Ouvrez La Grande Arche • 08.11.10
PM s’était assagi après les derniers revers essuyés pendant la mise à flot de la galère gonflable en haut du mat de laquelle avait été hissé un pavillon déchiré qui semblait en berne.
Olga? Vous voulez rire, ça faisait bien longtemps que personne, dans l’entourage du Prince Musclé , n’avait osé prononcé son nom. Il avait perdu la mémoire le PM. Il s’éventait d’un chapeau de paille, le ventre nu alors qu’autour de lui, bourrasques, flocons, grêles s’abattaient sans discontinu sur la campagne dans laquelle le contingent s’était reclus. Non, on ne parlait plus d’Olga, ni même de voyage. Tout cela était tu. Par contre on parlait de la Nano Saga.
Disons plutôt que l’on pensait à la Nano Saga. Car PM revendiquait ce qu’il est coutume d’appeler une traversée du désert.
Non pas le genre d’interminable saison qu’il échoit à tout homme politique s’étant approché un peu trop près du pouvoir sans avoir appris à le maîtriser, non, la traversée du désert de PM se résuma à une longue minute de silence dans un courant d’air. Résumons les faits : PM est à la tête d’une armée pacifique. Le combat n’a pas encore commencé. Mais les passes d’armes sont des échanges de bouquets de fleurs dessinées. Cela sent l’encens, la musique est dirigée par le sitar, les animateurs ont laissé blanchi leur barbe et PM, entouré de mille femmes, plus belles les unes que les autres, mille femmes cultivées comme si la littérature et l’histoire leur avait été inculquées dès le berceau, PM donc, l’ami de Jean-Pierre, le père d’Amanda, le faiseur de pape, l’amoureux des Bambis, le guide acide, l’ennemi de l’erroné, le défenseur des émotions, l’empereur de la mélodie, ouvrit son cœur et s’aperçut qu’il n’était pas dénué d’amour. Il chanta et la vie dansa.










