Archive pour mars, 2011

Poète Président !30.03.11

Les nouvelles du monde sont si mauvaises que le ciel se tait

la pluie n’ose pas tomber

les nuages stationnent

au dessus d’une humanité

tantôt incrédule, tantôt courageuse, tantôt pétrifiée.

Agir n’a plus de sens, agir ne fait qu’empirer la situation

Mais pourtant, les grandes avancées du monde n’ont elles pas été réalisées par la force de l’action?

Peut-être mais c’est surtout la réflexion qui manque aujourd’hui.

Nous avons mis notre pays entre les mains d’un pouvoir faible dont l’obsession semble être l’action.

Agir, agir en dépis du bon sens. Agir, intimider par des idées d’urgence.

Il manque du bon sens, il manque de l’élégance

Il faut un poète au pouvoir.

La poésie est appellée à jouer le rôle essentiel que les politiques refusent d’assumer.

Le poétisme aux responsabilités!

Le poète président !

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se mirer dans l’orage27.03.11

Chaque jour se ramifie davantage
nous éloignant encore les uns des autres
le tissu d’aucuns diraient le grillage
qui nous relie pour mieux clore les portes

facebook, twitter, myspace et newsletter
accolant à nos noms des arobases
ébauchent à grands traits un futur sans air
dont l’individualisme est la base

des métiers hier en vogue disparaissent
comme abruties des foules errent en silence
d’un clic on s’embrasse, s’aime et se caresse
la vie privée s’exhibe avec décence

Y voir des prémices apocalyptiques
créé ca et là des excés d’éloquence
mais les discours, messages électroniques
ne sont suivis d’aucune conséquence

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L’idée ne fait pas l’idoine27.03.11

Lorsque les évènements hostiles se succédèrent à un rythme suffisament soutenu pour que PM songea à avaler deux advils d’affilé avant de se raviser et de se tourner vers la religion, le temps était brumeux.

Il aurait fallu un sonar puissant pour sonder l’abyssale mélancolie de ce personnage habituellement si enclin à la joie mais qui cette fois, se défit de son routinier optimisme.

D’abord ce coupe-ongle égaré dieu sait où dont les vaines recherches avaient usé sa patience, puis cet appel en absence dont le numéro masqué n’avait pas permit d’identifier l’individu qui n’avait pas laissé de message et pour finir, ce chien qui avait aboyé au loin, trois fois, non, deux fois.

En se proclamant pratiquant PM devint fanatique avant même d’avoir été croyant. Il eut soudain soif d’eau bénite, il aurait vendu sa chemise pour un sermon, il eut  la foi et entra dans la première église venue.

Etrange, se dit PM, cette église n’a ni girouette au fait de son clocher, ni vitrail, qu’à cela ne tienne, ma ferveur ne saurait attendre davantage, et il s’assit sur l’un des bancs qui n’était d’ailleurs pas un banc mais un siège muni d’une ceinture qu’il fut invité à boucler.

Un tonnerre assourdissant retentit et le décollage vertical de la navette spatiale cloua PM sur son siège. Après de monstrueuses secousses que PM interpréta comme une preuve de l’existence de dieu, la navette s’arracha du sol et traversa l’univers en vitesse lumière.

Le nez collé au hublot de l’aéronef, PM contemplait le rapetissement de la planète bleue et à mesure que celle ci disparaissait, il réalisait à quel point ses soucis était insignifiants. Lorsque la vitesse de croisière fut atteinte, PM se tourna vers l’hotesse et lui proposa de s’amuser à évoluer en apesanteur.

Les voilà comme nageant dans l’habitacle, laissant autour d’eux flotter les affriolants dessous de la jeune femme à qui PM avait enjoint d’embellir le cosmos de sa nudité.

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hameau pour un autre27.03.11

Pour ne pratiquement jamais montrer ses vrais sentiments, PM finit un jour par proclamer qu’il était à la fois triste et gai alors que son humeur véritable était neutre.

On ne lui en tint pas rigueur car on craignait ses réactions. Son entourage avait soupé de ses furibondes rebuffades au point qu’on s’arrangeait toujours par enjoliver la réalité voire à la totalement travestir.

On disait il fait nuit quand sept heures vingt sonnaient, on félicitait Monsieur PM pour son courage quand sa lacheté était évidente, on minimisait tout échec en ponctuant chaque reproche de « c’est génial » et autres « on t’adore » et PM y croyait.

Il en rajoutait lui-même et s’était accoutumé aux flatteries au point que le moindre compliment non appuyé d’un applaudissement à tout rompre ou d’une génuflexion exagérée le frustrait. En général on se reprenait aussitôt et on inondait PM d’éloges à commencer par son village dont on disait que Paris en jalousait la desserte.

Un jour l’employé d’une compagnie qui n’avait pas pignon sur rue gagna des sommes astronomiques à la loterie et engagea toute sa fortune dans la construction d’un monument dédié à la mémoire des déserteurs graciés. La commune confia la conception du monument à PM qui n’eut pas à concourir car un de ses lointains parents composait le jury.

Après deux mois de vacances PM livra l’oeuvre. C’est invisible, c’est normal car le déserteur est un créateur de vide. Des voix s’élevèrent et protestèrent en alléguant que PM n’était pas au mieux de sa forme et qu’il n’avait tout simplement rien fait à part dépenser les fonds du gagnant du loto.

Pourtant, il ne se trouva personne pour blamer PM en face. Le monument, qui n’existe probablement pas fut plébiscité et reste considéré aujourd’hui encore comme l’un des principaux lieu psychique du XXIème siècle.

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de Scylla en Charybde24.03.11

Sanglé sur un brancard rigide, la tête orientée au sud-est, le visage crémé d’un masque d’argile brulante, les pieds enduits de vase, et le corps tout entier livrés aux quatre vents, aux gerbes de neige artificielle expulsée par un canon emprunté à la vallée ubac de l’une des stations de sport d’hiver du pays voisin, PM goûtait enfin un repos bien mérité.

Son angoisse était retombée comme un soufflet. Sa mélancolie s’était effacée comme un trait de craie mais subsistait pourtant une déprime que sa fatigue avait accentuée.

PM communiquait avec une infirmière par télépathie. Elle se tenait à disposition et s’empressait de venir retrouver le héros dès que ce dernier exprimait un sentiment. Elle était vêtue d’un pyjama de coton blanc qui comportait de jolis motifs de couleur. Ses yeux clairs regardait PM avec un appétit très communicatif.

Bravant la mauvaise météo, l’infirmière avait commencée à ôter le haut de son pyjama, dénudant ainsi deux superbes seins bronzés, dignes et fermes, au bout desquels deux tétons bruns durcissait à mesure que PM les regardait.

On avait servi à diner. Les bouteilles de Saint Emilion 1965 et 1970 se vidaient à vitesse grand V et la volaille crépitait au dessus des braises. PM demanda qu’on dénoua ses liens, la demande fut agréée sur le champs par l’infirmière dont le bas de pyjama venait de glisser le long de ses longues jambes dorées.

Par un incroyable concours de circonstance, le temps fut au beau fixe, le visage de PM (qu’un tapir dressé venait d’intégralement lécher) avait recouvré le teint cuivré de ses plus belles années. Le reste du corps de PM fut douché, séché, massé par l’infirmière qui n’autorisa personne d’autre à s’occuper du héros. Lorsque les libations succédèrent aux agapes, PM, qui avait retrouvé sa force surhumaine, tenait l’infirmière par la taille et déclamait la poésie du corps, la prose organique, celle qu’il avait toujours maitrisée, cette pénétrante verve que l’homme de lettre se doit de connaitre par cœur.

L’infirmière approuva d’un gémissement qui se mua en cri d’extase et félicité.

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cajoler entre les lignes épurées22.03.11

PM avait peut-être un peu chargé la barque. La magie fonctionnait bien, il n’avait plus qu’à récolter les fruits les sachant abondants, mais  la tentation du romantisme le tiraillait.

Il se serait damné pour cueillir la cueilleuse, pour déguster la pulpe de la pulpeuse, pour lécher l’alanguie, il voulait passer la bague au doigt de la baguenaude, saler la saline, cajoler la plus jolie, l’ondoyer d’onguents infinis.

N’était-elle d’ailleurs ni mieux, ni moins bien, ni une autre que cet objet légitime auquel PM vouait les flux de sa joie. Seulement, elle se refusait à lui.

Le refus donne tout pouvoir sur celui qui réclame. PM emmuré dans le silence de la frustration, faisait les frais de l’apophtegme. Errant d’ère en révolutions, il ne connu soudain plus le bonheur serein de celui qui reçoit en retour le geste qu’il prodigue.

PM était pourtant rassasié de nourriture, son portefeuille éclatait par trop d’épaisses liasses, son agenda était enseveli sous les rendez-vous minutés mais son âme, oui son âme, son âme geignait de solitude.

Pourquoi? Avait-il était trop insistant? Avait-il manqué de tact? Ou bien était-ce tout simplement trop tôt?

Il consulta sa montre au sommet d’un clocher de béton posé en deçà de la gare de Lyon et eut un sourire candide.

Oui, se dit PM, je suis en avance d‘un million quatre vingt seize mille six cent battements de cœur.

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Travis Bürki entre en guerre contre l’alibi18.03.11

Tout cela semble être un non-choix. Motivé par cette intarissable colère et soif d’action.

« Nous voulons cela, nous aurons ceci, c’est déjà ça. »

Je suis contre.

Pas tout contre, non, contre. Contre le volontarisme guerrier qui viendrait se juxtaposer au désarroi lequel est l’alibi.

Philosophiquement, nous philosophes amateurs, nous ne pourrions pas laisser l’humain être écrasé par le joug. Mais nous, pacifistes car poétiste et donc humain, nous n’entrons pas en guerre.

Ni n’invitons les dictateurs à notre table pendant que leurs fils humilient et torturent et violent et massacrent.

Qui dirige? Qui invite le truand pour appeler le lendemain à sa suppression?

Qui agit?

C’est l’alibi. L’alibi de la colère personnelle, de l’ambition, de l’erreur, de la non compréhension.

Tant que les présidents, chefs et ministres ne comprendront pas l’existence, je n’entrerai en guerre avec aucun pays.

en des temps plus calmes, je n’entre en guerre avec rien de quoi que ce soit.

sauf qu’aujourd’hui, et en ce moment de terre meurtrie, j’entre en guerre contre une mauvaise raison.

Un raison dénuée de raison. Contre l’alibi de la non compréhension.

J’entre en guerre contre l’alibi.

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travis bürki a rencontré travis bürki13.03.11

Il est rare de côtoyer un artiste en vacances, surtout quand on est soi même l’artiste et que l’on l’aborde sans s’aborder.

Travis, le public vous a parfois encensé, mais il semble qu’il déserte un peu vos shows dernièrement. Pourquoi?

Je ne suis pas d’accord. Il y a moins de monde en ce moment, mais ce n’est que le début de la tournée. De plus, je ne crois pas à un public statique, attendant ses artistes préférés à chaque sortie d’album. Le public est mouvant et à part quelques amis et familles qui sont fidèles à mes création depuis longtemps, je découvre un nouveau public à chaque fois.

Mais là on a plutôt l’impression que vous prêchez dans le désert non?

Vous dites « prêcher » comme si j’exerçais une vocation religieuse. Je chante et joue de la musique, cela tient plus du divertissement que de la spiritualité.

Tiens, bonne réponse. D’ailleurs, l’art, c’est du divertissement seulement alors?

J’en ai parlé avec un de mes amis producteurs récemment. Il disait qu’il ne voyait pas l’intérêt de faire une distinction entre la dimension pédagogique de l’art et son côté divertissant. Je trouvais sa vision assez intéressante. Dans la mesure où chacun y trouve ce qu’il veut bien y trouver.

Vous avez des amis dans le milieu? Vous paraissez assez isolé, y compris de vos collègues artistes…

Je n’ai pas de meilleur ami artistes mais… j’apprécie beaucoup Tété, Charles-Baptiste, ou Edouard Baer dont j’ai les numéros de téléphones portables et aussi leur emails. Mais bon, je ne suis pas très solliciteur en matière d’amitié. J’ai des horaires trop irréguliers…

C’est à dire? Vous vivez la nuit? Vous faites les trois huit? (rires)

Oui, c’est plutôt les trois huit… à moins que ce ne soit les seize deux ou bien les six quatre…

Six quatre, au moins vous gagnez le set, vous jouez toujours au tennis?

Malheureusement non. J’ai rejoué avec mon frère Nicolas qui est un excellent joueur mais je me suis chopé une tendinite à l’épaule. Alors je me contente d’aller l’encourager parfois quand il est en compétition.

Il parait que vous êtes fan de Roger Federer

Oui, je suis un grand fan de Federer. J’espère qu’il va bien négocier sa reconversion.

Pourquoi? Vous le voyez déjà jeter l’éponge?

Non, il peut durer mais je sais aussi qu’un sportif ne peut pas être au top pendant des décennies. et pour un athlète du niveau de Federer ce doit être impossible de continuer sans être au Top. Je veux dire sans gagner.

C’est important pour vous de gagner?

Je crois. J’aimerais répondre non, je m’en fous mais j’ai fais de la compétition de tennis quand j’étais jeune et j’en ai gardé une certaine obsession de la victoire.

Ce doit pas être facile en ce moment…

Vous parlez de la sortie de mon album?

Oui, ça ne doit pas vous rapporter énorme… (sourires)

Bon, j’avoue que c’est un moment délicat mais vous savez en tennis, les grands matchs se jouent en cinq sets…

Okay, là on en est au premier set alors?…

Oui en quelque sorte, (sourire coincé) premier set perdu mais…

Qui est votre adversaire en face?….

Inévitablement moi-même.

Bonne chance alors!

Merci.

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travis bürki interviewé par travis bürki11.03.11

Je suis à Nantes depuis ce matin. Les nouvelles du monde sont passionnantes. À peine descendu du train, je suis allé prendre un petit déjeuner dans un hôtel du centre ville. Dans la matinée, assis dans les salons de l’hôtel, j’ai décidé de m’auto interviewer. Self-Entretien :

Tu n’en a pas marre de voyager depuis dix ans dans des villes où personne ne te connais à part dix ou douze pelés qui viennent écouter tes chansons bizarres?

Si. En même temps, je ne vois pas trop quoi faire d’autre.

Tu veux dire que c’est faute de mieux?

Disons que je ne me laisse peut-être pas le choix.

Bon, et si tu pouvais faire autre chose, ce serait quoi?

J’ouvrirais une agence de voyage. Ou une banque. Non, en fait je crois que je ne suis pas fait pour faire des trucs. En tout cas je ne ressens plus l’urgence de faire.

Okay. Parlons un peu de ton album. Déçu?

Pourquoi déçu? Non, j’aime beaucoup certaines chansons de ce disque; Apophtegme, qui est d’ailleurs une ancienne chanson finie récemment, j’aime beaucoup Ta meilleure amie, Grandis…

Okay mais bon, l’accueil n’est quand même pas terrible…

Non, c’est vrai que les médias ne sont pas très enthousiastes. Les radios ont sans doute mieux à programmer, c’est dommage d’ailleurs, je me ferais bien un max de pognon avec un tube qui passe en boucle sur une radio FM.

Quel tube?

Ta meilleure amie, je la verrais bien tourner sur NRJ ou Oui fm.

En tout cas, ça ne se bouscule pas au portillon pour te jouer sur les ondes. Faut dire que tu n’es pas quelqu’un de très lisible. Tu es au courant?

Oui, je sais que ce ne doit pas être très simple de m’identifier. Moi-même je ne me situe pas toujours clairement. Enfin, ce n’est pas une raison.

Tu ne te serais pas un peu grillé dans le milieu?

C’est pas impossible. Mon arrogance est nourrie de ma timidité et je passe pour quelqu’un de souvent désagréable auprès des médias. Ils me rendent la monnaie de ma pièce.

Et la tournée? Tu joue toujours autant. Beaucoup de dates mais presque aucune vraie salle. Tu es sorti du système?

C’est vrai, je suis à la lisière. Pas assez connu pour les Big Venues et pas assez nouveau pour être à nouveau défendu par les réseau de découvreurs. Il faut qu’il se passe un truc si je ne veux pas terminer à vie dans les cabarets pour poète désenchantés.

Un truc? Tu penses à quoi?

Mon attaché de presse me presse de me présenter à des élections. Mon entourage me suggère parfois d’écrire en anglais. Je ne sais pas. Une chose est sure, si ce disque tourne mal, je vais déposer le bilan de mon label.

Tu dis ça comme si tu t’en foutais.

Non, je suis en tournée, je fais de la promo, je vais sur le terrain comme on dit. Si je bosse tous les jours mon répertoire, si je fais toute cette putain de paperasse même après que mes comptables m’aient lâchés, c’est parce que je veux réussir cette sortie d’album.

On sent le courroux du gérant qui fait face à la crise…

C’est tout à fait ça. Je suis chanteur et auto producteur. MAis bon, la partie administrative passe au second plan c’est vrai. Chanter, c’est un vrai truc. Sur scène, il y a une mission que je me sens capable de relever.

Revenons à cette promotion d’album. Qu’est-ce que tu prépares comme gros coup? T’as des idées?

PAs vraiment. Je ne peux pas initier grand chose en terme de médias. Je peux être un artiste au travail, donner des concerts, jouer la nano saga, continuer d’écrire et de rencontrer des gens mais je n’ai pas de plan d’attaque.

Tu vas attendre que cela vienne ?

Exactement. J’ai fait une bonne partie du boulot en fournissant un album. Il y a des titres qui n’ont l’air de rien mais qui traite des sujets de société comme ils sont rarement traités en chanson, voire jamais.

C’est ton côté arrogant qui se réveille.

C’est vrai. Putain. Je vais la fermer cela vaut mieux pour tout le monde.

Non mec. On aime quand tu déclames. On aime tes anecdotes et… entre nous, dans le milieu ils sont quand même tous très arrogants…

No comment.

Bon, Travis, au fait Travis c’est ton vrai prénom?

Quelle importance. Pourquoi tu finis toujours pas vouloir percer un mystère alors que tout est là, sous tes yeux? Pourquoi la presse, les radios, vous voulez toujours décortiquer l’inanité alors que vous ne savez même pas prendre le temps d’être?

Tu es bouddhiste ou quoi?

Bon tu me fais chier avec tes questions. Tu es pire que les vrais journalistes.

Les vrais journalistes? depuis quand il en existe de vrais?

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Oublie La Géhenne, Ami03.03.11

PM marchait en direction de la décharge. On lui avait donné rendez-vous d’abord dans les salons d’un hôtel de luxe situé en plein centre du quartier des affaires mais on s’était ravisé, dieu sait pour quelles raisons et on n’avait même pas pris la peine d’en informer PM, c’était PM en personne qui avait eu l’intuition de cette énième rebuffade.

Ils ont sans doute leurs raisons, se dit à haute voix PM, en passant à proximité d’un panneau de signalisation qui indiquait une destination que des indépendantistes avaient effacé pour la remplacer par celle d’un village étranger sans rapport avec la topographie du territoire que PM subissait de plein fouet.

Tout un chacun avait abandonné PM. Ses soutiens politiques l’avaient sifflé lors de son dernier discours. Ses mécènes lui réclamaient des créances. Ses amis l’attaquaient en justice et ses femmes s’étaient faite avorter ou bien remise à fumer.

Malgré tout, PM était encore debout. Le soleil lui faisait un peu plisser les yeux quand soudain, il vit passer un troupeau de cougars que conduisait une bergère montée sur un phacochère. PM banda son arc et tira sur la bête qui s’écroula.

Un peu sonnée par la chute, la bergère tituba vers PM avec l’idée de le molester mais PM su trouver les mots pour réconforter la jeune femme en lui tendant une liasse qu’elle déposa sur son compte. Le soleil déclina vers l’occident et dans la plaine raisonnèrent les gémissements de plaisir de la bergère à qui PM faisait visiter la région.

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