textes
1. Ce garçon
Ce garçon aime tous les gens
Les Étrangères et les absents
Il les accoste en chantant
Les tutoie quand ils sont vivants
Pas très bien coiffé
Avec son vélo
Il va t’inviter à venir prendre un peu de bordeaux
S’il est bien luné
Dans sa deux-chevaux
Il va t’emmener promener vers un pays plus chaud
Il est comédien
Sans se faire prier
Il ne sait pas bien rester tout seul et si vous saviez
Le cœur sur la main de ce grand enfant
Qui sait jouer du Brassens à la guitare en pédalant
Ce garçon aime tous les gens
Les orphelins, les filles avec leur maman
Il les accompagne avant
De s’envoler vers d’autres continents
Compagnon des vedettes
Ami des voyous
Il partage avec
En disant ce qui est à moi est à nous
Pour lui l’univers
Est communautaire
Il ne comprend pas les égoïstes et les solitaires
Vous êtes vivants.
Avec ton potentiel
Hors du commun
Ton humour exceptionnel
Tout un chacun
Voit en toi le descendant
D’une lignée fantastique
Qui va d’Allen à Kubrick
On t’a connu plus en forme
On a pronostiqué
Que ton physique hors norme
Allait tout emballer
Mais les jours et les mois passent
Qu’est-ce que tu fais ?
À part du sur place
En te regardant jouer…
Tu nous déçois quelque peu
Tu ne joues que dans des films cons
Excepté parfois quand tu veux
Quitter ton statut de Pygmalion
Tu nous déçois quelque peu
Fais nous marcher ton imagination
De ton carquois, décoche deux
Flèches vers l’une vers nous l’autre vers Cupidon
Bien sûr tu gagnes
A lot of money
Tu pourrais acquérir
Une toile de Monnet
Mais tu dilapides
Tes salaires
En parfums en UV et en crème solaire
Avec ton potentiel
Hors du commun
Ton style existentiel
Quasiment aucun
Membre du showbiz
Ne peut te vexer
Tant que tu leur fais la bise
Il sauront te vénérer
Quand tu prenais des risques
Tu évitais les rixes
Tu vidais moins ta flasque
En expédiant moins de fax
Avoue qu’avant, la vie devant
Le rendez-vous dérive…
Tu nous déçois quelque peu
Tu ne joues que dans des films cons
Excepté parfois quand tu veux
Quitter ton statut de Pygmalion
Tu nous déçois quelque peu
Fais nous marcher ton imagination
De ton carquois, décoche deux
Flèches vers l’une vers nous l’autre vers Cupidon
Bien sûr tu gagnes
Mucho denaro
Tu pourrais acquérir
Un Camille Pissaro
Mais quelle importance
Après tout
Celui auquel je pense
S’en contre fout.
3. Les inquiets
Les inquiets sont comme vous et moi
Ils ont les poches pleines de soucis
Chaque jour est source d’émoi
Ils font des cauchemars chaque nuit
Que l’un d’entre eux se réfugie
Dans les dogmes d’une religion
Ou Qu’en thérapie un autre confie
Ses maux les inquiets sont légions
Les inquiets transmettent leur spleen
Lorsque leur visage est fermé
Sur jouent un air de mandoline
Qui suffirait à déprimer
Les exaltés en blouse blanche
Qui leur proscrivent à tour de bras
Des molécules en avalanche
Qui rechutent en désarroi
Lorsqu’on est inquiets est-ce que c’est pour la vie
Est-ce une incurable maladie
Que l’on attrape en discutant tant avec un inquiet
Qu’avec un quidam inquiétant
Les inquiets remettent à plus tard
Les rendez vous qui leur font peur
Et prennent un ton des plus bizarres
Pour demander plusieurs fois : vous avez l’heure
Quand il ne sont pas silencieux
Ils ont toujours des catastrophes
Qu’ils dramatisent assez pour mieux
Donner du tragique à leur strophe
Ils décèlent au moindre signe
Validant leur superstition
L’imminence funeste et maligne
D’un drame avec détonation
Passés maîtres dans l’art de faire
Naître la culpabilité
Chez ceux qui voudraient se défaire
De leur compagnie prolongée
Les inquiets attrapent au passage
La moindre petite anxiété
Qu’ils transforment aussitôt en orage
Afin d’en être bien trempé
Si la foudre ne s’abat pas
Sur eux pendant ce petit jeu
Ils craindront pour autre que soi
Car ils savent s’inquiéter pour deux
N’allez pas vous identifier
À l’objet de la description
Un proche saura bien s’y plier
Par le biais de la projection
Que vous l’eussiez longtemps subi
Ou qu’un court instant ait suffit
Souhaitez qu’il ne vous ait transmis
Un peu de sa mélancolie !
Lorsqu’on est inquiets est-ce que c’est pour la vie
Est-ce une incurable maladie
Que l’on attrape en discutant tant avec un inquiet
Qu’avec un quidam inquiétant
Qu’on attrape en discutant tant avec un inquiet
Qu’avec soi-même en passant
Elle est pâle et porte un chapeau
S’est assise au bord de l’eau
Du lac Léman, à la sortie de Lau-
Sanne et les années les amènent jusqu’à nous.
Il ne sait pas d’où il vient
Ni pourquoi il lui prend la main
S’il fallait un signe du destin
Dans les mots, dans les moments les plus doux
Elle s’était teint les cheveux
En cramoisi écarlate
Fasciné par ses yeux
Il cherchait le geste qui flatte
Il l’emmène en lui disant
La vie ce n’est qu’un instant
Les promesses et les baisers
C’est du vent, c’est du vent
Elle le sait et lui répond
L’amour, c’est pour les chansons
Le romantisme est passé
25 ans plus tard ensembles à Paris, Paris !
Que reste t-il des années ?
Des minutes ensoleillées ?
Qu’un manteau de neige aura recouvert
Avant que le printemps ait fait fondre l’hiver
Il faudra changer de décor
D’est en ouest et du sud au Nord
C’est à croire que la vie tire au sort
Et pourrait signer nos carnets de bord
Elle s’était teint les cheveux
En cramoisi écarlate
Fasciné par ses yeux
Il cherchait le geste qui flatte
Il l’emmène en lui disant
La vie ce n’est qu’un instant
Les promesses et les baisers
C’est du vent, c’est du vent
Elle le sait et lui répond
L’amour, c’est pour les chansons
Le romantisme est passé 25 ans plus tard à bord du Lausanne-Paris !
Je suis venu pour te baiser
Pas pour déclamer des poèmes
J’ai senti que ça te plaisait
Tes yeux m’ont avoué que tu aimes
Quand je plonge dans ton décolleté
Que j’arrache d’un coup sec ta robe
Ton souffle vient d’accélérer
Pendant que je te mords le lobe
Je fais glisser entre tes jambes
Ta petite culotte en dentelle
Ton sexe mouille ton sexe flambe
Et claquent les porte-jarretelles
Femme issue de nuits interlopes
Que j’ai volé dans les bas-fonds
Fais-moi ouïr ta mélodie pop
Que je l’apprenne à l’unisson
C’est bon de te faire monter
Vers l’extase et la clarté
Des vagues vont t’envelopper
Et tu vas pouvoir crier
Tu cris tu hurles et tu gémis
Jamais l’amour ne fut si fort
Je te baise tout l’après midi
Contre toi le soir, je m’endors
Tu laisse ta main dans mes cheveux
Se balader je sens ton corps
Humide et chaud est-ce que tu veux
Qu’à présent, je te prenne encore ?
C’est bon de te faire monter
Vers l’extase et la clarté
Des vagues vont t’envelopper
Et tu vas pouvoir crier
Cachée dans un bosquet
Votre parfum vous perd
Vous croyez vous échapper
Mais quelqu’un vous repaire
Il n’y a pas de grâce au
Dessus de vous, pâmez vous sans peur
Rien dans l’espace au-
Ssi majestueux qui nous effleure
L’embaumante a le teint pâle
À peine éclose les sépales
Offre le chant qui tente Ulysse
L’éclat de Lys ou d’Amaryllis
Capucine orchidée Lys
Marguerite hibiscus pétunia
Hortensia soucie lotus
Yacinthe œillet bégonia
Tulipe rose tournesol
Pâquerette flaming parrow
Il n’y a pas de grâce au
Dessus de vous, pâmez vous sans peur
Rien dans l’espace au-
Ssi majestueux que vous ; les fleurs.
Quand Daphné prend ses jambes à son cou
C’est pour garder sa liberté
Qu’un méchant dieu qui se fout de tout
Veut lui ravir contre son gré
Daphné, le vent souffle dans tes branches
Les fleurs éclosent en tes hanches
Daphné ne veut pas de l’amour de ce fou
Ni celui d’autres insensés
Seulement la caresse sur ses joues de la nature ensoleillée
Daphné le vent souffle dans tes branches
Les fleurs éclosent en tes hanches
Elle a déplacé les falaises en les giflant de son ressac
Puis, s’étant retiré, s’apaise, permettant le passage du bac
Elle se lève, laissant tourner la lune
Elle caresse et façonne les dunes et semble enfin
Prête à entendre Neptune.
Connaît-elle un volcan qui sommeille
C’est étonnant mais s’il se réveille
Il ne fera rien, rien d’inquiétant
Vous pouvez séjourner en ses flancs
Sans la crainte de quelque accident
Il ne fera rien, même incandescent
Il est amoureux de la femme océan
Alors il dort en attendant
Que le ciel bleu se couvre un instant
Et que sur lui tombe la pluie torrentielle
De la Femme Océan
La Femme Océan
Elle s’est ouverte cette nuit
Maintenant en suspend ses flots
Traçant un chemin jusqu’à lui
Afin qu’enfin il se jette à l’eau
Elle accueille dans ses bras l’éruption
Chaude lave qui fait bouillir les grands fonds
Ronde et grave leurs deux voix montent à l’unisson :
Océan rien ne peut te remplir en un jour
Et les larmes d’amour te feront déborder
C’est de là que la pluie inonde aux alentours
Le fleuve hors de son cours toujours se jette dans
La Femme Océan.
Je t’ai rencontré dans une ville en feu,
Les tramways emportaient les gens loin de chez eux
Nous courûmes nous réfugier sous le
Grand arbre et nous avons cligné des yeux
Ébloui
sous la pluie
aujourd’hui, je te cherche encore,
je t’aperçois quand je m’endors
Rien de ce que j’ai vu depuis ne m’ébloui
Nous n’avons pas fait de plans sur la comète,
juste un feu grâce à la dernière allumette
Dans mon cou, tu es venu blottir ta tête, j
’aurais voulu que jamais l’instant ne s’arrête
Comme le temps nous a manqué, se laissera t-il rattraper
Au milieu de l’immensité, je veux partir te retrouver
Tes mains, tes yeux sont un trésor et savent rayonner plus fort
Que les soleils des galaxies personne à part toi ne m’ébloui
Ne disparais pas dans les nues, ah
je ne veux te perdre de vue
Juste avant que le petit jour se lève
j’ai déposé un baiser sur tes lèvres
L’eau de pluie ruisselait sur tes cheveux,
ma main sur ton front a fermé tes yeux
Ébloui
sous la pluie
aujourd’hui, je te cherche encore, je t’aperçois quand je m’endors
Ébloui dans la nuit nouvelle étoile qui luit.
Quand la lune est pleine
Je ne suis plus le même
Je sors de chez moi
Complètement transformé
Dans mon sac à dos
Des outils spéciaux
Une paire de gants
Et le plan du quartier
J’entre chez les gens
Quand ils sont absents
Je tire les rideaux
J’essaie d’être discret
Je déplace un lit
J’enlève un miroir
J’arrose une plante
Et je referme à clef
Mais détrompez-vous
Je ne suis pas ce-
Lui que vous croyez
Sous les apparences
Se cache en un sens
Un nouveau métier :
Je ne suis pas un bandit
Même si j’entre par effraction
Je suis l’expert en Feng Shui
Je fais bouger le Chi dans la maison
Numérologie
Musicologie
Je connais tout ça
Sur le bout de mes doigts
La superficie
L’illumination
J’en ajoute ici
J’installe un carillon (ding ding)
Or la nuit dernière
Un quartier désert
Des volets fermés
Là je fais mon entrée
Je passe le portail
Je saute aïe aïe aïe
Je n’avais pas vu
Cette flaque où j’ai chu
Me voilà trempé
Jusqu’à mi-mollet
Je fouille dans mon sac
Les colocataires
Arrivent et me trouvent
La main dans le sac
Je ne suis pas un bandit
Même si j’entre par effraction
Je suis l’expert en Feng Shui
Je fais bouger le Chi dans la maison
Expliquez leur ce que c’est que le Chi
Qu’est ce que c’est que le Chi ?
Qu’est ce que c’est que le
Mouvement d’air vecteur de grande énergie
Vecteur d’énergie
Qu’importe, l’inspecteur de la PJ
L’inspecteur de la PJ
M’a mis en état, m’as mis en état d’arrestation.
Derrière les barreaux
De cette prison
Je la vois là -haut
Pleine en toute saison
Elle est en néon
Fixée au plafond
De chaque cellule
Où le Chi re-circule
Pour les détenus
Depuis que j’ai su
Mettre en harmonie
Leur soi-disant logis
Ils en sont contents
Le gouvernement
A offert de me
Libérer sur le champ
Mais j’ai refusé
Je veux travailler
Dans cette prison
Pour y transformer
L’insalubrité
En habitation
Je ne suis pas un bandit
Même si j’entre par effraction
Je suis l’expert en Feng Shui
Je fais bouger le Chi dans la maison .
Je vis dans un vagin
Et j’ai vu sur la mer
En position fœtale
Je vagis et je geins
Je connais l’univers
Le début et la fin
L’alcôve est idéale
Je vis dans un vagin
L’important, c’est futile
Et la vie ne tient qu’à un fil
Le temps se distille
En sonnant comme un glockenspiel
Enivré dans l’ivraie
Ébaudit dans l’adret
Vrai souhait ? ou velléité
Douillet, doué
Enivré dans l’ivraie
Ébaudit dans l’adret
Douillet, doué, doux et mou à souhait
Tout s’en va, tout s’éteint
Dans la famine ou le festin
Attends- moi, je reviens
À la merci de mon destin
Je vis dans un vagin
Et j’ai vu sur la mer
En position fœtale
Je vagis et je geins
Je connais l’univers
Le début et la fin
L’alcôve est idéale
Je vis dans un vagin
C’est le passé d’avoir que je suis devenu
Mon nom n’est pas qui je suis mais ce que j’ai eu
Pourtant tel un pâtre, je chante et quand j’ai bu
Le tableau de mes jours m’apparaît moins embu
Si parfois la nuitée me cueille bien fourbu
Je choie sur de moelleux monticules herbus
Est-ce qu’alors de moi-même je deviens trop imbu
Si plutôt qu’un poème, je compose un rébus?
Néron n’est point humain, main, nez rond, nez pointu.
Il arrive, et c’est triste, aussi, qu’on soit déçu.
Devoir rétrocéder parfois le trop-perçu
Comme un arbre l’été qui serait trop branchu
Que l’on taille en donnant l’aspect d’ange déchu
Peut-être de sa cime avait un corbeau chu
Celui-là même ayant un comté de lait cru
Dans son bec, il le lâche, il chante et c’est fichu !
Le fromage est mâché par renard moustachu
D’autres fois on dira le conclave est conclu
Quand blanchie la fumée chez les évêques reclus
Cela dit, rien ne vaut de rester assidu
À la longue on fini par moins être attendu
L’opinion qu’on émet devient, bien entendu
Belle au désir auquel on a condescendu
Le poète aérien lit son compte-rendu
Aux étoiles émues en larmes confondues
L’Eve et l’Adam lettrés par le fruit défendu
L’arbre de vie n’en a depuis pas démordu
C’est le serpent et non la femme si dodue
À qui la faute incombe et le son distordu
Qui sourdit du cosmos était inattendu ;
L’homme veut le savoir, dit à dieu « C’est mon dû !
J’en veux en abondance et qu’il soit épandu
Par des sylphides nues naïades éperdues
Près du lit des ruisseaux chastement étendues
S’il leur faut des jupons alors qu’ils soient fendus
Les frasils de janvier sont à moitié fondus
Le vent dénoue leurs nattes et souffle superflu
Dans la plaine exiguë de l’âme inétendue.
Plainte dans le public, celui-ci n’en peut plus…
Peut-être trouvez-vous cette histoire incongrue
Vous dites il faut imprimer ça sur du P.Q
Je ne vous enduis pas plus de mon copahu
Et vous laisse à d’autres pixels allez, salut !…
Non mais que croyez-vous, que vous êtes absolus ?
Qu’il suffit d’être heureux pour être chevelu ?
Qu’on peut sur le succès jeter son dévolu ?
Que pour se présenter il suffit d’être élu ?
Qu’en sortant d’une école fraîchement émoulue
Se repaître de gloire on la boira goulue ?
Que le lobby bobo, libère l’hurluberlus ?
Que le phare de la Tour Eiffel est farfelu ?
Tout ça ne nous dit pas comment l’art évolue
Ni pourquoi chaque signe à chaque heure insinue
Qu’étrangement les fins ressemblent aux débuts
Il est tard je vous remercie d’être venu
Vous avez assez eu l’oreille rebattue
Par ce ballet, qui n’a qu’un rat dans son tutu
Je ne peux pas doubler, la ligne est continue
Je vais prier, a dit le lièvre à la tortue
« Seigneur Dieu vous avez un air calme et ventru
Et de joies et de peurs, vous semblez dépourvus
Dites-moi comment clore cette courte entrevue
Je voudrais terminer, mais las, je ne sais plus…
Dieu se racla la gorge et puis m’a répondu
« Tout, y compris mon nom, se finit par un U. »





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