Archive pour octobre, 2011

L’Absence de Soi à Soi30.10.11

j’ai apprécié de vous voir tous réunis
en couple avec enfants, en couple sans enfants
sachant échanger entre vous phrases, piques en tout genre
comme si telles étaient là les conditions de l’harmonie

J’ai apprécié de voir du belvédère de mon angoisse d’homme solitaire
que même ensemble et même à deux on est terriblement seul
mais l’être humain observerait-il sa solitude à condition qu’il puisse
l’éprouver à celle des autres. Souvent il choisit

un compagnon – non pour troubler sa solitude –
mais quelqu’un dont il pourra aisément troubler la solitude
la tester, l’aiguillonner avec le plan plus ou moins dupé
que sa propre isolation en sera alors divertie, classée.

Point de ces dessins ne s’exaucent vraiment
pour l’homme ou pour la femme seule
qui ne choisit véritablement jamais sa solitude
mais la subie avec plus ou moins de confort

il apparaît alors une certitude à prendre avec des pincettes
Seule la solitude est vraie
car elle ne peut être jouée
ni héritée, ni génétiquement reproduite, ni religieusement induite.
elle ne peut être empruntée, ni imaginée

La solitude est humanité.

ainsi les familles se forment
ainsi les clans, les clubs et autres associations, unions,
pour célébrer, faire connaître, plébisciter sur des bases
d’un fondement nominatif mais vide d’espoir : l’absence de soi à soi.

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Un Trillion27.10.11

j’emprunte un trillion
d’euros
j’entends les grillons
dehors

ça craque, ça geint, ça lancine
mais la bassine
quoi qu’il arrive
ne déborde qu’en rêve

qui fait quoi?

Le grand type avec son accent à couper au couteau
débarque avec pire qu’un grand couteau
et il égorge une à une
toutes les brebis galeuses

Jamais su qu’il y en avait autant
la bergerie est déserte

Le grand type
un nain en fait
mais avec un confiance en lui-même telle
qu’il parait nous dépasser tous d’une tête
sort

rejoindre sa fratrie
ils sont combien?

Un trillion.

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L’Être ne peut qu’être24.10.11

Chargés de fleurs, de victuailles et d’eau fraîche
nos bras pensaient
car l’âme
occupée à vouloir embrasser davantage
toute à sa tache s’était perdue

De même, l’œil, censé regarder
ne voyait plus
il était de bon ton que de ne pas voir les choses –
afin de rester opérationnel.

Le cœur
soumis à la torture du chiffre
exige alors son avatar et cède.

De même, pieds, membres, cheveux
Tout à contre emploi.

Et l’être ?

L’être, réduit à l’exécution du cahier des charges
s’auto-proclame Individu.

Indivisible.
Individu.

Pour mieux s’imaginer seul, centre,
Astre, autour duquel en orbite
tournerait un monde égaré

Mais l’être, s’il se souvient de sa matrice
ignore à jamais sa destination

Sauf
s’il réalise la découverte évidente
qu’il est l’univers.

Alors les bras vont porter
Alors les yeux vont voir
alors le cœur va aimer
et le reste suivra.

L’Être ne peut qu’être.

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Universités d’Automne de L’ E.R.P21.10.11

Chers amis poètes

La vie peut s’organiser de façon beaucoup plus raisonnable
si nous mettons les poètes aux responsabilités .

Dès aujourd’hui rejoignez l’Élégant Rassemblement Poétique
et faites entendre votre voix, votre plume, la vraie, celle du poète.

Au programme des réjouissances :

- organisation d’une manifestation mensuelle
- ateliers d’écriture, poésie, musique, arts, cinéma, danse, discussions
- résidences régulières et réalisation de projets spectacle
- médias, réseau, manifeste,
- école, santé, ésotérisme, sport, méditations
- repas

La première phase aura lieu avec

Les Universités d’automne de L’E.R.P (dimanche 20/11 2011)

avec pour objectif :

1) désignation du bureau de l’ERP par vote à poème dit
2) ratification du programme poétique de la saison 2012-2028
3) célébration de l’instant présent


Aujourd’hui, bâtissons un présent poétique

TRAVIS BÜRKI

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Le Mouvement21.10.11

Un train passe et toi à bord
et c’est le paysage qui voyage
D’H.L.M en châteaux forts
de ligne droite en virages

Eux tirent leur chapeau
à ton courage qui nous élève
aux nappes où tu puisais ton eau
près d’un héron prudent sur la grève

Tandis qu’untel et untel sont maintenant amis
qu’untel a tagué une photo d’untel
qu’ici l’accalmie s’estompe, que là-bas la guerre est finie
nous sommes entré dans un monde pastel

Tu as rassemblé tes forces vives
après avoir survécu aux incendies
les parois de nos chrysalides
sont mitoyennes du paradis

Un train passe et toi à bord
mais cette fois simultanément
nos sentiments, les êtres et le décor
sont entrés dans le mouvement.

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PM dans « La Chasse au Bond »20.10.11

Les biographes ont souvent tendance à passer sous silence les années champêtres de PM. Ils préfèrent dans l’ensemble s’attarder sur les frasques mondaines et sulfureuses du héros, ce en quoi on peut les comprendre, vu l’extrême variété de situations dans lesquelles l’impétrant digital aima voluptueusement à se complaire.

Cependant,rappelons qu’il il fut aussi de courtes décennies pendant lesquelles PM émergea des mégapoles pour approfondir son ancrage dans des terroirs boueux et balayés par d’affreux vents de brumes.

Peu d’histoires rocambolesques à narrer car les compagnies étaient rares, si ce n’est une technique assez traditionnelle que PM avait adapté pour se nourrir. Il avait reproduit l’us ancestral qui consiste à positionner un trampoline au milieu des bois et à sauter la bouche ouverte.

PM atteignait parfois des hauteurs assez vertigineuses, dix mètres, quinze mètres, il dépassa la cime d’un Séquoia un dimanche et ce, toujours la bouche ouverte afin de gober vivants les petits oiseaux distraits qui piaillaient dans les cieux féconds.

En fin d’après-midi, PM rangeait son matériel et rentrait en grignotant les derniers restes de moineaux et d’étourneaux dont il avait fait bombance.

Cette technique de chasse au bond s’est peu à peu perdu dans nos contrées mais il est fort à parier que la jeune garde s’emparera tôt ou tard de sa ré-introduction lorsque la crise aura eut raison des dernières armureries.

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Unis pour la vie19.10.11

je suis parti pour la Grèce
par solidarité sociale
j’ai voulu partager ce que je n’avais plus
un travail, une famille et des projets

je suis arrivé à Athènes
sous un soleil de plomb
je n’ai pas pris la peine d’aller visiter le Parthénon
Non, ce que j’ai fait c’est demander si je pouvais aider à quelque chose

Vous croyez que c’est pour me donner bonne conscience?
Je ne prétends pas pouvoir sauver quiconque
mais passé un certain stade
impossible de rester sans rien faire

Mais là-bas, en Grèce, le système D fait loi
et ils ne parlent pas beaucoup français
ni anglais ils parlent grec
et je n’ai rien trouvé de mieux à faire
que de chanter dans un jardin public

J’ai rencontré une jeune femme brune en robe
qui se promenait devant le palais royal
j’ai hésité un moment à tomber amoureux
puis j’ai vu arriver quelques instants plus tard
Le jeune homme qui devait être son mari
qui poussait un landau avec un bébé grec dedans

J’ai souhaité bonne chance à tout le monde
et j’ai regardé les Cyclades dans la paire de jumelles
j’ai pensé qu’il était temps de rentrer à Paris
je suis rentré et j’ai trouvé Paris comme Athènes

il faisait chaud et les gens avaient perdu leur travail
des systèmes D prévalaient sur l’état
des associations humanitaires tenues par des chinois
distribuaient du riz et du lait pour les enfants

Des bandes organisées revenaient de l’Ouest de la capitale
avec des meubles et des bijoux volées
parfois à même le corps de ceux qui les portaient
Paris brûle, la France est ruinée

Par solidarité sociale je reste en France
mais les jardins publics sont trop dangereux
pour y chanter
alors j’ai arrêté la musique
et je fais ce que je faisais avec mon père
dans les années 80 à Lyon pour les chômeurs
je distribue la soupe
et ceux qui tendent leur bol
sont ceux qui contrôlaient tout hier
les décideurs d’hier sont emportés par la crise
autant que ceux qui subissaient leurs décisions

Une chose est sure
une grande partie de la population s’est unie
unie dans la misère
unie dans la peur
unie dans la faim
unie pour la vie.

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Te Mine Pas18.10.11

Te mine pas parce qu’y a plus d’amour
ça reviendra avec les beaux jours
quand tu décapsuleras ta limonade
tu les entendras les sérénades…

t’auras des sourires et des accolades
les visages s’ouvriront, tomberont les barricades
tu pourras te sentir à nouveau choyée
alors qu’aujourd’hui tu te crois noyée

Mais dans l’amour, dans l’amitié
c’est toujours une question de moitié-moitié
tu fais le premier pas et si tu n’as pas d’attentes
peut-être que quelqu’un dans la file d’attente

va venir te voir et te dire que t’as l’air contente
et les autres vont rappliquer vers celle qui est si rassurante
tu vois bien qu’il n’y a pas qu’chez les tennismen
qu’on doit accepter que la balle revienne

Que ce soit à ton homme, à ta mère, à ton père, à tes enfants
à tes frères, à tes amis, tous tes emmerdements
tu es la seule à pouvoir les dépasser tranquillement
chaque jour un petit acte minuscule mais déterminant

Alors te mine pas parce qu’aujourd’hui tu le sens pas
si ça se trouve tout ce que tu cherches, tu l’as déjà
Ta limonade, t’as qu’à la décapsuler
et nous on tend nos verres parce qu’on a pas fini de trinquer

Vis ce jour comme si c’était le seul, le vrai
et ça veut pas dire pour que ce soit le dernier
Respire et les phénix qui renaissent de leurs cendres
sont là pour te chanter tout ce que tu veux entendre.

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respire pour vous09.10.11

Je ne nous ai pas trouvé de très bonne humeur pour cette rentrée 2011.
C’est normal, les nouvelles du monde sont très mauvaises, la crise, les morts, la vie qui passe vite, les soucis, tout ça c’est mal vécu.
Est-ce qu’il n’y a pas quand même quelque chose de bizarre?…
Oui, à y regarder de plus près, nous sommes tous en train de se laisser envahir, manipuler, endormir par le pessimisme ambiant comme si c’était la norme.
Je vous le dis, en vérité, nous nous illusionnons.
Il n’y a pas plus de raison d’être pessimiste aujourd’hui qu’hier ni que demain.
Rappelez vous que tout cela n’existe pas vraiment.
Tout est dans notre esprit.
Bien sûr, il y a sans doute des choses vraies, des personnes, des lieux qui existent peut-être, il y a nos sentiments, nos numéros… et alors?
Un extra terrestre qui verrait tout ça aurait de quoi se demander pourquoi tous ces humains sont si tendus, si triste, si chagrin.
Non, la vie ne dure pas.
Non, le bonheur, la joie, la réussite ne dure pas non plus.
Mais le reste non plus. Le négatif ne dure pas plus longtemps que le positif. D’ailleurs, ceux sont encore des concepts sortis tout droit de l’esprit.
Bon, assez de philosophie, je reprends mon idée de départ, l’humeur.
Prenons une bonne respiration. Assouplissons un peu les tensions. La bonne humeur va revenir. Elle est déjà là, aux portes de la conscience.
La conscience aussi s’éveille enfin.
C’est maintenant, cette petite chose que vous êtes en train de faire qui va devenir, à juste titre le centre de votre attention, de votre conscience.
Maintenant vous savez. Chaque chose présente, vécue et accomplie en conscience va ré-ouvrir le flux de la bonne humeur.
La source du bonheur n’était pas tarie. On en n’avait simplement plus conscience.
Regardez autour de vous, votre sourire est partagé.
Respirez.
C’est le bonheur.

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