L’oeil usé de se voir04.18.08

Qui n’a pas eu mal aux yeux d’avoir trop vu. Rassembler à soi les souvenirs d’une vie, lutter contre le courant, ne pas se laisser dégager par le jour suivant, le jour de trop.

Je vois autour de moi se déliter les clans, s’évaporer les illusions, tomber les masques. Paris englouti les faveurs des innocents, Paris corrompt, Paris broie mais l’illumination est trop grisante pour s’en rendre compte. Les perspectives des ponts enjambant la Seine relient les hommes entre eux, dissolvent leurs querelles et le jour s’estompe, laissant la nuit ravir à chacun les dernières scories de la candeur. La nuit emporte l’humeur.

Quels que soient les buts, le mouvement se nourrie de lui-même, l’intense émotion de la tristesse doit être abandonnée au profit du recul. Le passant des bords du fleuve refuse d’abord de laisser, de déposer sa peine. Si précieuse est la mélancolie. Elle est, avec la solitude, un manteau qui réchauffe de bien des blizzards. Mais un manteau qui tient excessivement chaud. Un manteau de vison en plein mois d’août. Une combinaison de plongé dans le désert, un scaphandre sur le court de tennis.

Quel est le joyau? Quel est le diamant taillé? Quel est l’absolu? Est-ce le manteau? Dans la doublure?

Je vois qu’à force de se voir, mon oeil s’use. À moins que ce chlore ne l’irrite.

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33 mois de production02.18.08

“Ce garçon” sort cette semaine, vendredi 22 aux Bains-douches et lundi 25 février dans tous les bacs de la francophonie. C’est l’occasion de raconter l’aventure de ce projet sur le point d’aboutir.

Commencées en mai 2005 à Boulogne, les premières maquettes et les premiers textes écrits sur un cahier Clairefontaine rouge avaient pour titres “les fleurs”, “les inquiets”, “ce garçon”, “Feng shui”, “Lausanne-Paris”. Une vingtaine d’autres furent ou ne furent pas retenus pour la résidence à Montauban de 2006. Ainsi les titres “Sors du Format” et “Boycotte”, ont été remisés (momentanément?).

Après avoir rencontré Yann Arnaud, sur les conseils de Chab, la logistique a commencé ; réservation de séances de Studio à Polygone, achats de billets de train et d’avion, importations de fichiers audio, jusqu’au premier départ vers Montauban, pour huit jours de résidence et Toulouse pour 12 jours d’enregistrement. Retour à Paris pour quelques semaines de post-production et Toulouse pour les mixages.

Masterisé, puis additionné d’un titre “Ton potentiel”, l’album fut envoyé, écouté, joué pednat plus d’une année (2007) jusqu’à ce qu’enfin, se constitue un réseau pour l’éditer et le faire distribuer. En février 2008, soit trente trois mois (33 mois) après la composition des premiers titres, l’enregistrement, parait “ce garçon”, LP3 (Troisième Long Play de Travis Bürki, également connu sous le nom de Ü).

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L’ERP dans l’Archipel02.13.08

Quand Elliott 1er passe de son rôle de Jean-Pierre Simon de TOTV au statut de pianiste pop pour accompagner Lausanne-Paris, forcément cela me libère de mes mouvements et j’en viens à danser, créant une sorte de vague initiatique, initiant la troupe entière à se mouvoir sans peur des miroirs. Saskia de L’ERP rejoint elle aussi les choeurs de L’orgasme et l’Archipel est agité d’un ressac agréable, parfois perce un début de tempête Kaospadisé puis l’accalmie revient. Hier soir, à l’Archipel, les tempi étaient 2, 3 points en dessous de la moyenne. Incontestablement toutefois, le cap est maintenu, notre bâtiment avance, l’étrave a scindé l’onde en stéréocéan, Gilles accueille à la proue, Flairs entonne ses shanties, Matcaster parle de hisser le pavillon de l’ouest, je tiens la barre. Du rhum !

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Lausanne-Paris01.13.08

C’est un des titres pop qui donne la couleur du nouvel album. J’avais essayé ce titre en live en Bretagne, au moment de l’enregistrement et remplacé “Paris” par “Saint-Brieuc”. ça marchait au point que je pensais en faire l’ouverture de chaque concert en remplaçant Lausanne-Paris par la ville dans laquelle le groupe jouait.

Pour optimiser cette adaptabilité, j’ai légèrement transformé le refrain qui devient maintenant “Il l’emmène en lui disant, la vie ce n’est qu’un instant, les promesses et les baisers sont emportées par le vent, elle le sait et lui répond; je devine où nous allons, ça ressemble à …………, bonsoir …………. !”

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    • TRAVIS BURKI - OUI MON NOM - 2001
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vos commentaires

  • Cristophe: Je n'ai pas vérifié car je n'ai pas mes disques sous la main mais... n'y a t'il pas une autre version de...
  • krakowiak: Bonsoir, Est-ce bien du même album que tu parlais en janvier dans l'article "Les Apophtegmes du Web...
  • Nicolas Esposito: Comment dire, c'était... Une fête extraordinaire ;-)
  • Cristophe: Merci pour tous ces meupeutrois, il y a des perles !
  • krakowiak: Merci pour ces précisions, j'attends avec impatience la semaine prochaine pourr un nouvel inédit !
 
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    TRAVIS BÜRKI Ce garçon