaient le soir, ensemble, comme un couple d’inséparables. 

Cette situation forcée avait fait s’irriter ces deux êtres l’un contre l’autre. O avait dit à PM qu’elle l’aimait. PM ne voulait plus d’amour. PM ne voulait plus de rituel. Plus d’école, plus de covoiturage, un jour, il voulu marquer de façon indélébile la haine qu’il portait à O et cracha sur son manteau. O fut offusquée et porta plainte auprès de Madame le Proviseur, qui entra sauvagement dans la salle de classe, se dirigea vers PM et lui infligea la pire gifle qu’il ne reçut jamais.

Dix ans plus tard, alors que PM commençait sa carrière de héros de blog, une lettre lui appris la disparition de O. PM ne voulu pas croire à la fin de celle qu’il s’était refusé d’admettre comme étant son premier amour. O était une jeune fille splendide, de grande taille et qui avait hérité de sa mère mannequin de grands yeux subtils et de généreuses formes bien réparties. PM partit alors à sa recherche.

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