Pantone 5757 C03.03.08

Je suis allé, sur les conseils de Saskia, faire provision de thé maccha dans un restaurant japonais. C’est une poudre de thé, un thé d’exception, dont les vertus sont innombrables et dont un seul gramme dans un bol d’eau est équivalent à 50 bols identiques de thé vert infusé.

Autant vous dire que le breuvage est une révélation, je ‘ai testé deux fois aujourd’hui, la première fois dans le restaurant de HideHo et la seconde fois chez moi. J’ai écouté les concertos Brandebourgeois N°4 et N°5. Jamais Bach ne fut à ce point convainquant.

Le véritable dénouement de ce récit vint lorsque je vis la teinte du maccha s’assortir parfaitement à la couleur du  mug qui portait l’inscription  Pantone 5757 C.

Telle est la couleur du maccha.

No Comments →

Ton Oeil Te Voit02.03.08

Rapport à la scène du miroir de Taxi-Driver, lorsque Travis se dit à lui même « You’re talking to me ? », violence dirigée d’abord contre soi, ici comment ne pas faire l’économie du miroir en ce qui concerne le texte de « Théâtre ou thé vert? ».

J’ai trouvé cette façon de créer voilà dix ans. Dans les cafés parisiens, je répétais en public des chansons dont le titre était inventé quelques instants avant le début du concert. Voilà où cela mène…

Je me souviens d’un DA, aujourd’hui dirigeant l’une des plus importante société de production de spectacle en France venu me dire à la fin d’un de mes concerts: « Le problème avec toi, c’est que tu n’as pas encore appris qu’il fallait construire un spectacle à partir d’un disque et non l’inverse. »

Je m’aperçois aujourd’hui, en discutant avec Joshua Phillips, un de mes amis réalisateur, que ce DA était en train d’annonçer le contraire de ce que notre époque exige des artistes. Cela dit, nul n’est tenu d’être visionnaire… Tout ça pour revenir au titre, « ton oeil te voit » donc, comme dans un miroir, encore un reflet des faisceaux de répliques de TOTV, filage technique en public, mercredi 5 mars à 20:30 précise dans la salle noire de l’espace Jemmapes 116 quai de Jemmapes Paris 75010. Thé vert !!!

No Comments →

Si je veux28.02.08

Voilà le genre de réponse faite à ceux qui ne sauraient se contenter du hoquet approbatif de rigueur dans ce métier de vautours voletant autour du volcan d’où sourd nuages de scories et rivières de lave. Demandez donc à celui qui vous dit ceci d’être payé en retour de ses stratagèmes et retroussez vous-même les manches de l’épouvantail bien planté sur ses deux manches à balai dans le champ de l’impossible oubli de faire passer soi même avant toutes et tous. Que fait l’homme hors de son temps perdu dans l’abîme? La réponse est-elle dans le théâtre ou dans le thé vert? J’y répondrai si je veux.

No Comments →

Mardi 29 janvier sortie de l’Album sur iTunes !!!27.01.08

Sortie de l’album sur iTunes mais pas de concert mardi 29.

Prochain concert Archipel mardi 5 fevrier 20H30 !!!

Tags:

1 Comment →

deux paires de basket03.12.07

aujourd’hui, je change mes vieilles basket et j’en achète de nouvelles. ça n’a rien d’intéressant en soi mais je tenais quand même à axer ce blog d’aujourd’hui par un évènement réjouissant. Ainsi, je vais aller faire promener mon chien les pieds au sec. CE soir et demain, un bon monticule de documents à classer, des courriers à envoyer et une chanson pour Austine.

Enfin, la grande sociabilité de ma journée à consisté à déjeuner avec mon éditeur bien aimé et une longue marche dans Paris. à viser, un texte compréhensible sur la partie importante de la mélodie. Garder les allitérations sibyllines pour les fins de couplets…

Tiens, les gens s’habillent en or. Dehors. allez le chien, en route!

No Comments →

Rouge de 200830.11.07

IL parait que le rouge fait son grand retour en 2008, année de la Chine.

Ce sera l’année du rat, une année avec 366 jours, une grande année donc.

No Comments →

LA TOURNÉE DU GARçON23.11.07

11/26/2007
21:00au23:30

8 janv. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
15 janv. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
22 janv. 2008 20:00 LE CHEVAL BLANCSHILTIGHEIM
5 févr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
12 févr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
19 févr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
26 févr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
4 mars 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
11 mars 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
14 mars 2008 20:30 PÔLE SUD CHARTRES DE BRETAGNE
18 mars 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
25 mars 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
1 avr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
8 avr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
15 avr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
22 avr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS
29 avr. 2008 20:00 L’ARCHIPEL PARIS

contact scène – Éclats d’art – +33(0)1 45 65 01 75 – contact@eclatsdart.com

No Comments →

Préface de TOTV23.11.07

11/30/2007
0:00au23:00

Paris s’abrutissait sous un soleil d’avril, entre deux tours d’élections présidentielles. Les gens s’enrhumaient quand même, tristes ou anxieux sous le ciel bleu. Attentif au fait que prendre froid n’est peut-être pas qu’une question de température extérieure mais pourrait davantage relever de quelques soucis, névroses ou autres chocs émotionnels, j’écoutais les éternuements de mon entourage en les diagnostiquant de la sorte. Les touristes visitaient la ville, par dizaines de milliers. J’en croisais un, gigantesque, compagnon charpentier allemand, venu parfaire son apprentissage. Nommé Fritz, comme Lang, l’acteur, il s’aidait d’une épaisse canne torsadée pour marcher. Sur son passeport d’étude figuraient de nombreux sceaux des villes dans lesquelles il s’était rendu pendant son exil obligatoire. L’école exigeait de chaque compagnon qu’ils se tinssent éloignés de leur ville d’origine d’au moins quatre-vingts kilomètres pendant trois ans. Il n’était pas pressé de rentrer chez lui, mais m’annonça qu’il désirait quand même regagner l’Allemagne. Peu après, il déserta le quartier de Stalingrad, et les bords du canal. Je m’en inspirais pour composer FZ, l’un des personnage de l’histoire de ce livre. FZ serait ce voyageur, au milieu de tous et entouré de néant. Toujours prêt à la rencontre, mais jamais pour s’engager. L’omniprésence de l’absence.
Les gens avaient voté massivement le dimanche précédent, les Parisiens faisaient le pont qui mène à mai, je pédalais sur mon vélo noir, le long des quais de la Seine, à la hauteur de l’ancienne gare des chemins de fer d’Orléans, devenu en 1986 le musée d’Orsay, dont la collection temporaire présentait alors de magnifiques toiles de Van Gogh et de Camille Pissaro.
J’avais ce projet de pièce de théâtre, faire parler un ou plusieurs personnages, en attendant de faire mon métier habituel, c’est-à-dire, auteur compositeur interprète. Je venais de signer un contrat d’édition musicale et je ne savais pas encore à quelle date sortirait l’album de chansons dont dépendaient la programmation de mes concerts, la promotion, et, ce que le milieu a coutume d’appeler « l’actualité de l’artiste ». Le temps passait, parfois trop lentement à mon goût, parfois trop vite.
Ma femme, enceinte de cinq mois, partait chaque matin, aux aurores présenter ses chroniques en direct à la télévision. Elle abordait toutes sortes de sujets, sérieux, incroyables ou farfelus avec une gaîté naturelle très appréciée des téléspectateurs. J’avais parfois le droit d’ajouter à ses textes quelque jeu de mots tiré par les cheveux dont j’avais le secret et qu’elle réussissait à placer malicieusement pendant l’émission. Elle se couchait tôt le soir et se transformait en maman, portant un bébé dans son ventre arrondi, un bébé qui bougeait, qui grandissait, à qui je lisais des contes de Grimm et des poèmes d’Hugo et qui rendait Mouchette, notre chienne, intriguée voire peut-être un peu jalouse.
Cette pièce de théâtre, je n’y croyais pas vraiment. Elle était là sans nécessité, sans ambition définie, et cependant, elle me prenant mon temps. Un temps que j’aurais pu occuper à d’autres activités. À composer des arrangements, à faire de la natation, des promenades, de la lecture ou à l’étude de quelques sciences. Je réalisais à quel point mon équilibre dépendait de mes destinations de tournée de concerts. Étais-je donc fait pour être ailleurs, là-bas, plus loin, ici ? Pour la première fois de ma vie, je devais apprendre la stabilité géographique, la patience, apprendre à ne pas agir, apprendre à peupler un espace.  C’est au cours de cette initiation que je commençais à consommer du thé vert. L’art du rituel m’apporta la sérénité nécessaire à l’écriture de ce livre. Chacune de mes journées commençait de la même façon. Passées les ablutions, je descendais peupler les quais de Loire ou quais de Seine du quartier de Stalingrad pour la promenade du chien. Mouchette courrait après d’autres chiens, après des branches où des balles que je lui lançais tout en écoutant des chansons dans mon ipod et dansant lorsque la pulsation m’y invitait. Parfois, mon manager me téléphonait pour me donner d’improbables nouvelles relatives aux rendez-vous qu’il avait eu la veille avec un ou plusieurs directeurs artistiques d’une maison de disque. D’autres fois, j’entrais dans la librairie du cinéma des bords du canal et choisissais le DVD d’un film de Woody Allen que je n’avais pas encore vu. Nous remontions moins d’une heure plus tard, avec du pain frais pour le petit-déjeuner. Le menu habituel se constituait de jus de fruit frais, d’œufs à la coque accompagnés de mouillettes beurrées, céréales au lait de soja, et plus rarement de fromages ou de lard grillé. J’essayais ensuite de trouver l’endroit idéal de la maison, cela dépendait de l’ensoleillement, pour prendre le thé. J’allumais préalablement un rond de charbon sur lequel je déposais, une fois que celui-ci fut complètement incandescent, quelques grains d’encens, dont le mélange, acheté dans une boutique liturgique de la place Saint-Sulpice, contenait notamment de la myrrhe et du benjoin. Lorsque la théière était bue et que le nuage presque laiteux de l’encens se dissipait, je pouvais m’asseoir à ma table, ouvrir mon cahier et saisir mon stylo. Je voulais l’écrire cette pièce, la mettre en scène, la monter avec ma troupe habituelle, troupe qui n’existait que virtuellement d’ailleurs, et dont les comédiens et les comédiennes étaient pour la plupart des amis proches, occupés à exercer, parfois à contre cœur, car ils auraient assurément préféré vivre du métier d’acteur, différents jobs d’appoint, vendant qui des manteaux de fourrures, qui des appartements achetés à crédit et retapés dans les six mois, qui des bijoux fait mains, d’autres encore faisant des piges pour la télévision. Notre civilisation traverse une époque où toute forme d’inaction est très mal ressentie. La société se nourrit d’hyper action, d’empressement à faire, la mode est au pas de course ; courir vers sa voiture, courir vers la routine, courir vers le plein emploi, courir vers la fin ? Je sentais un tel besoin de relativiser cette urgence, nos besoins matériels, je voulais que nous apprenions à maîtriser nos pulsions, en tout cas à mieux les identifier, je voulais que la société mûrisse avant de vieillir. Paradoxalement, c’est le contraire qui s’exprimait chez la majorité des gens, la peur, généralisée et relayée par la plupart des médias, eux-mêmes presque totalement contrôlés par ceux qui entretenaient cette peur, engendrait un désir inassouvi de travail, un besoin de prendre modèle sur les systèmes de sociétés libérales et de décomplexer le désir plus ou moins enfoui d’être productif.  De mon côté, je refusais ce penchant que je trouvais passéiste et mensonger. Je voulais que la société se pose d’autres questions, plus spirituelles, que l’on se demande de quoi l’homme avait vraiment besoin, sans se réfugier dans l’application brutale de mesures et de réformes qui favoriseraient avant tout les marchés, réduisant l’homme à son statut de petit soldat prêt à s’épuiser pour des valeurs illusoires. Voilà dans quel état d’esprit j’écrivais ce livre et je sentais monter une sorte d’appel à accomplir ce travail. J’étais décidé à en faire quelque chose, au pire, un de ces courts-métrages vidéo pour lequel j’arriverais à convaincre toute une équipe de venir s’encanailler une après-midi, et dont les conséquences se borneraient à de rares commentaires postés sur myspace.
Et puis, non, après tout, pas de court métrage cette fois. D’abord du théâtre. J’avais acheté ce cahier. Je consommais environ quatre cahiers par an. Le modèle récurrent étant un format carré, à petits carreaux. Bien sûr, pendant toutes ces années d’écriture, il eut des digressions, des formats de poche ou carrément plus grands, à pages blanches, mais la poésie exige des carreaux et j’ai remarqué que de trop petits formats avaient tendance à favoriser les dessins, ce qui n’est pas bon pour la rigueur de l’écriture. Bref. Ce cahier, jaune orangé devint le carnet de théâtre et prit pour titre « théâtre ou thé vert ». J’étais heureux de ce titre, pour trois raisons. Premièrement, j’étais amateur de thé vert, deuxièmement, le vert est la couleur idéale d’une nouvelle oeuvre et peut-être aussi une de mes couleurs préférées et troisièmement, je sentais que je pourrais faire revenir le titre au cours de la pièce, créant ainsi une sorte de gimmick, un riff sous forme de question. L’art n’est rien pour lui-même et les questions qu’il soulève priment souvent sur les actes qu’il engendre. La distribution s’est alors imposée. J’aurais pu à ce moment m’apercevoir que quelque chose d’inattendu était en train de se produire. Quelque chose allait dépasser le cadre d’une simple œuvre littéraire. Une sorte de débordement humaniste,  pas seulement voulu par l’auteur mais littéralement opéré par une forme de désaliénation des personnages. Pour commencer, après avoir écrit le titre, j’étais prêt, comme à mon habitude, à lancer, au gré de mon imagination, les premiers dialogues quand je vis apparaître une liste de noms qui s’alignaient les uns en dessous des autres comme s’ils s’étaient écrits de leur propre chef, tels qu’on peut les découvrir ci-dessous :

(portraits photo de chacun en noir et blanc)
Hélène PONS, dite LN,
Léonnie, dite LEO l’Égérie (sexy)
Fritz, dit FZ, conteur, chanteur
Octave PONS, dit OP ou 33, ange
Jean Pierre Simon, Poétiste militant dit JPS
George KEUM, Poétiste fondateur de l’ERP dit GK
TRAVIS BÜRKI, L’auteur du Livre, Poétiste DIT Ü
SASKIA, princesse Poétiste dite SH
34, ange
GOLDSHAFT Le docteur, dit GS magnétiseur poétiste.

Ces personnages étaient assis autour d’une grande table et buvaient du thé. Ils s’étaient mis d’eux-mêmes en situation, sans attendre que je les invite à se muer, précipitant ainsi le début de ce livre, de cette pièce de théâtre, et ne s’embarrassant surtout pas d’un scénario écrit d’avance, qui aurait sans doute atténué leur désir d’émancipation.
Je fus étonné de leur existence immanente et j’eus très vite de l’affection pour tous ces personnages. Toutefois, certains, par leurs noms et leurs qualités, étaient tellement oniriques qu’ils ne furent que rarement sollicités dans la pièce. À moins qu’ils aient changés d’identité entre temps car je ne serais pas surpris que mon théâtre soit peuplé d’avatars. Mon idée fut qu’ils s’étaient rassemblés dans un appartement et qu’ils y attendaient un individu nommé TEO. C’était l’anniversaire de TEO, les personnages se retrouvent pour lui faire une surprise et finalement, TEO n’arrive pas. Alors, chacun se met à se parler, à chanter, à raconter des histoires, et à improviser autour de ce qu’il entend. Je voulais écrire les dialogues de ces personnages et je me suis aperçu, au fil des pages, qu’ils éprouvaient eux-mêmes, indépendamment de mon imagination, le désir d’exister. Le souhait de prendre place. D’occuper un espace.
Comment de simples noms pourraient s’émanciper d’un projet poétique, s’extraire de leur condition inerte pour vivre leur propre destinée ? Oserions-nous présumer que ces simples noms se soient tracés spontanément ? Qu’ils se soient eux-mêmes revendiqués pourvu d’une âme?
Ce phénomène, quoique incroyable, a eu lieu et ce livre répondra des conséquences des tentatives de métamorphose du sujet dont je fus le témoin actif.
J’ai consigné chaque jour les dialogues de cette pièce. J’ai vu s’y opposer des idées, j’ai entendu y raconter celui ou celle qui subit, qui tyrannise, qui observe, qui se révolte, et une multitude vécut en moi. S’y sont exprimés colère, humour, sagesse et autres sentiments et positionnements de l’esprit à travers des personnages à priori de mon invention mais dont je dois reconnaître qu’ils devinrent de plus en plus incarnés au point de refuser de cultiver une parenté avec leur auteur, qui aurait, selon eux,  occulté leur sens critique et laissé libre cours à d’encombrantes introspections. J’acceptais ce retournement de situation et me retrouvais radicalement hors de moi. Symboliquement car ce fut un théâtre de symboles. Etait-ce pour des raisons artistiques ?
Oui dans le sens de mon attachement à la richesse du langage, de son étonnante diversité et de ce qu’il permet d’y voir clair en soi-même. Oui aussi parce que les symboles sont autant d’éclairages prompts à souligner ou tempérer les traits parfois très abrupts de notre vocabulaire.
Je voudrais ajouter qu’une forme d’auto critique en ce qui concerne certains thèmes, et notamment ceux de substance tragique, m’a amené à contraindre le lyrisme vers une recherche de trivialité, comme on essaierait de tordre une tige de métal pour lui donner la forme d’un objet. Le lyrisme est peut-être indéformable, sa suprématie dans la poésie française est peut-être à mettre sur le compte de l’origine latine de la langue. Peut-être aussi à cause des mentalités et de la haute opinion que les Français ont d’eux-mêmes. Cependant, la mixité des cultures semble avoir comme effet très positif celui notamment d’étendre notre poésie à plus de variations de tons, de rythmes et d’y régénérer le sens de l’humour. Ces observations sont valables à mon sens pour toutes les expressions artistiques basées sur le langage.
Je ne prétends pas, loin de là, que tout ce qui se fait actuellement dans ce domaine est satisfaisant. Il y a de nombreuses raisons de lutter pour entretenir le foyer de la culture en éveil. La poésie, en tant que porte-parole de l’art, doit veiller à l’art comme on veille sur un feu pour qu’il ne s’éteigne pas. De peur de se réveiller un matin, pris dans un irrévocable enneigement de méconnaissance et de formatage généralisé. En proie à l’éternuement final. Non, ne laissons pas le feu s’éteindre, réchauffons-nous y tout autour. Le Poétisme, dont le cœur est la poésie, grande vedette de ce livre, accueille en son sein l’actrice, l’acteur, qui, s’ils ne sont ni de chair, ni de sang, ne sont rien sans l’encre de leur nom. Ici, la poésie se mue en poétisme selon le sens qui mène à l’universalité. Voici mon livre, théâtre de la fusion du verbe gestuel et de la pensée qui danse, théâtre de la rive et du lit du torrent, théâtre de l’eau, théâtre du ciel et de la terre, théâtre du silence, théâtre ou thé vert ? Théâtre du Poétisme !

No Comments →

Saint-Imier23.11.07

11/28/2007
18:00au23:00

Nous étions parti en voiture, au cas où les grèves de train aient continué et ne nous doutions pas de l’incroyable beauté du paysage enneigé que nous traverserions à l’approche des premières montagnes du Jura.

Après un ITW local, nous donnions le concert d’un trio bien défendu par Flairs, Tib et Arnow à la console. Le lendemain, après un plein de cenovis, fondue et raguza, nous rentrons, presque ébloui par l’aspect « prêt à skier » de cette partie du monde.

No Comments →

lyrics22.11.07

1. Les Grands Espaces

Je suis entré — j’ai vu la boulangère
Moi qui ne tombe – jamais amoureux
Comme si mon cœur traversé d’un éclair
De haut-en bas – se coupait en deux

J’ai acheté des croissants ordinaires
Elle m’a lancé — des yeux si chatoyants
J’ai surenchérit— d’une’miche  d’un éclair
J’n’ai pas l’appoint – mais j’ajoute en payant

Je ne suis qu’un homme
Fragile et solitaire

Nous voilà tous les deux nus
Dans les grands espaces
Je dénoue ses cheveux bleus
Et je l’enlace…

Nous voilà tous les deux nus
Dans les grands espaces
J’effleure ses lèvres charnues
Et je l’enlace…

C’était un jour – non dénué de lumière
je n’avais pas – d’idée préconçue
Je suis retourné voir la boulangère
J’avais besoin de m’tenir au jus

Dans cette vie jalonné de mystères
Je m’abonne à – l’inattendu
Je ne sais pas regarder en arrière
Quand je fais mon marché conclu

Je ne suis qu’un homme
Avec un cœur de pierre

Nous voilà tous les deux nus
Dans les grands espaces
Je dénoue ses cheveux bleus
Et je l’enlace…

Et notre histoire continue
Dans les grands espaces
J’effleure ses lèvres charnues
Dans les grands espaces

Je ne suis qu’un homme
Solitaire

2. adéquate agathe

Agathe est aquatique et la cuite adéquate
Ubiquité dans mon champ visuel
Accros j’étais l’acrobate attitré d’Agathe
Son funambule et lunatique Uriel

Adéquate Agathe de toutes les façons
Agathe est adéquate quelle que soit la situation

Agathe est éclectique est cueille des coquelicots
Promiscuité dans mon arche irréelle
À court, j’étais le coureur délité d’Agathe
Son noctambule et cinétique Uriel

Adéquate Agathe de toutes les façons
Agathe est adéquate quelle que soit la situation

Puisqu’elle proscrit l’idylle
Mon salut c’est d’aller
Oser en la presqu’île cuver mes kilowatts
J’écrirai sur l’écran, l’écrin secret d’Agathe
Le somnambule unique intemporel

Adéquate Agathe de toutes les façons
Agathe est adéquate quelle que soit la situation

3. Elle rêve

Elle a dans la peau
Un homme qui se joue d’elle
Qui la refuse mais qui l’appelle
Elle veut arracher
Ce glaive qui la tue
Mais le couteau remue

Elle rêve, elle rêve
De s’émanciper de ce fléau
Elle rêve, elle rêve
D’un homme qui mette son cœur au chaud

Elle se débat
Et la mer se déchaine
Mais elle demeure encore la proie
De celui qui joue
À l’entourer de chaines
Et qui n’écoute jamais sa voix

Elle rêve, elle rêve
De s’émanciper de ce fléau
Elle rêve, elle rêve
D’un homme qui mette son cœur au chaud

Quand elle aura l’homme
Elle verra devant elle
Dans l’orage un arc-en-ciel
Elle arrachera
Ce couteau qui la tue
Ne fait que faire taire ses vertus

Elle rêve, elle rêve
De s’émanciper de ce fléau
Elle rêve, elle rêve
D’un homme qui mette son cœur au chaud
Elle rêve, elle rêve
Elle voit le visage de son héros
Elle rêve, elle rêve
De s’envoler de plus en plus haut

Elle cherche l’homme
Qui soit libre et qui soit là
Pas un fantôme
Qui dit j’arrive mais qui s’en va
Elle cherche l’homme
Qui la prenne enfin dans ses bras
Elle cherche l’homme
Est-ce qu’elle le trouvera ?

4. LE PLUS HEUREUX DES HOMMES

Même si je ne suis pas ton style d’homme
Même si je n’entre pas dans les critères requis
Ecoute jusqu’au bout la mélopée que je te fredonne
Je ne la chante pas à n’importe qui
Mais à toi qui ne me prends jamais au sérieux
Si sur moi tu posais tes yeux

Même si je ne suis pas aussi mignon qu’untel
Même si je n’ai pas autant de répartie
S’il faut te conquérir comme une citadelle
Je relèverai ardemment tous les défis
Quand à toi qui ne me prends jamais au sérieux
Si sur moi tu posais tes yeux

Je serai le plus heureux des hommes
Tu seras la mieux aimée des femmes
Je croquerai dans toutes tes pommes
Ton amour élèvera mon âme
La vie deviendra le roman rêvé
Mais tu ne me regardes pas

J’accuse le coup je ne dors plus je fume
Je crois voir ton visage à tous les coins de rues
Je deviens fou, je tousse et je m’enrhume
De ton cœur je ne serai jamais l’élu
Avec toi qui ne m’a jamais remarqué
Si des fois je vaincs ma timidité

Je serai le plus heureux des hommes
Tu seras la mieux aimée des femmes
Je croquerai dans toutes tes pommes
Ton amour élèvera mon âme
La vie deviendra le roman rêvé
Mais tu ne me regardes pas

Cette fois c’est décidé je te déclare ma flamme
Je te guette et je m’approche avec mon bouquet
Ton sourire instantanément fait que mon cœur s’enflamme
Je récolte les fruits de ma ténacité
J’ai le choix te prendre la main ou t’embrasser
Mais c’est toi qui me colles un baiser

Me voilà le plus heureux des hommes
Te voilà la mieux aimée des femmes
Je croquerai dans toutes tes pommes
Ton amour élèvera mon âme
La vie deviendra le roman rêvé
Mais qui ne s’arrêtera pas
La vie est déjà le roman rêvé
Chaque heure que je passe avec toi

5. TA MEILLEURE AMIE

J’ai trop de flegme
Et je ne sais plus m’émouvoir
Je passe à côté des miroirs
Sans te voir

Je ne sais plus si je t’aime
Mais il vaut mieux pour le savoir
Que j’essaie de te dire au revoir
Dès ce soir

Je complique tout
Je sais ça n’tient pas debout
Mais il faut que je t’avoue
Une autre femme entre nous
S’est immiscée peu à peu
Je sais que c’est interdit
Je suis tombé amoureux
De ta meilleure amie

Ça fait un mois
Que j’essaie de te l’annoncer
Je commence mais à chaque fois
Notre bébé

S’agite un peu dans son berceau
Et je ne trouve pas les mots
Alors je te serre dans mes bras
Et voilà

Je complique tout
Je sais ça n’tient pas debout
Mais il faut que je t’avoue
Une autre femme entre nous
S’est immiscée peu à peu
Je sais que c’est interdit
Je suis tombé amoureux
De ta meilleure amie

Ça fait dix ans
Dix ans que tu t’en es allée
Refaire ta vie à l’étranger
Pendant ce temps

Ta meilleure amie m’a quitté
Ainsi que toutes les autres femmes
à croire que j’ai du répéter
Ad Eternam…

6. GRANDIS

Si tu ne veux pas revenir en arrière
Si tu ne peux pas arrêter le temps qui s’en va
Au lieu de cultiver des hectares de colère
Au lieu de diriger ta force contre toi

Grandis
Comme une tige qui germe
Grandis
Comme une fleur qui s’affirme
Grandis
Ne reste pas sous la terre mais
Grandis
Car c’est ton bonheur qui donne un sens à ma vie

Si tu ne peux pas anéantir le doute
Si tu ne sais pas endiguer la douleur
Si tu ne veux plus continuer la route
Si tu n’oses pas éradiquer tes peurs

Grandis
Comme une tige qui germe
Grandis
Comme une fleur qui s’affirme
Grandis
Ne reste pas sous la terre mais
Grandis
Car c’est ton bonheur qui donne un sens à ma vie

Te voilà fin prêt à entrer dans le monde
N’as tu pas trouvé au fond de ton cœur
La petite flamme intime vagabonde
A qui les univers répètent en chœur

Grandis
Comme une tige qui germe
Grandis
Comme une fleur qui s’affirme
Grandis
Ne reste pas sous la terre mais
Grandis
Car c’est ton bonheur qui donne un sens à ta vie

7. Apophthegme

Je lègue mon âme à la science
et mon vieux réveil au Bouddah
nommé le jour de ma naissance
pour habiter dans le corps d’un chat
La fleur de l’âge est sans défense,
avec le temps fanera

Au revoir, à bientôt, porte toi bien
souviens toi de ta fille et ton petit chien
réponds moi et dis moi quand tu reviens

es-tu bien certaine de m’avoir entendu
il ne faut plus me chercher au CHU
sache que tu parles hélas à mon épithalame
au moment même où je te prends pour femme
j’ai reçu trois coups de couteau
de la main d’Eros ab irato

8. Grain de raison

Je suis un grain de raisin
Je viens d’éclore ce matin
Au lendemain de l’hiver
Et je suis rond comme la terre

Du grand soleil, de la pluie
Je deviens noir comme la nuit
Et je grandis et j’atteins
Le ton qui mène au tanin

Je réjouis tous les cœurs
des ho-ommes
Je fais sourire les femmes
Quand je coule à flot

Je les fais chanter en chœur
c’est co-omme
Si j’élevais leurs âmes
De plus en plus haut

Je suis un grain de raisin
Que l’on vendange à la main
Ecrasé dans le pressoir
Il est trop tôt pour me boire

De cuve en cuve je fermente
A la sortie de l’été
J’approfondi ma charpente
Et de ma robe empourprée

Je réjouis tous les cœurs
des ho-ommes
Je fais se pâmer les femmes
Quand je coule à flot

Je les fais chanter en chœur
c’est co-omme
Si j’élevais leurs âmes
De plus en plus haut

Je n’ai pas fait tout ça en vain
Je me bonifie comme le bon vin

Je n’ai pas fait tout ça en vain
Je me bonifie comme le bon vin

Je suis un grain de raison
Cueilli dans la fleur de l’âge
Mes larmes sont de saison
Qui devine mon cépage ?

Quand je réveille les papilles
Avec mon nez floral
Mes arômes de myrtille
Éclatent en bouquet final…

Je réjouis tous les cœurs
des ho-ommes
Je fais sourire les femmes
Quand je coule à flot

Je les fais chanter en chœur
c’est co-omme
Si j’élevais leurs âmes
De plus en plus haut

9. La petite cochonne

C’est l’histoire d’une petite cochonne
Anonyme pour ne vexer personne
Pour la sauver dans ton téléphone
Tu la nommeras la petite cochonne

Elle regarde avec des yeux gourmands
Les garçons qui travaillent torse nu
Elle se passe la langue lentement
Sur les lèvres et dit : salut, je suis

Celle que l’on nomme la petite cochonne
Anonyme pour ne vexer personne
Pour la sauver dans ton téléphone
Tu la nommeras la petite cochonne

Hier matin au bord de l’océan
Elle s’était sur le sable étendue
Quand elle vit quatre garçons dans le vent
Elle s’est levé et s’est mise toute nue

C’est l’histoire d’une petite cochonne
Anonyme pour ne vexer personne
Pour la sauver dans ton téléphone
Tu la nommeras la petite cochonne

Elle a passé tout l’après-midi
En compagnie du joyeux quatuor
De scarabées quand ils sont partis
Elle en demandait toujours encore

Infatigable petite cochonne
Toutes les mêmes pour ne vexer personne
Avant d’obtenir son téléphone
Invite à danser petite cochonne

Elle avait tellement besoin d’amour
qu’elle a du aller chez les pompiers
Sympathiser jusqu’au petit jour
Avec la caserne au grand complet

C’est l’histoire d’une petite cochonne
Anonyme pour ne vexer personne
pour la sauver dans ton téléphone
Tu la nommeras la petite cochonne

Et l’histoire de la petite cochonne
s’arrête là pour ne vexer personne
Pour la garder dans ton téléphone
Télécharges  la petite cochonne.

10. HÉLÈNE

Tu dis je t’emmène mais tu n’as pas
L’idée de qui, L’idée de où
L’idée de quand, L’idée de comment
Tu dis je connais, Mais tu n’as pas
L’idée de quoi, L’idée de quelle
L’idée de quand, L’idée de pourquoi

Cependant des foules te suivent
Tu les Regardes à la déri-i-i-i-i-ive

HÉLÈNE
Tu ne laisses pas une seule chance à l’amour
HÉLÈNE
Mais la vie n’est pas plus belle quand tu cours
HÉLÈNE
Tout ce que tu dis à ceux qui t’appellent au secours, c’est cours !
Une chorégraphie vaut mieux qu’un discours
Tu cours à perdre haleine…

Tu nous a promis monts et merveilles
Mais nous avons été — beaucoup trop crédules
Tu t’étais pris pour la reine des abeilles
Qui voulait faire faire — du miel à des libellules

Mais maintenant qu’a sonné l’heure
Ton inconscient te chante en chœur

HÉLÈNE
Tu ne laisses pas une seule chance à l’amour
HÉLÈNE
Mais la vie n’est pas plus belle quand tu cours
HÉLÈNE
Tout ce que tu dis à ceux qui t’appellent au secours, c’est cours !
Une chorégraphie vaut mieux qu’un discours
Tu cours à perdre haleine…

Tu dis je t’emmène mais tu n’as pas
L’idée de qui, L’idée de où
L’idée de quand, L’idée de comment
Tu dis je connais, Mais tu n’as pas
L’idée de quoi, L’idée de quelle
L’idée de quand, L’idée de pourquoi

Cependant des foules te suivent
Tu les Regardes à la déri-i-i-i-i-ive

HÉLÈNE
Tu ne laisses pas une seule chance à l’amour
HÉLÈNE
Mais la vie n’est pas plus belle quand tu cours
HÉLÈNE
Tout ce que tu dis à ceux qui t’appellent au secours, c’est cours !
Une chorégraphie vaut mieux qu’un discours
Tu cours à perdre haleine…

11. LE TGV

Tout a commencé
Un vendredi soir
Dans la voiture bar
De ce TGV

Reflets des miroirs
La vitre teintée
A fait se croiser
Nos regards

J’ai téléphoné
Pour décommander
Le repas du soir
A cause du retard

Toi tu pianotais
Un très long message
Sans voir défiler
Le paysage

C’était l’avant vieille de Noël 2000
J’avais admiré ton visage
Pour te revoir entre Bruxelles et Lille
J’ai souvent fait le même voyage

J’aurais dû peut-être
Alors faire paraître
Une petite annonce
Dès le lendemain

J’aurais écris : vu
Très belle inconnue
Dans la voiture bar
Hier soir

Forte récompense
A qui me ramène
Un tel phénomène
De qui, pas de chance

Le temps de descendre
Entre deux regards
La foule à Lille Flandre
Me sépare

C’était l’avant vieille de Noël 2000
J’avais admiré ton visage
Pour te revoir entre Bruxelles et Lille
J’ai souvent fait le même voyage

Des années plus tard
Toujours embarqué
A neuf heures et quart
Dans le TGV

Quelqu’un s’est assis
En face de moi
C’était toi, je n’y
Croyais pas

Pas un jour passé
Sans que je ne pense
À ce rêve immense
Qui s’est exaucé

Pour toi j’ai gardé
Moi ton amoureux
J’ai gardé ce que
J’ai de mieux

C’était l’avant vieille de Noël 2000
J’avais admiré ton visage
Pour te revoir entre Bruxelles et Lille
J’ai souvent fait le même voyage…

12. LES FAONS

Au milieu des champs
Au sud est de mon pays
Sans but apparent
J’ai épaulé mon fusil

Je n’avais pas faim
Je n’avais pas besoin d’argent
J’ai tué un daim
Qui volait dans le firmament

Reflétés dans l’eau d’un ruisseau d’argent
Les yeux d’Irène aux bois dormant

Grands ouverts m’ont fait faire le serment
D’alléger le cœur des faons.

Sur mon cheval blanc
à l’orée d’un bois mystérieux
Le tonnerre grondant
Je cherche un abri en ce lieu

J’aperçois au loin
Au bout d’un sentier sinueux
Deux tout petits points
Scintillants et lumineux

Reflétés dans l’eau d’un ruisseau d’argent
Les yeux d’Irène aux bois dormant

Grands ouverts m’ont fait faire le serment
D’alléger le cœur des faons.

Au quatorzième ciel
En amont des béatitudes
Un astre essentiel
S’est joué de ma solitude

étonné de sa compassion
J’ai voulu éprouver sa forme
Mais l’écrin de ma passion
S’est métamorphosé en orme

Reflétés dans l’eau d’un ruisseau d’argent
Les yeux d’Irène aux bois dormant

Grand ouverts m’ont fait faire le serment
D’alléger le cœur des faons.

ALBUM CE GARÇON (2008)

1. Ce garçon

Ce garçon aime tous les gens
Les Étrangères et les absents
Il les accoste en chantant
Les tutoie quand ils sont vivants

Pas très bien coiffé
Avec son vélo
Il va t’inviter à venir prendre un peu de bordeaux
S’il est bien luné
Dans sa deux-chevaux
Il va t’emmener promener vers un pays plus chaud

Il est comédien
Sans se faire prier
Il ne sait pas bien rester tout seul et si vous saviez
Le cœur sur la main de ce grand enfant
Qui sait jouer du Brassens à la guitare en pédalant

Ce garçon aime tous les gens
Les orphelins, les filles avec leur maman
Il les accompagne avant
De s’envoler vers d’autres continents

Compagnon des vedettes
Ami des voyous
Il partage avec
En disant ce qui est à moi est à nous

Pour lui l’univers
Est communautaire
Il ne comprend pas les égoïstes et les solitaires

Vous êtes vivants.

2. ton potentiel

Avec ton potentiel
Hors du commun
Ton humour exceptionnel
Tout un chacun
Voit en toi le descendant
D’une lignée fantastique
Qui va d’Allen à Kubrick
On t’a connu plus en forme
On a pronostiqué
Que ton physique hors norme
Allait tout emballer
Mais les jours et les mois passent
Qu’est-ce que tu fais ?
À part du sur place
En te regardant jouer…

Tu nous déçois quelque peu
Tu ne joues que dans des films cons
Excepté parfois quand tu veux
Quitter ton statut de Pygmalion
Tu nous déçois quelque peu
Fais nous marcher ton imagination
De ton carquois, décoche deux
Flèches vers l’une vers nous l’autre vers Cupidon

Bien sûr tu gagnes
A lot of money
Tu pourrais acquérir
Une toile de Monnet
Mais tu dilapides
Tes salaires
En parfums en UV et en crème solaire

Avec ton potentiel
Hors du commun
Ton style existentiel
Quasiment aucun
Membre du showbiz
Ne peut te vexer
Tant que tu leur fais la bise
Il sauront te vénérer
Quand tu prenais des risques
Tu évitais les rixes
Tu vidais moins ta flasque
En expédiant moins de fax
Avoue qu’avant, la vie devant
Le rendez-vous dérive…

Tu nous déçois quelque peu
Tu ne joues que dans des films cons
Excepté parfois quand tu veux
Quitter ton statut de Pygmalion
Tu nous déçois quelque peu
Fais nous marcher ton imagination
De ton carquois, décoche deux
Flèches vers l’une vers nous l’autre vers Cupidon

Bien sûr tu gagnes
Mucho denaro
Tu pourrais acquérir
Un Camille Pissaro
Mais quelle importance
Après tout
Celui auquel je pense
S’en contre fout.

3. Les inquiets

Les inquiets sont comme vous et moi
Ils ont les poches pleines de soucis
Chaque jour est source d’émoi
Ils font des cauchemars chaque nuit

Que l’un d’entre eux se réfugie
Dans les dogmes d’une religion
Ou Qu’en thérapie un autre confie
Ses maux les inquiets sont légions

Les inquiets transmettent leur spleen
Lorsque leur visage est fermé
Sur jouent un air de mandoline
Qui suffirait à déprimer

Les exaltés en blouse blanche
Qui leur proscrivent à tour de bras
Des molécules en avalanche
Qui rechutent en désarroi

Lorsqu’on est inquiets est-ce que c’est pour la vie
Est-ce une incurable maladie
Que l’on attrape en discutant tant avec un inquiet
Qu’avec un quidam inquiétant

Les inquiets remettent à plus tard
Les rendez vous qui leur font peur
Et prennent un ton des plus bizarres
Pour demander plusieurs fois : vous avez l’heure

Quand il ne sont pas silencieux
Ils ont toujours des catastrophes
Qu’ils dramatisent assez pour mieux
Donner du tragique à leur strophe

Ils décèlent au moindre signe
Validant leur superstition
L’imminence funeste et maligne
D’un drame avec détonation

Passés maîtres dans l’art de faire
Naître la culpabilité
Chez ceux qui voudraient se défaire
De leur compagnie prolongée

Les inquiets attrapent au passage
La moindre petite anxiété
Qu’ils transforment aussitôt en orage
Afin d’en être bien trempé

Si la foudre ne s’abat pas
Sur eux pendant ce petit jeu
Ils craindront pour autre que soi
Car ils savent s’inquiéter pour deux

N’allez pas vous identifier
À l’objet de la description
Un proche saura bien s’y plier
Par le biais de la projection

Que vous l’eussiez longtemps subi
Ou qu’un court instant ait suffit
Souhaitez qu’il ne vous ait transmis
Un peu de sa mélancolie !

Lorsqu’on est inquiets est-ce que c’est pour la vie
Est-ce une incurable maladie
Que l’on attrape en discutant tant avec un inquiet
Qu’avec un quidam inquiétant

Qu’on attrape en discutant tant avec un inquiet
Qu’avec soi-même en passant

4. lausanne–paris

Elle est pâle et porte un chapeau
S’est assise au bord de l’eau
Du lac Léman, à la sortie de Lau-
Sanne
et les années les amènent jusqu’à nous.

Il ne sait pas d’où il vient
Ni pourquoi il lui prend la main
S’il fallait un signe du destin
Dans les mots, dans les moments les plus doux

Elle s’était teint les cheveux
En cramoisi écarlate
Fasciné par ses yeux
Il cherchait le geste qui flatte

Il l’emmène en lui disant
La vie ce n’est qu’un instant
Les promesses et les baisers
C’est du vent, c’est du vent

Elle le sait et lui répond
L’amour, c’est pour les chansons
Le romantisme est passé
25 ans plus tard ensembles à Paris, Paris !

Que reste t-il des années ?
Des minutes ensoleillées ?
Qu’un manteau de neige aura recouvert
Avant que le printemps ait fait fondre l’hiver

Il faudra changer de décor
D’est en ouest et du sud au Nord
C’est à croire que la vie tire au sort
Et pourrait signer nos carnets de bord

Elle s’était teint les cheveux
En cramoisi écarlate
Fasciné par ses yeux
Il cherchait le geste qui flatte

Il l’emmène en lui disant
La vie ce n’est qu’un instant
Les promesses et les baisers
C’est du vent, c’est du vent

Elle le sait et lui répond
L’amour, c’est pour les chansons
Le romantisme est passé 25 ans plus tard à bord du Lausanne-Paris !

5. l’orgasme

Je suis venu pour te baiser
Pas pour déclamer des poèmes
J’ai senti que ça te plaisait
Tes yeux m’ont avoué que tu aimes

Quand je plonge dans ton décolleté
Que j’arrache d’un coup sec ta robe
Ton souffle vient d’accélérer
Pendant que je te mords le lobe

Je fais glisser entre tes jambes
Ta petite culotte en dentelle
Ton sexe mouille ton sexe flambe
Et claquent les porte-jarretelles

Femme issue de nuits interlopes
Que j’ai volé dans les bas-fonds
Fais-moi ouïr ta mélodie pop
Que je l’apprenne à l’unisson

C’est bon de te faire monter
Vers l’extase et la clarté
Des vagues vont t’envelopper
Et tu vas pouvoir crier

Tu cris tu hurles et tu gémis
Jamais l’amour ne fut si fort
Je te baise tout l’après midi
Contre toi le soir, je m’endors

Tu laisse ta main dans mes cheveux
Se balader je sens ton corps
Humide et chaud est-ce que tu veux
Qu’à présent, je te prenne encore ?

C’est bon de te faire monter
Vers l’extase et la clarté
Des vagues vont t’envelopper
Et tu vas pouvoir crier

6.

7. Les fleurs

Cachée dans un bosquet
Votre parfum vous perd
Vous croyez vous échapper
Mais quelqu’un vous repaire

Il n’y a pas de grâce au
Dessus de vous, pâmez vous sans peur
Rien dans l’espace au-
Ssi majestueux qui nous effleure

L’embaumante a le teint pâle
À peine éclose les sépales
Offre le chant qui tente Ulysse
L’éclat de Lys ou d’Amaryllis

Capucine orchidée Lys
Marguerite hibiscus pétunia
Hortensia soucie lotus
Yacinthe œillet bégonia

Tulipe rose tournesol
Pâquerette flaming parrow

Il n’y a pas de grâce au
Dessus de vous, pâmez vous sans peur
Rien dans l’espace au-
Ssi majestueux que vous ; les fleurs.

8. Daphné

Quand Daphné prend ses jambes à son cou
C’est pour garder sa liberté
Qu’un méchant dieu qui se fout de tout
Veut lui ravir contre son gré

Daphné, le vent souffle dans tes branches
Les fleurs éclosent en tes hanches

Daphné ne veut pas de l’amour de ce fou
Ni celui d’autres insensés
Seulement la caresse sur ses joues de la nature ensoleillée

Daphné le vent souffle dans tes branches
Les fleurs éclosent en tes hanches

9. La Femme Océan

Elle a déplacé les falaises en les giflant de son ressac
Puis, s’étant retiré, s’apaise, permettant le passage du bac
Elle se lève, laissant tourner la lune
Elle caresse et façonne les dunes et semble enfin
Prête à entendre Neptune.

Connaît-elle un volcan qui sommeille
C’est étonnant mais s’il se réveille
Il ne fera rien, rien d’inquiétant
Vous pouvez séjourner en ses flancs
Sans la crainte de quelque accident
Il ne fera rien, même incandescent

Il est amoureux de la femme océan
Alors il dort en attendant
Que le ciel bleu se couvre un instant
Et que sur lui tombe la pluie torrentielle
De la Femme Océan

La Femme Océan

Elle s’est ouverte cette nuit
Maintenant en suspend ses flots
Traçant un chemin jusqu’à lui
Afin qu’enfin il se jette à l’eau

Elle accueille dans ses bras l’éruption
Chaude lave qui fait bouillir les grands fonds
Ronde et grave leurs deux voix montent à l’unisson :

Océan rien ne peut te remplir en un jour
Et les larmes d’amour te feront déborder
C’est de là que la pluie inonde aux alentours
Le fleuve hors de son cours toujours se jette dans

La Femme Océan.

10. ébloui

Je t’ai rencontré dans une ville en feu,
Les tramways emportaient les gens loin de chez eux
Nous courûmes nous réfugier sous le
Grand arbre et nous avons cligné des yeux

Ébloui
sous la pluie
aujourd’hui, je te cherche encore,
je t’aperçois quand je m’endors
Rien de ce que j’ai vu depuis ne m’ébloui

Nous n’avons pas fait de plans sur la comète,
juste un feu grâce à la dernière allumette
Dans mon cou, tu es venu blottir ta tête, j
’aurais voulu que jamais l’instant ne s’arrête

Comme le temps nous a manqué, se laissera t-il rattraper
Au milieu de l’immensité, je veux partir te retrouver
Tes mains, tes yeux sont un trésor et savent rayonner plus fort
Que les soleils des galaxies personne à part toi ne m’ébloui

Ne disparais pas dans les nues, ah
je ne veux te perdre de vue

Juste avant que le petit jour se lève
j’ai déposé un baiser sur tes lèvres
L’eau de pluie ruisselait sur tes cheveux,
ma main sur ton front a fermé tes yeux

Ébloui
sous la pluie
aujourd’hui, je te cherche encore, je t’aperçois quand je m’endors
Ébloui dans la nuit nouvelle étoile qui luit.

11. feng shui

Quand la lune est pleine
Je ne suis plus le même
Je sors de chez moi
Complètement transformé

Dans mon sac à dos
Des outils spéciaux
Une paire de gants
Et le plan du quartier

J’entre chez les gens
Quand ils sont absents
Je tire les rideaux
J’essaie d’être discret

Je déplace un lit
J’enlève un miroir
J’arrose une plante
Et je referme à clef

Mais détrompez-vous
Je ne suis pas ce-
Lui que vous croyez

Sous les apparences
Se cache en un sens
Un nouveau métier :

Je ne suis pas un bandit
Même si j’entre par effraction
Je suis l’expert en Feng Shui
Je fais bouger le Chi dans la maison

Numérologie
Musicologie
Je connais tout ça
Sur le bout de mes doigts

La superficie
L’illumination
J’en ajoute ici
J’installe un carillon (ding ding)

Or la nuit dernière
Un quartier désert
Des volets fermés
Là je fais mon entrée

Je passe le portail
Je saute aïe aïe aïe
Je n’avais pas vu
Cette flaque où j’ai chu

Me voilà trempé
Jusqu’à mi-mollet
Je fouille dans mon sac

Les colocataires
Arrivent et me trouvent
La main dans le sac

Je ne suis pas un bandit
Même si j’entre par effraction
Je suis l’expert en Feng Shui
Je fais bouger le Chi dans la maison

Expliquez leur ce que c’est que le Chi
Qu’est ce que c’est que le Chi ?
Qu’est ce que c’est que le
Mouvement d’air vecteur de grande énergie
Vecteur d’énergie
Qu’importe, l’inspecteur de la PJ
L’inspecteur de la PJ
M’a mis en état, m’as mis en état d’arrestation.

Derrière les barreaux
De cette prison
Je la vois là-haut
Pleine en toute saison

Elle est en néon
Fixée au plafond
De chaque cellule
Où le Chi re-circule

Pour les détenus
Depuis que j’ai su
Mettre en harmonie
Leur soi-disant logis

Ils en sont contents
Le gouvernement
A offert de me
Libérer sur le champ

Mais j’ai refusé
Je veux travailler
Dans cette prison

Pour y transformer
L’insalubrité
En habitation

Je ne suis pas un bandit
Même si j’entre par effraction
Je suis l’expert en Feng Shui
Je fais bouger le Chi dans la maison .

12. Dans un vagin

Je vis dans un vagin
Et j’ai vu sur la mer
En position fœtale
Je vagis et je geins
Je connais l’univers
Le début et la fin
L’alcôve est idéale
Je vis dans un vagin

L’important, c’est futile
Et la vie ne tient qu’à un fil
Le temps se distille
En sonnant comme un glockenspiel

Enivré dans l’ivraie
Ébaudit dans l’adret
Vrai souhait ? ou velléité
Douillet, doué
Enivré dans l’ivraie
Ébaudit dans l’adret
Douillet, doué, doux et mou à souhait

Tout s’en va, tout s’éteint
Dans la famine ou le festin
Attends- moi, je reviens
À la merci de mon destin

Je vis dans un vagin
Et j’ai vu sur la mer
En position fœtale
Je vagis et je geins
Je connais l’univers
Le début et la fin
L’alcôve est idéale
Je vis dans un vagin

Ü

C’est le passé d’avoir que je suis devenu
Mon nom n’est pas qui je suis mais ce que j’ai eu
Pourtant tel un pâtre, je chante et quand j’ai bu
Le tableau de mes jours m’apparaît moins embu
Si parfois la nuitée me cueille bien fourbu
Je choie sur de moelleux monticules herbus
Est-ce qu’alors de moi-même je deviens trop imbu
Si plutôt qu’un poème, je compose un rébus?
Néron n’est point humain, main, nez rond, nez pointu.
Il arrive, et c’est triste, aussi, qu’on soit déçu.
Devoir rétrocéder parfois le trop-perçu
Comme un arbre l’été qui serait trop branchu
Que l’on taille en donnant l’aspect d’ange déchu
Peut-être de sa cime avait un corbeau chu
Celui-là même ayant un comté de lait cru
Dans son bec, il le lâche, il chante et c’est fichu !
Le fromage est mâché par renard moustachu
D’autres fois on dira le conclave est conclu
Quand blanchie la fumée chez les évêques reclus
Cela dit, rien ne vaut de rester assidu
À la longue on fini par moins être attendu
L’opinion qu’on émet devient, bien entendu
Belle au désir auquel on a condescendu
Le poète aérien lit son compte-rendu
Aux étoiles émues en larmes confondues
L’Eve et l’Adam lettrés par le fruit défendu
L’arbre de vie n’en a depuis pas démordu
C’est le serpent et non la femme si dodue
À qui la faute incombe et le son distordu
Qui sourdit du cosmos était inattendu ;
L’homme veut le savoir, dit à dieu « C’est mon dû !
J’en veux en abondance et qu’il soit épandu
Par des sylphides nues naïades éperdues
Près du lit des ruisseaux chastement étendues
S’il leur faut des jupons alors qu’ils soient fendus
Les frasils de janvier sont à moitié fondus
Le vent dénoue leurs nattes et souffle superflu
Dans la plaine exiguë de l’âme inétendue.
Plainte dans le public, celui-ci n’en peut plus…
Peut-être trouvez-vous cette histoire incongrue
Vous dites il faut imprimer ça sur du P.Q
Je ne vous enduis pas plus de mon copahu
Et vous laisse à d’autres pixels allez, salut !…
Non mais que croyez-vous, que vous êtes absolus ?
Qu’il suffit d’être heureux pour être chevelu ?
Qu’on peut sur le succès jeter son dévolu ?
Que pour se présenter il suffit d’être élu ?
Qu’en sortant d’une école fraîchement émoulue
Se repaître de gloire on la boira goulue ?
Que le lobby bobo, libère l’hurluberlus ?
Que le phare de la Tour Eiffel est farfelu ?
Tout ça ne nous dit pas comment l’art évolue
Ni pourquoi chaque signe à chaque heure insinue
Qu’étrangement les fins ressemblent aux débuts
Il est tard je vous remercie d’être venu
Vous avez assez eu l’oreille rebattue
Par ce ballet, qui n’a qu’un rat dans son tutu
Je ne peux pas doubler, la ligne est continue
Je vais prier, a dit le lièvre à la tortue
« Seigneur Dieu vous avez un air calme et ventru
Et de joies et de peurs, vous semblez dépourvus
Dites-moi comment clore cette courte entrevue
Je voudrais terminer, mais las, je ne sais plus…
Dieu se racla la gorge et puis m’a répondu
« Tout, y compris mon nom, se finit par un U. »

No Comments →

newsletter