Pendant que PM étudiait de nouveaux dialectes en vue de percer à jour le secret du code d’accès qui allait lui permettre d’être heureux de façon quasiment absolue, Olga travaillait. Quel était son emploi? PM l’ignorait mais savait que cela permettait à leur couple de subvenir aux charges du foyer.
Après huit heures sans interruption passées dans la bibliothèque de la faculté, PM sortait se défouler avec d’autres étudiants. En général, ils laissaient libre cours à leur folie et commettaient parfois des actes qu’ils regrettaient le lendemain. Ce jour là, PM avait la tête pleine de formules mathématiques et avait grand besoin d’un exutoire extatique.
En proie à un important sentiment de frustration, littéralement déchainé, les élèves organisèrent une partie d’invisibilité. Ils se volatilisèrent et arpentèrent tels tels des panthères les arpents de terre en imitant Pan.
Déçus du manque d’engouement de PM pour ce jeu relativement ennuyeux, les autres étudiants le menacèrent de violence. L’un d’entre eux alla même jusqu’à lui envoyer un texto belliqueux. La cloche sonna et chacun revint vers son pupitre sous le regard haineux d’un militaire armé qui n’avait visiblement pas eu le temps d’essuyer de son visage le sang d’un poulet qu’il avait dévoré en cachette.
PM regardait par la baie vitrée et voyait des champs, des forêts, des océans, des montagnes, des collines, des hameaux, des rivières, des plaines, des clairières, des plages en se demandant pourquoi sa destinée le privait-il d’une joie immédiate.
Tout à coup, on frappa à la porte et tous les élèves se levèrent pour saluer la directrice de l’établissement. C’était une jeune femme d’une trentaine d’années. Réputée pour être à la fois sévère et particulièrement réconfortante envers ceux qui ne s’adaptait pas facilement au système.
Je viens chercher le jeune PM, dit la directrice. PM laissa ses notes en plan et suivit le cortège institutionnel qu’une fanfare accompagnait jusqu’aux portes de l’administration.