L’Absence de Soi à Soi • 30.10.11
j’ai apprécié de vous voir tous réunis
en couple avec enfants, en couple sans enfants
sachant échanger entre vous phrases, piques en tout genre
comme si telles étaient là les conditions de l’harmonie
J’ai apprécié de voir du belvédère de mon angoisse d’homme solitaire
que même ensemble et même à deux on est terriblement seul
mais l’être humain observerait-il sa solitude à condition qu’il puisse
l’éprouver à celle des autres. Souvent il choisit
un compagnon – non pour troubler sa solitude –
mais quelqu’un dont il pourra aisément troubler la solitude
la tester, l’aiguillonner avec le plan plus ou moins dupé
que sa propre isolation en sera alors divertie, classée.
Point de ces dessins ne s’exaucent vraiment
pour l’homme ou pour la femme seule
qui ne choisit véritablement jamais sa solitude
mais la subie avec plus ou moins de confort
il apparaît alors une certitude à prendre avec des pincettes
Seule la solitude est vraie
car elle ne peut être jouée
ni héritée, ni génétiquement reproduite, ni religieusement induite.
elle ne peut être empruntée, ni imaginée
La solitude est humanité.
ainsi les familles se forment
ainsi les clans, les clubs et autres associations, unions,
pour célébrer, faire connaître, plébisciter sur des bases
d’un fondement nominatif mais vide d’espoir : l’absence de soi à soi.










