Retrouvailles et fines herbes01.07.08

Réconciliation au sommet entre PM et sa boulangère ce matin même, vers 10H heure locale, d’un coup de baguette bien cuite. Remettons les choses dans leur contexte; PM n’était pas vraiment fâché, il s’était si je puis dire, distancié de sa muse céréalière. En effet, après s’être pratiqué sur lui-même plusieurs séances d’acupuncture sans en connaître tous les rudiments, PM avait peu à peu perdu l’appétit.

Quand on sait le mal fou que certains ont à perdre du poids, voir PM se débarrasser de toute sa garde robe pour se vêtir de taille seize ans et troquer les vêtements amples à motifs africains contre du slim et du stretch, on ne peut que s’étonner mais vous savez bien que PM est là, avant tout pour nous étonner. C’est pourquoi PM se frayait un chemin par la rive droite, en faisant une boucle de plusieurs dizaines de kilomètres pour éviter de passer devant la boulangerie. Évidemment la boulangère s’en était rendu compte et l’avait fait prendre en filature. Après avoir été surpris sur le point d’acheter ailleurs un pain complet aux noix, PM avait obtempéré et se sera décidé à revenir quotidiennement visiter sa boulangère. Ce matin, après que PM entra, la boulangerie fut fermée une vingtaine de minutes afin qu’elle et lui se retrouvasse sur la paillasse et qu’ils se délassent enlacés lui lui dégrafant son corset elle lui suçotant l’oreille d’une haleine aliacée.

1 Comment →

PM à la boulangerie15.05.08

Maintenant PM parlait italien couramment même si certaines lacunes lui faisait mélanger certaines tournures de phrases avec du catalan dont il avait appris les rudiments lors de ses déplacements professionnels à Valence quelques décennies plus tôt.

Ce matin là, il ne fit pas usage de cette langue ni même du français car sa voix ne sortait plus. Il la sentit s’enrouer à l’approche de la boulangerie. Intuitivement, il s’attendait à une épreuve. Une partie de son intuition était bien fondée. En effet, il n’avait pas acheté de pain depuis plusieurs semaines alors qu’il s’était compté parmi les meilleurs clients. La boulangère, une femme blonde, aux yeux clairs le choyait au point qu’il en était parfois gêné de couper toute la file d’attente pour se voir remettre une baguette blanche et chaude. Ce matin là, il entra et stupeur, le boulanger se tenait derrière la boulangère. Il se produisit ce que l’on pourrait appeler une surenchère d’attentions contradictoires. L’une voulut lui témoigner l’attention habituelle voire encore plus d’attention sans éveiller les soupçons de son mari, l’autre voulu ne pas s’offusquer de ne pas recevoir instantanément sa baguette et montra involontairement tout le désarroi dans lequel la circonstance venait de le plonger.

« Comment allez-vous? » fut prononcé par la boulangère, qui glissa dans sa phrase, un clin d’oeil des plus troublants. C’est alors que PM, qui voulu répondre comme à son habitude par un paragraphe développé de l’humeur de la matinée constata soudain l’extinction totale de sa voix. Il articula un sifflement, puis un râle et donna sa monnaie dans un sourire qui suait le malaise.

Derrière le comptoir, le boulanger toisait PM avec l’air de celui qui pourrait éprouver une sorte de pitié à l’égard d’un infirme mais qui, trop investi dans une pensée probablement axée sur ses finances, n’exprime rien de palpable.

PM sorti de la boulangerie, à la fois plus amoureux que jamais de celle qui venait de lui faire le plus beau clin d’oeil qui soit et honteux de ce soudain handicap qui venait de trahir son extrême émotivité.

No Comments →

newsletter